Antoine Galland (original) (raw)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Antoine Galland

Biographie

Naissance 4 avril 1646Rollot, Picardie
Décès 17 février 1715 (à 68 ans)Paris
Nationalité française
Formation collège de Noyon
Activité Écrivain, orientaliste, collecteur de textes traditionnels, conteur, traducteur, anthropologue, archéologue
Période d'activité à partir de 1670
Famille Galland

Autres informations

A travaillé pour Collège de France
Membre de Académie des inscriptions et belles-lettres
Mouvement Lumières, Orientalisme, Préromantisme

Œuvres principales

Histoire de l'esclavage d'un marchand de la ville de Cassis, à Tunis (1679) De l'origine et du progrès du café (1699) Les Mille et Une Nuits (1704-1717)Sinbad le marin, Aladin ou La Lampe merveilleuse, Ali Baba et les Quarante Voleurs, Le Cheval enchanté,

Plaque commémorative.

modifier - modifier le code - modifier WikidataDocumentation du modèle

Antoine Galland, né le 4 avril 1646 à Rollot et mort le 17 février 1715 à Paris, est un orientaliste français.

Spécialiste de manuscrits anciens et de monnaies, habitué de la Bibliothèque royale, antiquaire du roi, académicien et lecteur au Collège royal, la postérité a surtout retenu son travail pionnier de traduction, d'adaptation et d'ajout de contes au recueil des Mille et Une Nuits.

Né le 4 avril 1646 à Rollot dans une famille de petits paysans picards[1], orphelin de père à l’âge de 4 ans, Antoine Galland entre à 10 ans au collège de Noyon où il apprend le grec ancien, le latin et l’hébreu. Il fait de brillantes études secondaires et continue ses études à Paris en suivant les cours du Collège royal, où il aborde les langues orientales et se perfectionne en grec classique.

En 1670, devenu bibliothécaire et secrétaire particulier du marquis de Nointel, nommé ambassadeur de France auprès du sultan de l'Empire ottoman Mehmed IV à Constantinople, il l’accompagne dans ses déplacements, entre 1670 et 1675, en Thrace, en Macédoine, en Roumélie orientale, en Asie mineure, dans les îles Égéennes, en Ionie, en Syrie et en Palestine. Son journal, conservé à la Bibliothèque nationale de France, permet de le suivre en partie dans ses voyages, au cours desquels il fait l’acquisition de manuscrits anciens (grecs, arabes, persans et turcs), de médailles et d’objets d’art. Lors de son séjour, Galland apprend les langues turque, persane et arabe afin de pouvoir étudier les mœurs et coutumes anciennes des populations de l’Empire ottoman. Entre 1672 et 1673, il passe un an à Constantinople à la recherche de manuscrits pour la Bibliothèque du Roi[2].

Il revient deux fois dans l’Empire ottoman. Son second voyage, en 1678 l’amène à Smyrne. Lors de son troisième voyage, de 1679 à 1688, il est chargé de mission par la Compagnie du Levant auprès du nouvel ambassadeur de la Porte, Gabriel de Guilleragues, et ce afin de réunir le plus grand nombre de manuscrits et médailles pour le Cabinet du Roi et de Colbert. C'est lors de ce troisième et dernier voyage qu'il manque de perdre la vie lors d'un tremblement de terre à Smyrne le 9 juillet 1688[3]. Il y perd beaucoup de ses écrits. Épuisé, il rentre à Paris en décembre 1688. Cela sera son dernier voyage au Levant.

Les richesses qu’il a rapportées sont telles, qu’il est nommé antiquaire du roi, afin de gérer ces biens. Et dès son retour à Paris, il continue à entretenir des relations intellectuelles suivies avec l’Orient. Il fréquente aussi la nouvelle génération d’érudits (Huet, Jacob Spon, Nicaise) en relation avec les savants européens d’Italie, d’Angleterre et de Hollande qui se passionnent pour l’archéologie.

En 1701, Galland est nommé à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

À partir de 1701, il entame la traduction de contes, qui seront connus par la suite comme Les Mille et Une Nuits. Galland poursuit son œuvre d’acquisition grâce aux consuls français et aux relations privilégiées qu’il entretient avec les clercs orientaux. Ainsi, en 1730, le consul Peleran réussit à se procurer de précieux manuscrits en Mésopotamie, par l’entremise de l’évêque d’Alep, Germanos Farhat, et de celui de la ville kurde de Mardin. Il poursuit son œuvre jusqu’à sa mort.

À partir de 1709, Galland enseigne l'arabe au Collège des lecteurs royaux.

Antoine Galland meurt le 17 février 1715 et est inhumé près de l'église Saint-Étienne-du-Mont de Paris.

Toutes ses collections, ses manuscrits et sa fortune ont été légués à l’Académie française, à la Bibliothèque nationale de France et au roi de France. En 1785, le roi Louis XVI crée un comité chargé de ranimer l’étude des langues savantes, de développer la connaissance des monuments historiques, de traduire et diffuser les manuscrits collectés.

Dans ses écrits, Galland fait profession de foi à propos du nouveau voyage ; le voyageur éclairé doit se munir de la littérature géographique ancienne et consulter les mémoires modernes, il doit vérifier sur place, critiquer le merveilleux dans les récits, relever les superstitions, avoir une approche expérimentale de la réalité. Bien avant Darwin, il pensait que les fossiles étaient les créations d’une nature qui avait pu avoir un autre aspect, dues non pas à la fantaisie de la nature, mais comme restes d’un temps aboli.

Illustration de l'ouvrage de Galland Les Mille et Une Nuit[note 1], contes arabes, vol. 2, chez Pierre Husson, La Haye, 1714, par David Coster (1686-1752).

En 1704, Galland se fait rapporter d'Alep en Syrie un recueil de contes incomplet (il manque le quatrième volume)[note 2], pour la plupart d’origine persane, traduits en arabe à la fin du VIIe siècle, et en commence la traduction. Il y adjoindra d’autres récits comme celui de Sinbad le marin, et en rédigera d’autres comme celui d’_Ali Baba et les Quarante Voleurs_ ou Aladin ou la lampe merveilleuse[4],[5],[6]. Il s'agit de la première traduction en français de l'ouvrage[7].

Il lui arrive de sauter certains passages, n'osant pas les traduire[8].

Les contes des Mille et Une Nuits (initialement publiées sous le titre Les mille et une nuit[9], contes arabes, c'est-à-dire avec « nuit » sans « s », voir illustration, dans les premières éditions, et au moins jusqu'en 1730) proviennent donc essentiellement de trois grands fonds principaux :

Ces trois fonds ont continué à se transformer, par suppressions ou adjonctions continues, jusqu'au XVIe siècle, mais n’ont jamais fait partie de l’horizon officiel des lettres arabes[10].

Les divers ajouts de Galland proviennent, pour certains, de récits rapportés par Hanna Dyâb, chrétien maronite originaire d’Alep que le voyageur Paul Lucas présenta à Galland, le 25 mars 1709. Hanna Diab en conta oralement quatorze à l'orientaliste qui se mit à les coucher par écrit. Sept de ces récits figurent dans Les Mille et Une Nuits, donc dans des versions écrites par Antoine Galland ; parmi eux figurent Ali Baba et Aladin.

En 1704, il publie le premier volume, qui aura immédiatement un grand succès, aidé par son statut d’érudit et ses contacts avec des librairies dans toute l’Europe. Les volumes suivants, douze en tout, paraissent progressivement jusqu'en 1717.

Les Mille et Une Nuits traduites par Galland ont été rééditées à de nombreuses reprises et ont également été la base des traductions dans d’autres langues occidentales, telles que l’anglais ou l’allemand.

Le Centre culturel français d'Izmir a ouvert en 2005 un « Centre de documentation Antoine Galland », en hommage à celui qui résida à Smyrne en 1678 et écrivit « Le Voyage à Smyrne », manuscrit longtemps inédit qui ne fut publié qu'en 2000 par Frédéric Bauden (éditions Chandeigne).

Un monument à sa mémoire est érigé le long de la rue principale de sa ville natale avec son buste[11].

Une rue de Caen porte son nom[12].

  1. « nuit » sans « s » dans les premières éditions, et au moins jusqu'en 1730.

  2. Qui sera baptisé plus tard manuscrit Galland.

  3. Antoine Galland, Sommaire ou mémoire chronologique de la vie d'Antoine Galland, in Fr. Bauden, R. Waller, Le Journal d'Antoine Galland, II, (1710-1711), Louvain, Peeters, 2012, 540 p. (ISBN 978-90-429-2725-4, BNF 43678041, lire en ligne), p. 22.

  4. Frédéric Hitzel, « Manuscrits, livres et culture livresque à Istanbul », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Paris, nos 87-88,‎ septembre 1999, p. 19-38 (ISSN 2105-2271, lire en ligne, consulté le 24 décembre 2012).

  5. Mohamed Abdel Halim, Thèse complémentaire : Correspondance d'Antoine Galland édition critique et commentée, Paris, 1964, p. 17.

  6. Ibrahim Akel (sous la direction d’Aboubakr Chraïbi), Liste des manuscrits arabes des Nuits, Espaces et Signes, 2016 (HAL hal-03855154, lire en ligne)

  7. Margaret Sironval, Les Mille et Une Nuits, Gallimard, La Pléiade, 2005, Tome III, Les manuscrits des « Mille et Une Nuits », p. 1011-1018.

  8. Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, Les Mille et Une Nuits, Gallimard, La Pléiade, 2005, Tome II, notes du conte de Sindbâd de la mer pages 998 à 100 écrites par Bencheikh.

  9. Janine Miquel-Ravenel, A LA RENCONTRE D’ANTOINE GALLAND PREMIER TRADUCTEUR DES MILLE ET UNE NUITS, Collège de France (lire en ligne).

  10. « La portière se lève, ôte ses vêtements et, toute nue [...] se précipite sur les genoux du portefaix : "Mon chéri, comment appelles-tu ça ?" dit-elle en montrant son sexe. » Les Mille et Une Nuits, t. I, « Le portefaix et les trois dames », traduction et présentation par J.E. Bencheikh et A. Miquel, Gallimard, La Pléiade, 2006, p. 71-74.

  11. Les mille et une nuit [sic], t. 5. Contes arabes. Traduits en français par M. Galland. Nouvelle édition corrigée. t. I [-VI], 1726 (lire en ligne sur Gallica).

  12. Aboubakr Chraïbi, Les mille et une nuits en partage, Sindbad, 2004, p. 272.

  13. Collectif, Automobiliste, Défendez vos droits !, Prat, avril 2014 (ISBN 978-2-8095-0615-0 et 978-2-8095-0772-0, lire en ligne)

  14. Nicolas Claich, « À Caen, ils dévoilent l'histoire des rues de leur quartier », sur actu.fr, 11 novembre 2020 (consulté le 6 décembre 2022).