Jean Anglade (original) (raw)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Jean Anglade est un écrivain et traducteur français, né le 18 mars 1915 à Escoutoux (Puy-de-Dôme) et mort le 22 novembre 2017 à Clermont-Ferrand.

Né le 18 mars 1915 au hameau des Bonnets[1], commune d'Escoutoux limitrophe de Thiers[2] dans le Puy-de-Dôme, Jean Jacques Annet Anglade est le fils de Jean (ouvrier maçon) et de Félistine Chaleron (servante), surnommée « Célestine »[3]. Un an après sa naissance, son père est tué pendant la Première Guerre mondiale le 27 septembre 1916 à Cléry-sur-Somme sur le front de la Somme. Sa mère se remarie en 1920 avec un charretier, ce qui amène le jeune Jean « à pousser à la roue souvent, quand le charretier s'embourbe »[4].

Après des études au cours complémentaire, Jean Anglade entre à l'école normale d'instituteurs de Clermont-Ferrand, et poursuit en même temps de façon autodidacte ses études pour devenir professeur de lettres.

Jean Anglade se marie le 17 juin 1935 avec Marie Ombret (1922-2001) (institutrice), originaire du hameau de Grezes, commune de Saugues (Haute-Loire).

Dès 1944, il est professeur de français à l’École nationale professionnelle de Thiers (aujourd'hui lycée Jean Zay).

Il obtient son agrégation d'italien en 1947[5], puis enseigne cette langue au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand de 1949 à 1975[6].

Jean Anglade est plutôt un auteur discret. Il apparaît très rarement à la télévision. Cependant, son succès ne se dément jamais[7]. Chaque année, il donne un rendez-vous littéraire avec ses lecteurs. Assez prolifique, il est, à l'instar d'Alexandre Vialatte, une référence dans la culture littéraire d'Auvergne[8].

Il obtient le prix Eugène-Dabit du roman populiste en 1957 pour L'Immeuble TAUB, le prix des Libraires en 1962 pour La Foi et la Montagne, le prix de l'Académie française en 1971 pour La Vie quotidienne dans la Massif Central au XIXe siècle et le prix Arverne en 2007 pour Le Temps et la Paille.

En 2011, un film intitulé À l'école de la vie relate les premières années de sa vie, réalisé par David Girard et Yves Courthalliac[9],[10].

Il fête ses 100 ans le 18 mars 2015[11]. Son ami Jean-Paul Pourade fonde le cercle Jean-Anglade et obtient, avec l'appui du président de la région Auvergne René Souchon et de Jean Cluzel, ancien sénateur et ami de Jean Anglade, que l'écrivain auvergnat se voit décerner la Légion d'honneur qui lui est remise le 13 février 2016 à Bransat des mains de Jean Cluzel.

Jean Anglade meurt à Clermont-Ferrand le 22 novembre 2017, âgé de 102 ans[12],[13].

Jean Anglade utilise et connaît plusieurs langues romanes qu'il traduit ou introduit dans ses textes.

Dans la famille de Jean Anglade et dans les environs de la ville de Thiers on parlait l'auvergnat, un dialecte de l'occitan. Le sous-dialecte parlé était plus précisément le parler thiernois. L'auteur revient souvent sur la langue d'oc dans ses textes où il utilise soit des bribes de phrases, soit du français régional empreint de termes auvergnats[14]. Dans son Histoire de l'Auvergne ou les Grandes Heures de l'Auvergne, il choisit d'englober l'ancien occitan avec les parlers gallo-italiques, qu'il trouve plus proches de la langue d'oc que de l'italien[15].

« Cette langue d'oc - qui offrait beaucoup moins de différences en ses diverses variétés que les dialectes actuels survivants - était parlée de la Loire aux Pyrénées, de l'Océan jusqu'à l'Adriatique, et plusieurs troubadours italiens devaient l'illustrer, comme Sordello ou Dante [...] »

— Jean Anglade, Les Grandes Heures de l'Auvergne

Il cite souvent Dante Alighieri qui parlait à la fois le toscan et la langue d'oc, langues qu'il maitrisait parfaitement et qu'il utilisait indifféremment dans ses ouvrages. La proximité des deux langues a également influencé et facilité son apprentissage de l'Italien.

Autre que romancier francophone, Jean Anglade a traduit beaucoup de grands textes italiens classiques vers le français comme Le Prince de Machiavel, les Fioretti de saint François d'Assise ou encore le Décaméron de Boccace.

Jean Paul Pourade, ami de Jean Anglade, fonde le cercle Jean-Anglade. Jean Cluzel en devient le président d'honneur.

Clarisse Énaudeau, directrice littéraire des Presses de la Cité et Jean-Paul Pourade, président du cercle Jean-Anglade, décident de créer le prix Jean-Anglade qui récompensera le premier roman d'un écrivain dont l'ouvrage mettra en exergue les valeurs chères à Jean Anglade dans ses romans : humanisme et universalité.

Le premier prix est désigné en mars 2019 par un jury présidé par l'écrivain Franck Bouysse et remis au lauréat lors du Salon du livre de Royat-Chamalières auquel l'écrivain Jean Anglade fut fidèle jusqu'à sa disparition.

Le prix 2019 est décerné à Véronique Pierron, pour son livre Les Miracles de l'Ourcq, paru aux éditions des Presses de la Cité en octobre 2019[22].

  1. L'acte de naissance de Jean Anglade a été dressé à la mairie de Thiers mais, selon ses déclarations du 22 juin 1996 puis sa préface au numéro 1 de la revue annuelle Escotal : entre Dore et Montguerlhe, paru en 1998, il aurait en réalité vu le jour au hameau des Bonnets, aujourd'hui disparu. Voir verbatim des propos de Jean Anglade sur la page D'Escoteum à Escoutoux, consultée le 20 juillet 2014, et l'Index des publications de l'association Escotal, consulté le 20 juillet 2014.
  2. INSEE, « Jean Jacques Annet Anglade », sur deces.matchid.io (consulté le 22 décembre 2024) : « le fichier des décès de l'INSEE a enregistré que Jean Anglade est né à Thiers »
  3. Jean Anglade, Aux sources de mes jours, Paris, Presses de la Cité, coll. « Production Jeannine Balland », 17 octobre 2002, 143 p., 26 cm (ISBN 2-258-06000-1, BNF 38924311), p. 8
    « Mais grâce à mes oreilles je recevais d'abord et surtout la voix de ma mère, officiellement prénommée Félistine, mais que tout le monde appelait Célestine pour des raisons qui m'échappent. »
  4. Selon sa fiche de présentation sur le site des éditions des Presses de la Cité.
  5. Voir sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr.
  6. BnF data.bnf.fr.
  7. Son roman Le Semeur d’alphabets (2007) figure par exemple en douzième sur la liste des livres les plus empruntés en bibliothèque en France dressée par livreshebdo.fr (un résumé de la liste se trouve sur le blog du journaliste Pierre Assouline.
  8. Voir la dernière partie de l'interview donnée à l'express.fr.
  9. Centre France, « La vie de Jean Anglade se réécrit à Arlanc », sur www.lamontagne.fr, 26 août 2011 (consulté le 31 janvier 2022)
  10. Centre France, « Les 100 ans de Jean Anglade », sur www.lamontagne.fr, 4 mars 2015 (consulté le 31 janvier 2022)
  11. Marie-Pascale Vincent, « Lozère : à 100 ans, Jean Anglade dédicace son dernier roman » sur midilibre.fr.
  12. Astrid de Larminat, « Disparition de Jean Anglade, le « Pagnol Auvergnat », à 102 ans », Le Figaro,‎ 22 novembre 2017 (ISSN 1241-1248 et 0182-5852, lire en ligne).
  13. « L'écrivain Jean Anglade est mort à l'âge de 102 ans », sur Franceinfo, 22 novembre 2017 (consulté le 22 novembre 2017).
  14. Raymond Guéguen, Les langues d'Europe: le français au cœur des langues d'Europe, Paris, Éditions Édilivre, 2007 (ISBN 978-2-917135-02-0, lire en ligne), p. 58 :

    « Le français régional d'Occitanie, largement utilisé par des écrivains comme Alphonse Daudet, Marcel Pagnol, Jean Giono, Henri Bosco, Henri Pourrat, Eugène Le Roy, Thyde Monnier, Jean Anglade, [...] reste quant à lui bien vivant. »

  15. Jean Anglade, Les Grandes Heures de l'Auvergne, Paris, Éditions Perrin, 1977, 384 p. (ISBN 978-2262012908, lire en ligne).
  16. ou 1964 selon la BNF.
  17. Peut-être réédition d'un roman publié sous un autre titre ?
  18. « Nominations ou promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres juillet 2010 », sur culture.gouv.fr (consulté le 31 janvier 2022).
  19. a et b Société des membres de la légion d'honneur, « Hommage à Jean Anglade » [PDF], 2017 (consulté le 5 février 2026)
  20. Remise le 19 avril 2015 par Jean Cluzel de l'Institut de France.
  21. Remise en avril à Arsac en Velay par le sénateur Gérard Roche[source insuffisante]
  22. Selon le site lisez.com[source insuffisante].