Études entomologiques de post-traitement dans le programme de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l'Ouest (original) (raw)

Parasite, 1995, 2, 281–288

Mémoire

Procedure of definitive cessation of larviciding in the Onchocerciasis Control Programme in West Africa : entomological post-control studies

1 Professionnel de l'OMS/OCP,
2 Directeur de recherche de l' ORSTOM, mis à disposition de l'OMS/OCP, B.P. 549, Ouagadougou, Burkina Faso.

* Correspondance : J.M. Hougard. Directeur de recherche de l' ORSTOM, mis à disposition de l'OMS/OCP, B.P. 549, Ouagadougou, Burkina Faso.

Accepté : 22 Avril 1995

Résumé

En 1989, le programme de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l'Ouest a procédé dans sa zone initiale aux premiers arrêts de traitements larvicides dans les bassins où les résultats entomologiques et épidémiologiques étaient jugés satisfaisants. C'est dans ce contexte qu'ont été instituées des études entomologiques de post-traitement qui avaient pour but de s'assurer qu'il n'y avait pas de reprise de la transmission de la maladie malgré l'arrêt des traitements et, par conséquent, le retour des simulies à leur niveau initial. Les 18 points étudiés ont donné dans l'ensemble des résultats satisfaisants : les taux d'infectivité, qui variaient avant le début des traitements entre 60 et 90 larves infectantes pour 1 000 femelles pares, sont descendus à moins de I larve infectante pour 1 000 pares, seuil au-dessous duquel le risque de recrudescence de l'infection onchocerquienne est jugé très improbable. Un seul point fait exception où le taux d'infectivité des simulies, relativement élevé (8,9 larves infectantes pour 1 000 pares), a entraîné une reprise des traitements larvicides. Les valeurs obtenues en deux autres points, bien qu'acceptables (1,08 et 1,16), ont permis de déceler la présence de migrants humains infectés qui, pour éviter toute reprise de la transmission de l'onchocercose, ont été traités avec un microfilaricide, l'ivermectine. Dans l'ensemble, les excellents résultats mis en évidence par ces études entomologiques de post-traitement ont conduit à la cessation définitive des épandages larvicides dans plus de 90 % des bassins de l'aire initiale du Programme.

Abstract

In 1989, the Onchocerciasis Control Programme in West Africa started the first larviciding cessation in basins in its original area where the entomological and epidemiological results were considered satisfactory. It was in this context that entomological post-control studies were initiated with a view to ensuring that there had been no resumption of transmission of the disease despite the cessation of larviciding and, therefore, a return of the blackflies to their original level. The 18 catching points studied have, overall, given satisfactory results : the pre-control infectivity rates, which ranged between 60 and 90 infective larvae per 1 000 parous females, have decreased to less than one infective larva per 1 000 parous, the threshold below which the risk of recrudescence of onchocercal infection is considered most unlikely. The only exception is one catching point where the relatively high blackfly infectivity rate (8.9 infective larvae per 1 000 parous flies) has led to the resumption of larviciding. The values obtained at two other points, though acceptable (1,08 and 1,16), have made it possible to detect the presence of infected human migrants who have been treated with a microfilaricide, ivermectin, in order to avoid any resumption of onchocerciasis transmission. On the whole, the excellent results revealed by these entomological post-control studies have led to the definitive cessation of larviciding in more than 90 % of the river basins in the original Programme area.

Mots clés : onchocercos / Simulium damnosum s.l / Afrique de l'Ouest / post-traitement entomoiogique / arrêt des traitements larvicides

Key words: onchocerciasis / _Simulium damnosums_s.l. / West Africa / entomological post control / cessation of larviciding

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