Marie Calumet (original) (raw)

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Marie Calumet
Auteur Rodolphe Girard
Pays Drapeau du Canada Canada
Genre Roman
Date de parution 1904
Nombre de pages 396
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Marie Calumet est un roman québécois écrit en 1904 par Rodolphe Girard.

Ce roman décrit avec humour la vie d'une servante d'un presbytère de campagne, avec quelques évocations sarcastiques de l'empire qu'exerçait l'Église sur les gens à l'époque.

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On peut l'associer aux rares écrits du temps qui refusent l'idéalisation terrienne et patriotique promue par l'Église et l'État, à l'exemple de La Scouine d'Albert Laberge.

L'histoire se passe en 1860 dans le village fictif de Saint-Ildefonse. En visite chez le curé, son ami le curé du village voisin se rend compte que celui-ci n'a pas de servante. Quelques jours plus tard, il lui en envoie une, en la personne de Marie Calumet.

Marie Calumet est une vieille fille de 40 ans. Son arrivée à Saint-Ildefonse ne passe pas inaperçue, si bien que l'homme à tout faire du curé tombe amoureux d'elle de même que, peu de temps après, le bedeau. Marie Calumet, terre à terre et toute dévouée à son curé, mettra du temps à se rendre compte qu'à son âge, elle peut véritablement plaire à un homme.

Le roman sert de prétexte à divers tableaux de la vie de campagne.

La narration est en français standard légèrement littéraire, sans être exempt de clichés. Les dialogues, nombreux, reproduisent la langue du cru. Le récit se veut plutôt léger et humoristique, voire burlesque par moments.

Dès sa parution, Marie Calumet a fait l'objet d'une féroce condamnation de l'Église qui a nui à la carrière de l'auteur sa vie durant. On crée même l'onomastisme « calumettiste » pour le désigner avec mépris[1]. À la parution du roman, Rodolphe Girard était journaliste à La Presse. Une lettre adressée par l'archevêque de Montréal, Paul Bruchési, à la direction de La Presse amène celle-ci à congédier l'auteur. Celui-ci, persona non grata dans toute la province, trouvera refuge à Ottawa, où il sera journaliste, auteur et traducteur. En 1945, sa candidature à la Société royale du Canada sera rejetée en raison du scandale du roman, qui datait alors de plus de quarante ans.

Précisons que, comme le notent Alain Otis et Jean Delisle : « L'auteur n'a aucune intention de persiflage et n'est animé d'aucun sentiment antireligieux en produisant cette satire amène des mœurs religieuses. Certes, ce roman désacralise plusieurs symboles religieux et renferme quelques outrages à la pudeur, mais il exprime aussi et surtout la joie de vivre dans une langue populaire truculente des années 1860[2]. »

Dans le Queen's Quarterly, revue littéraire de l'Université Queen's, en Ontario, sera publiée en 1911, sous la plume de Bernard Muddiman, une appréciation dithyrambique : « Marie Calumet is without a doubt a masterpiece of its kind. It is the frankest and wittiest novel in Canada literature — an essay in Rabelaisian style. As a work of art, racy of the soil, it is probably the closest sketch of Canadian life yet portrayed... It is the first great novel Canada has produced in either French or English. » (« Marie Calumet est sans aucun doute un chef-d'œuvre en son genre. C'est le roman le plus franc et le plus spirituel de toute la littérature canadienne, écrit dans un style rabelaisien. En tant qu'œuvre d'art, truculente et proche de la terre, c'est probablement le portrait le plus juste de la vie canadienne produit jusqu'ici... C'est le premier grand roman ayant vu le jour au Canada, en anglais comme en français. »)

Une chanson a été tirée de l'histoire sur un air rappelant la chanson paillarde française En revenant du Piémont, sous le titre Marie Calumet. Composée (ou notée?) par Gabriel Cusson, elle sera notamment interprétée par :

Certaines de ces versions comportent des adaptations plus ou moins prononcées des paroles.

Marie Calumet, 1904.

  1. Ainsi, dans La Vérité du 21 novembre 1908, on peut lire, au sujet de l'Alliance française d'Ottawa : « Le simple fait que le “calumettiste” Girard en devient le parrain [...] la rend encore plus suspecte. » (Alain Otis et Jean Delisle, Les douaniers des langues — Grandeur et misère de la traduction à Ottawa, 1867-1967, Presses de l'Université Laval, 2016, p. 377)
  2. (Alain Otis et Jean Delisle, Les douaniers des langues — Grandeur et misère de la traduction à Ottawa, 1867-1967, Presses de l'Université Laval, 2016, p. 82)