Mythes, récits écologiques et pratiques artistiques dans l’océan In... (original) (raw)
Résumé
Il s’agira, à partir des échanges engagés lors du colloque, d’identifier des corpus d’éco-récits, de faire émerger des terrains communs, de mettre en dialogue des approches et de jeter les bases d’un programme de recherche collectif consacré aux éco-récits de l’océan Indien. Les propositions devront privilégier une approche littéraire et/ou artistique, envisagée dans toute sa diversité de corpus, de supports et de pratiques. Elles pourront toutefois être nourries par des perspectives anthropologiques, historiques, géographiques, philosophiques, traductologiques, sociologiques ou plus largement interdisciplinaires. Elles pourront porter sur toutes les aires de l’océan Indien, dans une approche comparée ou localisée, ainsi que sur des corpus de toutes périodes, langues et supports.
Annonce
Argumentaire
Le projet MELAPI (« Mythes et récits écologiques dans les Littératures et les pratiques Artistiques de l’océan Indien : contribution à la construction d’un Patrimoine Indianocéanique »), financé dans le cadre du programme INTERREG VI océan Indien, entend ouvrir un espace de réflexion sur les manières dont les sociétés de l’océan Indien — entendues à la fois comme espaces insulaires (îles de l’océan Indien) et comme ensemble élargi des pays riverains formant le « Grand océan Indien » — pensent, représentent et expérimentent le vivant. L’océan Indien ne constitue pas seulement un espace de circulations humaines, commerciales et culturelles. Il forme également un espace de relations écologiques, de cohabitations, de déplacements, de conflits et de négociations entre humains et non-humains. Les récits, mythes, œuvres littéraires et artistiques produits dans les îles et les pays riverains donnent à voir des manières spécifiques d’habiter le monde, forgées dans des contextes marqués par la colonisation, les migrations, la plantation, l’extraction et la vulnérabilité environnementale. Or ces formes de pensée du vivant demeurent encore largement invisibilisées dans les paradigmes écologiques dominants. Les savoirs vernaculaires, les cosmologies, les mémoires et les pratiques esthétiques de l’espace indianocéanique restent trop rarement pensés ensemble, malgré les résonances qui les traversent. Le colloque de lancement du projet MELAPI a d’abord pour ambition de constituer un réseau de recherche réunissant les partenaires du projet et des chercheuses et chercheurs associés désireux de contribuer à ses travaux. Il s’agira, à partir des échanges engagés lors du colloque, d’identifier des corpus d’éco-récits, de faire émerger des terrains communs, de mettre en dialogue des approches et de jeter les bases d’un programme de recherche collectif consacré aux éco-récits de l’océan Indien. Les propositions devront privilégier une approche littéraire et/ou artistique, envisagée dans toute sa diversité de corpus, de supports et de pratiques. Elles pourront toutefois être nourries par des perspectives anthropologiques, historiques, géographiques, philosophiques, traductologiques, sociologiques ou plus largement interdisciplinaires. Elles pourront porter sur toutes les aires de l’océan Indien, dans une approche comparée (mettant en relation plusieurs espaces, langues, corpus ou traditions afin de faire apparaître circulations, écarts, transferts ou convergences) ou localisée (centrée sur un terrain, une aire culturelle, un corpus ou une pratique spécifique, envisagé dans sa singularité, ses conditions d’émergence et ses logiques propres), ainsi que sur des corpus de toutes périodes, langues et supports.
Axes et pistes d’étude
Axe 1. Poétiques et représentations du vivant
Cet axe s’intéresse aux formes par lesquelles les récits et les pratiques artistiques donnent à percevoir les relations entre humains, animaux, végétaux, éléments, lieux et puissances invisibles.
Les propositions pourront notamment explorer :
- les mythes, contes, légendes et récits fondateurs mettant en scène les relations entre humains et non-humains ;
- les figures animales, végétales, marines ou élémentaires dans les littératures et les arts de l’océan Indien ;
- les poétiques de la mer, des récifs, des mangroves, des forêts, des volcans, des cyclones ou des espaces insulaires ;
- les formes esthétiques du care, du soin, de la réparation et de la cohabitation avec le vivant ;
- les représentations de la perte écologique, de la disparition des milieux, de la solastalgie et de l’ecological grief ;
- les récits de catastrophes environnementales, de dérèglement climatique ou de destruction des écosystèmes ;
- les mémoires de la plantation, de l’extraction, de la déforestation ou de l’acclimatation forcée des espèces ;
- les liens entre oralité, performance, rituel, chant, danse et transmission d’un savoir écologique ;
- les formes contemporaines de réinvention des cosmologies et des imaginaires du vivant dans les arts visuels, la photographie, le cinéma, la bande dessinée, les arts numériques ou la création sonore.
Axe 2. Cartographies des éco-récits : migrations, circulations, traductions
Le projet MELAPI accorde une importance particulière aux mouvements des récits, des imaginaires et des savoirs au sein du « Grand Océan ». Cet axe invite à penser les circulations qui relient les îles, les littoraux et les diasporas.
Les contributions pourront notamment porter sur :
- la circulation des mythes et des récits écologiques entre différentes aires linguistiques et culturelles de l’océan Indien ;
- les transferts et réappropriations d’imaginaires liés à la mer, aux animaux, aux plantes ou aux paysages ;
- les récits des migrations humaines, non humaines et les pratiques transportés durant ces migrations : déplacements forcés, diasporas, routes maritimes, migrations animales ou circulations végétales ;
- les cartographies alternatives, critiques ou décoloniales de l’océan Indien ;
- les enjeux politiques, éthiques et épistémologiques de la traduction des éco-récits ;
- les pratiques de traduction multilingue entre français, anglais, tamoul, créoles, malgache, swahili, arabe, indonésien, hindi, thaï, langues austronésiennes ou langues africaines… ;
- les méthodes par lesquelles les récits sont recueillis, les façons de les écouter et les questions éthiques afférentes à ces démarches ;
- les archives oubliées, marginalisées ou subalternisées et leur rôle dans la constitution d’un patrimoine indianocéanique ;
- les humanités numériques, les plateformes collaboratives, les atlas ou les dispositifs de cartographie permettant de rendre visibles les circulations des récits et des savoirs ;
- les relations entre création, traduction et transmission dans la constitution d’un espace culturel indianocéanique partagé.
Axe 3. Définir une écosensibilité indianocéanique
Cet axe entend interroger ce que les récits et les pratiques artistiques de l’océan Indien permettent de penser au-delà des catégories écologiques dominantes.
Les propositions pourront notamment examiner :
- les conceptions vernaculaires du vivant et les formes de savoirs écologiques situés ;
- les remises en cause du partage nature/culture dans les cosmologies indianocéaniques ;
- les approches décoloniales de l’écologie dans l’océan Indien ;
- les formes de résilience, d’adaptation et de réconciliation avec les milieux ;
- les rapports entre spiritualités, croyances, présences invisibles et savoirs écologiques ;
- les figures spectrales, les fantômes, les ancêtres, les esprits ou les présences surnaturelles comme médiateurs d’une relation au vivant ;
- les hydropoétiques, les pensées de l’insularité, les études océaniques et leurs limites lorsqu’elles sont appliquées aux corpus indianocéaniques ;
- les formes de postmémoire, de mémoire palimpsestique et de transmission intergénérationnelle des expériences écologiques ;
- les imaginaires de l’après-catastrophe, de la réparation, de la justice environnementale et de l’empouvoirement des sociétés indianocéaniques ;
- les propositions théoriques susceptibles de contribuer à définir une « approche indianocéanique écosensible ».
Pistes transversales
Les organisateurs accueilleront également avec intérêt des propositions portant sur :
- les corpus destinés à l’enfance et à la jeunesse ;
- les productions populaires, médiatiques ou numériques ;
- les rapports entre sciences, arts et activismes écologiques ;
- les expérimentations artistiques menées avec des communautés locales ;
- les créations collectives, participatives ou situées ;
- les enjeux pédagogiques et patrimoniaux liés à la transmission des éco-récits ;
- les dialogues entre l’océan Indien, l’Afrique, l’Asie, la péninsule Arabique ou l’Australie.
Formats possibles des propositions
Quatre formats d’intervention sont possibles :
- une communication individuelle s’inscrivant dans l’un des trois axes du colloque ;
- une proposition de table ronde, réunissant plusieurs intervenants autour d’une problématique relevant de l’un des trois axes ;
- un poster présentant une recherche en cours, un terrain, un corpus ou une création artistique en lien avec les axes du colloque. Les posters seront affichés durant toute la durée du colloque ;
- une proposition d’atelier réunissant au minimum trois intervenants, autour d’un corpus, d’un terrain, d’une méthode, d'une pratique de création ou d'un enjeu transversal. Les ateliers peuvent prendre la forme de workshops de recherche ou de création artistique.
Modalités de soumission
Les propositions, quel que soit leur format (communication, table ronde ou atelier), prendront la forme d’un résumé de 300 à 500 mots accompagné d’une brève notice bio-bibliographique (100 mots maximum).
Pour les tables rondes et les ateliers, la proposition devra préciser le titre de la session, sa problématique générale, le nom des intervenants pressentis et comporter au minimum trois participants.
Chaque proposition devra préciser :
- le titre de la communication ;
- l’axe dans lequel elle s’inscrit ;
- le corpus, la pratique ou le terrain étudié ;
- la problématique et la méthodologie.
Les propositions pourront être rédigées en français ou en anglais.
Elles devront être envoyées à l’adresse suivante :melapi.projet@gmail.com
Calendrier prévisionnel
- Date limite d’envoi des propositions : 22 juin 2026
- Notification aux auteurs et autrices : 15 juillet 2026
- Colloque de lancement MELAPI : du 2 au 4 novembre 2026
Porteuse de projet
Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo, (LCF-UR 7390 - Université de La Réunion)
Co-porteur.e.s
Bénédicte Letellier (DIRE - UR 7387 - Université de La Réunion); Guilhem Armand (DIRE - UR 7387 - Université de La Réunion); Carpanin Marimoutou (LCF-UR 7390 - Université de La Réunion).
Ingénieure de recherche: Elisa Huet (LCF-UR 7390 - Université de La Réunion).
Universités partenaires
- Université d’Antsiranana (Madagascar)
- Université des Comores
- University of Mauritius
- Université de Pondichéry (Inde)
- Université de Toliara (Madagascar)
Catégories
- Pensée (Catégorie principale)
- Espaces > Afrique > Afrique subsaharienne > Afrique de l'Est
- Esprit et Langage > Langage > Littératures
- Esprit et Langage > Épistémologie et méthodes > Cartographie, imagerie, SIG
- Espaces > Asie > Monde indien
- Espaces > Asie > Asie du Sud-Est
- Sociétés > Géographie > Nature, paysage et environnement
- Esprit et Langage > Épistémologie et méthodes > Approches de corpus, enquêtes, archives
Lieux
- 15 avenue René Cassin
Saint-Denis, La Réunion (97400)
Format de l'événement
Événement hybride sur site et en ligne
Mots-clés
- océan indien, littérature, écologie, éco-récit, mythe, récit, pratique artistique, indianocéanie, écocritique, écopoétique
Source de l'information
- Élisa Huet
courriel : elisa [dot] huet [at] univ-reunion [dot] fr
Pour citer cette annonce
Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo, Bénédicte Letellier, Élisa Huet, « Mythes, récits écologiques et pratiques artistiques dans l’océan Indien : vers une écosensibilité indianocéanique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 12 mai 2026, https://doi.org/10.58079/167js
Auteur(s) / autrice(s)
Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo
Bénédicte Letellier
Élisa Huet