Henry Monnier (original) (raw)

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Henry Bonaventure Monnier[1], né le 7 juin 1799 à Paris et mort à Paris 1er le 3 janvier 1877[2], est un caricaturiste, illustrateur, dramaturge et acteur français.

Après des études au lycée Bonaparte, Henry Monnier entre en juillet 1816 au ministère de la Justice pour y occuper un médiocre emploi de gratte-papier qu'il abandonne en mai 1821, ne pouvant plus supporter les tracasseries de ses supérieurs hiérarchiques[3]. Parallèlement à cette occupation administrative, il fréquente à partir de 1819 les ateliers d'Anne-Louis Girodet et d’Antoine-Jean Gros. Il publie ses premiers portraits d'acteurs en 1821.

En 1822, il effectue son premier séjour à Londres où les techniques de lithographie en couleurs connaissent un grand développement. Après plusieurs séjours anglais, il revient en France cinq ans plus tard. Ses rencontres avec Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Stendhal, Eugène Sue, Prosper Mérimée, Eugène Scribe, Eugène Delacroix, Louis Boulanger et Honoré de Balzac lui ouvrent les portes de la renommée.

Entre 1827 et 1832, il multiplie les albums de lithographies, croquant les mœurs et physionomies de ses contemporains, de la grisette à l’employé de bureau.

Le 21 mai 1834, Henry Monnier épouse à Bruxelles Caroline Péguchet, dite Caroline Linsel (née le 2 février 1809 à Bruxelles, et morte le 6 octobre 1887 à Parnes dans l'Oise), actrice du théâtre de la Monnaie. Le couple aura trois enfants : Albert Pierre (1835-1884), Fanny Gilberte et Jenny Albertine (1847-1923).

À partir des années 1850, il se consacre essentiellement à l’écriture et au théâtre. Il publie en 1857 son œuvre la plus célèbre : Mémoires de Monsieur Joseph Prudhomme. Il y est créé le caricatural Monsieur Prudhomme, personnage grassouillet, conformiste, solennel et imbécile, dont Balzac dira qu’il s’impose comme « l’illustre type des bourgeois de Paris » et dont Paul Verlaine s’inspirera, dans les Poèmes saturniens, pour un poème homonyme.

L’Académie française lui décerne le prix Vitet en 1875 et le prix Monbinne en 1879 attribué à sa veuve.

Jean-Léon Gérôme, Portrait d’Henry Monnier, vers 1875.

Henry Monnier a servi de modèle à Balzac pour le personnage de Jean-Jacques Bixiou dans son roman Les Employés ou la Femme supérieure (1838), fonctionnaire, caricaturiste, homme de bons mots, qui revient dans de nombreux romans de La Comédie humaine, dont Monnier fut l'un des premiers illustrateurs[4].

Illustration d'Henry Monnier pour Le Curé de Tours d'Honoré de Balzac.

  1. Ou Henri Monnier, né Henry-Bonaventure Monnier. Ne pas confondre avec Henry Le Monnier (1893-1978)
  2. « Acte de décès à Paris 1er, n°10, vue 2/31. », Archives de Paris (consulté le 12 mars 2026)
  3. Henry Monnier et Anne-Marie Meininger (dir. et préface), Scènes populaires : les bas fonds de la société., Paris, Gallimard, coll. « Folio » (no 1596), 1984, 312 p. (ISBN 978-2-070-37596-7, OCLC 15492234), p. 14-15.
  4. « On reconnaît le modèle. C'est Henry Monnier, créateur de Joseph Prudhomme et peu à peu dévoré par sa création. Félicien Marceau, Balzac et son monde, Gallimard TEL, Paris, 1986, p. 251, (ISBN 2070706974). »
  5. « Grandeur et décadence de M. Joseph Prudhomme [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  6. L’aphorisme « Les villes devraient être construites à la campagne […] » n’est ni d’Alphonse Allais, ni d’Henry Monnier, à qui on[Qui ?] l’attribue comme étant extrait de sa pièce Grandeur et décadence de M. Joseph Prudhomme (1852), sans qu’une double lecture de cette pièce n’ait permis de le vérifier. L’idée en revient, en réalité, à Jean Louis Auguste Commerson, qui publia en 1851 les Pensées d’un emballeur, où l’on trouve : « Si l’on construisait actuellement des villes, on les bâtirait à la campagne, l’air y serait plus sain. ».[réf. nécessaire]. La boutade semble déjà du "domaine public" au milieu du siècle. Dans Francœur et Giroflet, Paul Boureulle fait demander au second: «Tu es de l'avis de ce Gascon qui aimait si fort la promenade qu'il regrettait que nos ancêtres n'eussent pas bâti toutes les villes à la campagne ?» (Démocratie pacifique du 24 septembre 1849, page 2)