Jean-Claude Pirotte (original) (raw)

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Jean-Claude Pirotte, né le 20 octobre 1939 à Namur (Belgique) et mort le 24 mai 2014 dans la même ville, est un écrivain, poète et peintre belge.

Né de parents tous deux professeurs, Pirotte passe son enfance en Wallonie, à Gembloux[1]. Après des études littéraires et de droit, il exerce comme avocat à partir de 1964. Mais en 1975, il est radié du barreau pour avoir favorisé la tentative d'évasion d'un de ses clients, un délit qu'il nie avoir commis. Condamné à 18 mois de prison malgré ses dénégations, il s'enfuit en France et y mène une vie plus ou moins vagabonde jusqu'à la péremption de la peine en 1981, qui lui permet de retourner à Namur.

Il ne reprend pas pour autant sa place d'avocat. Ses ennuis judiciaires, explique-t-il, lui ont offert l'occasion de fuir : « Les magistrats qui m'ont condamné m'ont accordé une forme de bonheur. Celui de vivre dans l'extraordinaire »[2]. Il se consacre dès lors à la littérature et la poésie, et publie au fil des années une cinquantaine de livres, des articles, des poèmes et des préfaces. Peintre, il a aussi illustré plusieurs livres[3]. En outre, on lui doit la création du prix littéraire Cabardès, du nom de cette région située dans le département de l'Aude où il a vécu quelques années à Montolieu[4],[5]. Il a aussi dirigé la collection Lettres du Cabardès aux éditions Le temps qu'il fait[6], puis L'Usage des jours à La Table Ronde.

J.-C. Pirotte passe les dernières années de son existence entre l'Ajoie en Jura suisse, à la frontière avec la France, et la mer du Nord, mais aussi entre l'Aude et Namur[7]. Sa dernière compagne est la romancière et traductrice Sylvie Doizelet[6]. Ils publieront deux ouvrages en commun, Chemin de croix (éd. La Table ronde, 2004) et, aux éditions Le Temps qu'il fait (2010), Les périls de Londres[8]. Le couple voisine en Ajoie avec Alexandre Voisard. Jean-Claude Pirotte soutenait : "Le pays de l'Ajoie / n'est pas un jeu de mots / l'Ajoie comme la joie / non l'alpha privatif."[9].

Il meurt le 24 mai 2014[10].

Ce poète écrivain, féru de littérature française et néerlandaise, admirateur de l'œuvre d'André Dhôtel, de Georges Bernanos, Guido Gezelle ou Frederik van Eeden, Georges Rodenbach ou encore Jacques Chardonne, entre autres, est parfois considéré comme un des piliers de la littérature belge d'expression française.

Bénéficiant du soutien de Jean-Edern Hallier, Jean-Claude Pirotte a été dans les années 1980-1990 un personnage relativement médiatique de la scène littéraire française[11]. Les articles généraux sur la littérature française de Belgique le mentionnent régulièrement à partir de la fin des années 1980[12], mettant en exergue Sarah feuille morte ou La pluie à Rethel[13].

Au cours de sa carrière, il a obtenu de nombreux prix littéraires, parmi lesquels[14]

En 2015, le Gouvernement wallon a tenu à honorer sa mémoire en l'élevant au rang d' Officier du Mérite wallon Officier du Mérite wallon (O.M.W.) à titre posthume[20].

Créé en 2022, par Denis Segond, un enseignant retraité, un spectacle intitulé Les contes bleus du vin, tiré de ses chroniques éponymes publiées en 1988, rend hommage à Jean-Claude Pirotte[21].

  1. Devarrieux 2014, p. 30.
  2. Coignard 2001.
  3. a et b AFP 2011.
  4. Alain Pignon, « Hommage à Jean-Claude Pirotte (1934-2014) », sur alainpignon11.tumblr.com, mai 2020 (consulté le 10 août 2023).
  5. « Jean-Claude Pirotte poursuit sa fugue », sur lindependant.fr, 19 septembre 2011 (consulté le 12 juillet 2023).
  6. a et b Rédaction L'indépendant 2011.
  7. Présentation de Valery Rion, dans la section Lettres et Arts, de la réédition groupée de trois recueils de Jean-Claude Pirotte, à savoir l'opus "Ajoie, précédé de Passages des ombres et de Cette âme perdue ", Actes de la société jurassienne d'Émulation, année 2019, publication de 2020, Porrentruy, 448 pages avec la vie de la société, article p. 306-308, en particulier p. 306.
  8. « Sylvie Doizelet », sur babelio.com, s.d. (consulté le 17 avril 2018).
  9. Présentation de Valery Rion, section Lettres et Arts, Actes de la société jurassienne d'Émulation, année 2019, ibidem p. 306.
  10. Séry 2014.
  11. Le Point 2014.
  12. Drachline 1981.
  13. Drachline 1982.
  14. « Jean-Claude Pirotte », sur editionslatableronde.fr, s.d. (consulté le 17 avril 2018).
  15. « Prix Franz de Wever », sur arllfb.be, 2018 (consulté le 17 avril 2018).
  16. « Le prix des Deux Magots va à Jean-Claude Pirotte », sur Le Nouvel Obs, 31 janvier 2006 (consulté le 21 avril 2024).
  17. AFP 2012.
  18. « Grand Prix de Poésie », sur academie-francaise.fr, 2018 (consulté le 17 avril 2018).
  19. Belga 2012.
  20. « Jean-Claude Pirotte | Connaître la Wallonie », sur connaitrelawallonie.wallonie.be (consulté le 3 novembre 2015).
  21. La Machine, « Rencontre épicurienne et poétique », sur lejdc.fr, 18 juin 2024 (consulté le 2 juillet 2024).