Nicolas Gogol (original) (raw)

Nicolas Vassiliévitch Gogol est un romancier, nouvelliste, dramaturge, poète et critique littéraire russe d'origine ukrainienne né le 20 mars 1809 (1er avril 1809 dans le calendrier grégorien) au domaine de Vassilievka, près de Sorotchintsy dans le gouvernement de Poltava (Empire russe, aujourd'hui en Ukraine) et mort le 21 février 1852 (4 mars 1852 dans le calendrier grégorien) à Moscou. Il est considéré comme l'un des écrivains classiques de la littérature russe et l'un des principaux représentants de son « école ukrainienne ». Outre sa contribution à la littérature russe, Gogol a également exercé une influence sur la littérature ukrainienne et la culture ukrainienne en général, s'étant notamment consacré à la collecte du folklore ukrainien.

Nicolas Vassiliévitch Gogol [1] (en russe : Николай Васильевич Гоголь, Nikolaï Vassilievitch Gogol[2] ; en ukrainien : Микола Васильович Гоголь, Mykola Vassyliovytch Hohol) est un romancier, nouvelliste, dramaturge, poète et critique littéraire russe d'origine ukrainienne[3],[4],[5], issu de l'ancienne famille cosaque ukrainienne des Gogol-Ianovski[6].

Né le 20 mars 1809 (1er avril 1809 dans le calendrier grégorien) au domaine de Vassilievka, près de Sorotchintsy[7] dans le gouvernement de Poltava (Empire russe, aujourd'hui en Ukraine), il est mort le 21 février 1852 (4 mars 1852 dans le calendrier grégorien) à Moscou.

Il est considéré comme l'un des écrivains classiques de la littérature russe[8], et l'un des principaux représentants de son « école ukrainienne »[9],[10]. Outre sa contribution à la littérature russe, Gogol a également exercé une influence sur la littérature ukrainienne et la culture ukrainienne en général, s'étant notamment consacré à la collecte du folklore ukrainien[6],[11],[12].

Maison natale de Gogol à Sorotchintsy, photographiée en 1902.

La culture linguistique et musicale de la terre natale a trouvé son expression dans la pratique éducative de la grand-mère de Tatiana Semenivna, la mère de sa mère. Dès l'enfance, elle a inculqué au jeune Mykola l'amour du langage et le sens des mots. Par la suite, il s'est intéressé à la collecte de chansons folkloriques ukrainiennes[Note 1], de proverbes et de dictons et a préparé du matériel pour un dictionnaire ukrainien-russe. Plus tard, il écrivit ceci à propos de la chanson ukrainienne :

Si notre région ne disposait pas d'un tel trésor de chants, je ne comprendrais jamais son histoire, car je ne comprendrais pas le passé... Ma joie, ma vie ! Comment je t'aime! Que sont toutes les annales froides dans lesquelles je fouille maintenant, avant ces annales sonores et vivantes ! Comme ils m'aident dans l'histoire des chansons ! C'est une histoire populaire, vivante, lumineuse, colorée, vraie, qui révèle toute la vie du peuple[Note 1].

Tout au long de sa vie, Mykola Gogol a admiré, s'est intéressé et a enregistré des chansons folkloriques ukrainiennes. La chanson préférée de Mykola Gogol était la chanson Oh, sous le cerisier[Note 1].

Il est né en 1809 au domaine de Vassilievka, près de Sorotchintsy, village du gouvernement de Poltava, au cœur de l'actuelle Ukraine. Il est l'aîné de douze enfants[13]. Selon la tradition familiale, il est issu d'une ancienne famille cosaque ukrainienne et serait le descendant du hetman Ostap Gogol. Son père, Vassili Afanassiévitch, mort en 1825 alors que Nicolas n'a que 16 ans, écrit de petites pièces de théâtre et développe le goût de son fils pour la littérature. Vassili adore les oiseaux[14]. Sa mère, Maria, lui donne une éducation religieuse traditionnelle dans le christianisme orthodoxe, qui au fil des ans évoluera vers un mysticisme maladif (angoisse du mal et du Jugement dernier)[15]. Dans une lettre ultérieure dans laquelle il se rappelle son enfance, Gogol écrit ainsi :

Mais une fois – et je m'en souviens aussi clairement que si c'était hier –, je t'ai demandé de me parler du Jugement dernier et tu as parlé à l'enfant que j'étais de la félicité qui attend les gens en récompense d'une vie vertueuse, d'une manière si belle, si compréhensible et si touchant, et vous avez dépeint les tourments éternels des pécheurs d'une manière si vivante et si terrifiante que j'ai été bouleversé et que j'ai réagi avec toute ma sensibilité. Cela a implanté et fait naître certaines de mes pensées les plus nobles[16].

Même dans ses années d'étudiant, Gogol était préoccupé par les problèmes sociaux et s'est lancé dans de telles activités « afin d'être vraiment utile à l'humanité »[Note 1] :

Je brûlais d'un désir inextinguible de rendre ma vie nécessaire au bien de l'État, j'aspirais à apporter au moins le moindre bénéfice. L'idée que je n'en serais pas capable, que mon chemin serait interrompu, me causant une profonde tristesse, me troublait. J'ai juré de ne pas perdre une seule minute de ma courte vie sans faire le bien[Note 1].

Gogol passe sa prime jeunesse dans la propriété familiale de Vassilievka, où la famille mène une vie confortable grâce aux deux cents serfs qu’elle possède. Il est très attaché à son frère Ivan cadet, né un an après lui, et les sources indiquent que les deux garçons sont inséparables tant à la maison qu’à l’école élémentaire de Poltava. Selon Simon Karlinsky (en), la mort d’Ivan à l’été 1819 marque durablement le jeune Gogol, et c’est en partie pour dissiper cette humeur sombre que ses parents l’envoient à l’école pour garçons de Nijyn[17], où il étudie de l’âge de douze ans jusqu’à l’âge de dix-neuf ans[18].

Au gymnasium de Nijyn, Gogol s’intéresse notamment au théâtre. Dans l’Œdipe à Athènes d’Ozérov, il joue le rôle de Créon, et il tient le rôle principal dans Le Bavard de Nikolai Khmelnitski. Il recueille également de grands succès dans les rôles comiques de vieilles femmes, notamment la mère dans Le Dadais de Denis Fonvizine qu’il joue en 1827[18]. De nombreux condisciples de Gogol ont écrit des mémoires et signalent l'esprit satirique et l'humour caustique du futur écrivain[19].

Après de médiocres études au gymnasium de Nijyn, Gogol quitte sa mère et ses deux sœurs, et monte à Saint-Pétersbourg en 1828, mu par l'ambition de faire une grande carrière dans l'administration. Il prétend que la première chose qu'il fit, une fois arrivé dans la capitale de l'Empire russe, fut de courir chez Alexandre Pouchkine qui, mal remis d'une nuit de fête, ne put malheureusement le recevoir. Mais ce qui l'attend d'abord à Pétersbourg, c'est un modeste emploi dans un ministère.

Gogol s’installe dans un appartement qu’il partage avec l’un de ses condisciples, Alexandre Danilevski, qui sera par la suite régulièrement son colocataire et voyagera à l’étranger avec lui[20].

Quelques mois après son arrivée à Saint-Pétersbourg, Gogol fait ses premiers pas littéraires. Le 23 mars 1829 est publié le poème « Italie », dans la revue Le Fils de la patrie[21]. Encouragé par la bonne réception faite à ce poème, il publie en juin, sous forme de livre à compte d'auteur et sous le pseudonyme de V. Alov, le poème narratif Gants Küchelgarten[22]. Éreinté par la critique, Gogol retire les exemplaires des librairies pour les brûler.

Après cet échec, il s'échappe une première fois de Russie : vers le 5 août 1829, il s’embarque à Saint-Pétersbourg et gagne Lübeck en six jours. Il passe ainsi un peu moins de deux mois entre Lübeck, Travemünde et Hambourg[23],[24].

Il est de retour à Saint-Pétersbourg le 22 septembre 1829[23]. Il envisage alors de devenir comédien et est auditionné par le prince Gagarine, directeur des Théâtres impériaux, mais l’audition est un échec[25]. Gogol doit alors retourner à l’administration. Par l’entremise de Faddeï Boulgarine, il obtient un poste dans la section B de la Chancellerie impériale. Puis, par l’intermédiaire d’Andreï Trochtchinski, neveu de son ancien protecteur, il obtient en avril 1830 un nouveau poste, un peu mieux payé, au ministère des Apanages[26].

Il poursuit également ses écrits, regrettant le soleil d'Ukraine. C'est ainsi que l'année suivante paraît, sans nom d’auteur, dans Les Annales de la Patrie sa première nouvelle, inspirée par le folklore ukrainien, Bissavriouk ou la Nuit de la Saint-Jean, raconté par le Sacristain de l'église de l'Intercession, première version de La Nuit de la Saint-Jean qui intègrera bientôt Les Soirées du hameau. Il publie aussi des articles sous divers pseudonymes. Le vendredi 16 janvier 1831 paraît dans la Literatournaïa gazeta le premier article que Gogol signe de son nom, intitulé « Femme »[27],[28].

Nicolas Gogol. Portrait au crayon par Alexandre Dmitriev-Mamonov.

Au début de 1831, Gogol quitte l'administration et devient professeur à l'Institut patriotique pour filles d'officiers nobles ; il est titularisé le 1er avril 1831[29]. En mai, il est présenté à Alexandre Pouchkine[30]. Début septembre paraît le premier volume des Soirées du hameau[29]. Ce recueil de nouvelles grotesques, drolatiques et fantastiques, inspirées de la vie des paysans ukrainiens, lui assure une début de célébrité. Il comprend La Foire de Sorotchintsy, La Nuit de Saint-Jean, Une nuit de Mai et La Dépêche disparue. L'accueil de la critique est excellent. Le second tome des Soirées du hameau est publié au printemps 1832[31]. Il comprend La Nuit de Noël, Une terrible vengeance, Ivan Fiodorovitch Chponka et sa tante, Le Terrain ensorcelé. C'est un nouveau succès.

En 1833, Gogol traverse une profonde crise morale. Gogol, croyant orthodoxe, pense que chaque homme, qui est envoyé sur terre par Dieu, a une mission à accomplir. Il estime cependant ne pas encore avoir perçu le but de sa mission. C'est pourquoi, toujours à la recherche de sa « mission », il se découvre une vocation d'historien. Nommé professeur adjoint d'histoire à l'université de Saint-Pétersbourg en juillet 1834, ses premiers cours (auxquels assistera Ivan Tourgueniev) entraînent l'enthousiasme des étudiants. Son intérêt pour l'histoire comme sa popularité en tant que professeur s'éteignent cependant rapidement.

Les années 1834 à 1836 sont prolifiques du point de vue littéraire. Gogol publie, en 1835, le recueil Arabesques qui contient des notices historiques, des critiques littéraires et artistiques, mais surtout plusieurs nouvelles, comme La Perspective Nevski, Le Portrait et Le Journal d'un fou. Suit, la même année, le recueil Mirgorod où l'on retrouve entre autres le conte fantastique Vij, La Brouille des deux Ivan et une première version de Tarass Boulba. À la même époque, Gogol achève Le Nez, nouvelle refusée comme « sale et triviale » par L'Observateur moscovite, et qui ne sera dès lors publiée qu'en octobre 1836 par la revue littéraire Le Contemporain, accompagnée d'une présentation d'Alexandre Pouchkine. Simultanément, il entame plusieurs œuvres théâtrales, comme Le Mariage ou Les Joueurs.

En 1836, la pièce de théâtre Le Revizor (dont le sujet lui a été fourni par Pouchkine, étant donné que ce dernier estime ne pas avoir le talent humoristique nécessaire à l'écriture d'une telle pièce), applaudie par les libéraux, attaquée par les réactionnaires, connaît un succès de scandale à Saint-Pétersbourg. Une remarque attribuée à l'empereur Nicolas Ier calmera les esprits : « Tout le monde en a pris pour son grade, moi en premier ». Gogol se sent incompris. Il est tout autant irrité par ceux qui le soutiennent que par ceux qui le critiquent : tous détournent sa pensée profonde en voyant Le Revizor comme une satire politique alors qu'il a voulu une farce dénonçant la mesquinerie provinciale. En plein désarroi, il fuit la Russie[32].

En mai/juin 1836, Gogol entame une longue période de pérégrinations à travers l'Europe de l'Ouest. Durant les douze années suivantes, il ne reviendra plus qu’épisodiquement en Russie, qui restera cependant l'unique décor de son œuvre.

Gogol entame son voyage en Allemagne où il séjourne notamment pendant trois semaines à Baden-Baden où vivent également des Russes. De là, il gagne la Suisse en passant par Bâle, Berne et Lausanne, qui le laisse assez indifférent[réf. nécessaire]. En revanche la découverte des Alpes l'impressionne tout particulièrement. Profitant d'un séjour à Genève, il voulut escalader le mont Blanc. Accompagné d'un guide, mais habillé de vêtement de ville, il rebrousse chemin dès les premières neiges aux pentes inférieures, ce qui ne l'empêche pas, dans ses lettres envoyées à sa mère, d'exagérer sur ses prouesses dans les Alpes. À Genève, il vit dans une pension de famille, lisant mais n'écrivant pas, sauf des lettres. Il se rend également en pèlerinage en France pendant une journée au château de Voltaire à Ferney-Voltaire. Le 27 septembre, il écrit à son ami Prokopovitch, le littérateur qui publia ses œuvres, où il lui confie : « Que te dire de la Suisse ? De beaux paysages et encore de beaux paysages. J'en suis rassasié et s'il m'était donné de voir un de nos paysages russes, misérable et plat, avec sa chaumière de bois et sous un ciel gris, je l'admirerais sans doute comme une nouveauté ». Puis en octobre, il va à Vevey où il loue une chambre sans chauffage dans une pension que fréquentent parfois des russes. Dans cette ville, il reprend la composition des Âmes mortes, remaniant le début et ordonnant le plan de l'ouvrage. À Joukovski il lui écrit : « La Suisse m'est devenue plus aimable ». Néanmoins, jour après jour, il se rend au débarcadère attendre le vapeur de 15 h, espérant en voir sortir des compatriotes. Finalement, malgré la beauté du panorama, le froid qui affecte sa santé, l'ennui et la nourriture trop copieuse, le chasseront vers Paris[33],[34], où il réside de novembre 1836 à mars 1837. C'est là qu'il apprend la mort de Pouchkine, tué en duel à Saint-Pétersbourg, nouvelle qui le trouble profondément.

De là, Gogol se rend en Italie, le pays d'Europe qu’il préfère[réf. nécessaire], et s’installe à Rome. C’est dans cette ville qu’il passera la majeure partie de son temps jusqu’en 1842. Il y fréquente la diaspora russe, des artistes, et se laisse même un temps séduire par le catholicisme, sans s'y convertir. Il développe surtout une tendre amitié pour Joseph Vielgorski (ru), un jeune tuberculeux qui mourra en mai 1839.

Suit une nouvelle période de déplacements incessants, en France et en Allemagne, puis en Russie, de septembre 1839 à mai 1840, d’où il repart pour Rome, en passant par Vienne, Venise et Florence. Gogol restera en Italie jusqu'en août 1841, avant de repartir pour la Russie, en vue d'y faire publier son premier roman.

En quittant la Russie en 1836, Gogol emportait dans son maigre bagage, outre quelques habits, le manuscrit des Âmes mortes. Il en avait entamé l'écriture en 1835, sur une idée donnée par Pouchkine. Pour lui, il ne s'agissait alors que d'une farce, dans la lignée de ses premiers écrits. Mais dans sa foi de plus en plus exaltée en sa « mission », il l'envisage bientôt comme son chef-d'œuvre, surtout après la mort de Pouchkine.

Après cinq années de travail, principalement à Rome, Gogol termine l'ouvrage. Il essaie de le faire publier en 1841, mais il est interdit par le comité de censure de Moscou. Ce n'est qu'après de nombreuses manœuvres que l'œuvre est autorisée par la censure de Pétersbourg et qu'elle peut paraître, en 1842. Aventures amusantes d'un petit escroc, satire de la médiocrité humaine, ce roman est aussi une critique impitoyable (et involontaire) de la Russie tsariste. Le succès et le scandale sont à nouveau au rendez-vous. Gogol, lui, a déjà fui la Russie.

La publication de son roman autorisée, en avril 1842, Gogol repart pour l'Europe de l'Ouest où il passera les cinq années suivantes.

Pris de « bougeotte », d'un besoin compulsif de se déplacer, Gogol se consacre au tourisme avant que ses problèmes de santé (principalement psychologiques selon toute vraisemblance) ne l'obligent à passer une partie croissante de son temps dans les villes d'eau. L'écrivain impécunieux profite autant que possible de l'hospitalité de ses admirateurs fortunés.

Revenu à Rome en 1842, il se rend ainsi en Allemagne, puis à Nice (chez la comtesse Vielgorski et madame Smirnov) en 1843. En 1844, il réside quelques mois à Francfort (chez Vassili Joukovski) et se rend en Belgique, notamment à Ostende. En 1845, il séjourne à Paris (chez le comte Alexandre Tolstoï), se rend à Francfort, puis retourne à Rome. Il passe encore la majorité de son temps entre l'Allemagne et l'Italie en 1846 et 1847. Quant à son prétendu séjour en Espagne, il semble que cela soit l'un de ses nombreux mensonges.

Le projet littéraire qui occupe Gogol en 1842 est la publication de ses Œuvres complètes. Celles-ci paraissent en 1843. S'y trouvent les romans, nouvelles et pièces de théâtre susmentionnés, parfois profondément remaniés (il existe ainsi une version du Revizor de 1836 et une seconde de 1842). La principale nouveauté est sans aucun doute Le Manteau, une nouvelle fantastique inspirée à Gogol par sa triste carrière administrative et dont le héros, Akaki Akakiévitch, est devenu l'archétype du petit fonctionnaire russe[35]. C'est le dernier chef-d'œuvre de l'écrivain.

À partir de 1842, Gogol entame une véritable dérive mystique. Il se persuade ainsi que sa mission est de sauver moralement la Russie, en la guidant vers le paradis. Ce cheminement vers le bien, Gogol entend le décrire dans deux nouveaux tomes des Âmes mortes. Il voit désormais cette œuvre comme une Divine Comédie russe. La première partie du roman était en fait une représentation de l'enfer sur terre. La seconde et la troisième partie des Âmes mortes décriront la graduelle rédemption des héros, leur passage au purgatoire, puis au paradis. Mais, pour cette œuvre, Gogol estime qu'il doit lui-même se perfectionner moralement. L'écrivain s'absorbe dès lors dans la lecture des livres saints, telle que L'Imitation de Jésus-Christ ou le Ménologe. Mais ni son perfectionnement, ni l'écriture n'avancent comme il le voudrait. Rongé par le doute, déprimé, toujours plus hypocondriaque, il brûle à plusieurs reprises la suite des Âmes mortes[36].

Il s'oriente simultanément vers un conservatisme politique extrême (défense de l'autocratie et de l'orthodoxie). C'est ainsi que sa dernière œuvre, les Passages choisis d'une correspondance avec des amis, cause un véritable scandale lors de sa parution en 1846. Il s'agit d'un ouvrage réactionnaire, où Gogol dévoile une vision si obscurantiste du monde qu'elle en est comique[37].

Après que la psychose eut mis fin à ses écrits, Gogol a une révélation suggérant qu'il ferait bien de visiter Jérusalem et d'y réciter des prières spéciales afin de se remettre de sa maladie et de pouvoir recommencer à écrire[38]. En janvier 1848, il quitte l'Europe pour l'Orient ; il se rend en Palestine et visite les lieux saints, sans y trouver de remède à sa dépression (syndrome de Jérusalem)[38].

En mai 1848, il rentre définitivement en Russie, où il partage son temps entre Moscou et le sud de l'Empire, Odessa notamment. Il y est libéré de tout souci matériel, trouvant refuge chez ses riches admirateurs, mais se sent toujours plus malade et désemparé. En ultime recours, Gogol cherche l'assistance de moines fanatiques (tels que le père Matthieu) ou, même, de « fols en Christ ». Il visite le monastère d'Optina.

En septembre 1851, il lit un écrit politique d'Alexandre Herzen, Sur le développement des idées révolutionnaires en Russie, dans lequel il est qualifié de pamphlétaire qui a trahi sa propre œuvre. Le 20 octobre 1851, il est visité par Ivan Tourgueniev qui le trouve affecté de cette critique.

Buste de Gogol à Saint-Pétersbourg.

Dans la nuit du 11 au 12 février 1852, Gogol brûle une dernière fois le manuscrit de la deuxième partie des Âmes mortes, dans son appartement du boulevard Nikitsky à Moscou. Au matin, il accuse le diable de l'avoir trompé. Il se laisse ensuite mourir, refusant nourriture et soins. Finalement livré aux mains de médecins, ceux-ci lui infligent des traitements d'une violence inouïe (bains froids, saignées, cataplasmes et sangsues). Gogol meurt le 21 février 1852 (4 mars dans le calendrier grégorien)[39].

D'abord enterré au monastère Saint-Daniel, sa dépouille est transférée en 1931 au cimetière de Novodevitchi de Moscou.

Gogol est revendiqué comme grand écrivain à la fois par la Russie et par l'Ukraine, chacune ayant de bonnes raisons de le réclamer[40],[41]. Ukrainien de naissance, descendant d'un colonel de l'Hetmanat cosaque, il a publié toute son œuvre en russe. Comme beaucoup de fils de la petite noblesse ukrainienne, il cherche d'abord à s'élever dans la hiérarchie administrative ou militaire qui lui confère la noblesse russe. Dans sa correspondance privée, il revendique pourtant ses racines ukrainiennes et ironise sur certains compatriotes qui veulent se faire passer pour Russes en remplaçant par un v le o final de leur nom. Ses premiers écrits, les contes publiés en 1831 dans les Soirées du hameau, sont nourris du riche folklore ukrainien en même temps que d'une gaieté paysanne et d'une joie de vivre qui lui permettent d'échapper à la grisaille de Saint-Pétersbourg[42]. La thématique ukrainienne est alors appréciée des élites russes, à commencer par Pouchkine qui voit dans le jeune Gogol un auteur des plus prometteurs. Le romantisme européen redécouvre les traditions populaires et les slavophiles voient volontiers dans l'Ukraine une culture slave plus ancienne, authentique et païenne que celle de la Russie[43]. Gogol puise son inspiration dans des auteurs fantastiques occidentaux comme l'Allemand Ludwig Tieck mais aussi dans les genres ukrainiens de la comédie populaire (vertep) et du théâtre de marionnettes[43].

Parmi ses lecteurs, les « russophiles » lui reprochent d'introduire dans ses contes de nombreuses tournures et formules de la langue ukrainienne[43] : à plusieurs reprises, il écrit à sa mère et à ses amis pour leur demander du vocabulaire, des proverbes, chansons et contes ukrainiens[42]. Les « ukrainophiles » lui reprochent de ne pas écrire toute son œuvre en ukrainien et pointent ses erreurs sur le folklore, par exemple sa méconnaissance du rituel de demande en mariage ou son usage dans les dialogues de formules empruntées aux chansons mais qui ne sont pas employées dans la conversation courante[43].

Contrairement à son contemporain Taras Chevtchenko, qui lui témoigne d'ailleurs beaucoup d'estime, Gogol ne souhaite pas s'enfermer dans le cercle étroit des publications ukrainiennes ni passer pour un auteur folkloriste : seule une diffusion en russe peut lui donner le large écho dont il rêve[42]. Ses sentiments nationaux sont nuancés : dans Tarass Boulba, publié en 1835 et remanié en 1839, et plus tard dans les écrits de la fin de sa vie, il affiche un patriotisme russe conforme à l'historiographie officielle ; en même temps, il est nostalgique de l'indépendance ukrainienne, apprécie beaucoup l'Istoria Roussov, un recueil apocryphe de textes du temps de l'Hetmanat dénonçant l'oppression russe. Il songe à écrire un drame sur l'histoire des Zaporogues, La Moustache rasée, qu'il brûlera par dépit après une lecture publique sans succès. Dans les Réflexions de Mazepa, inédites de son vivant, il donne la parole au chef cosaque du XVIIIe siècle, vilipendé comme un traître par l'histoire officielle russe mais qui apparaît chez lui comme un chef réfléchi et soucieux de l'avenir de son peuple[42]. Si profond que soit son attachement à son Ukraine natale, il ne croit pourtant pas à un avenir de l'Ukraine hors de l'Empire russe. L'historien ukrainien Mykhaïlo Hrouchevsky écrit en 1909 : « Gogol a grandi sur les ruines de l’Hetmanat, sans s’apercevoir que la disparition de l’État cosaque ne signifiait pas la mort de l’Ukraine »[42].

Gogol a eu une grande influence dans la littérature russe de la seconde moitié du XIXe siècle, par exemple sur Fiodor Dostoïevski. Selon le Roman russe (1886) d'Eugène-Melchior de Vogüé, Dostoïevski aurait dit : « Nous sommes tous sortis du Manteau de Gogol[44],[45]. » Son aura s'est sans doute encore accrue au XXe siècle. Mikhaïl Boulgakov s'en inspira pour son chef-d'œuvre, Le Maître et Marguerite.

Œuvres de Gogol : Le Revizor, Les Âmes mortes, Le Manteau, Tarass Boulba. Timbres-postes russes de 2009.

  1. Arabesques : La Perspective Nevski, Le Journal d'un fou, Le Nez - La Calèche, Le Manteau
  2. L'Apport de Rome : Le Portrait (première version), Rome, Les Nuits de la villa (1835-1836)
  1. a b c d et e (uk) « Гоголь Микола Васильович », dans Вікіпедія,‎ 20 avril 2024.

  2. Le nom de famille à la naissance était Ianovski (en russe : Яновский ; en ukrainien : Яновський, Ianovskyï). À partir de 1821, la famille utilisa le nom Gogol-Ianovski.

  3. Prononciation russe : prononcé en russe : [nʲɪkɐˈlaj vɐˈsʲilʲjɪvʲɪdʑ ˈɡoɡəlʲ].

  4. (en) Edyta M. Bojanowska, Nikolai Gogol: Between Ukrainian and Russian Nationalism, Cambridge, MA, Harvard University Press, 2007, 1–13 p. (ISBN 9780674022911), « Introduction ».

  5. (en) Donald Fanger, The Creation of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 30 juin 2009, 24, 87–88 (ISBN 9780674036697, lire en ligne), p. 24, 87–88 :

    « Gogol left Russian literature on the brink of that golden age of fiction which many deemed him to have originated, and to which he did, very clearly, open the way. The literary situation he entered, however, was very different, and one cannot understand the shape and sense of Gogol's career—the peripeties of his lifelong devotion to being a Russian writer, the singularity and depth of his achievement—without knowing something of that situation. ... Romantic theory exalted ethnography and folk poetry as expressions of the Volksgeist, and the Ukraine was particularly appealing to a Russian audience in this respect, being, as Gippius observes, a country both '"ours" and "not ours," neighboring, related, and yet lending itself to presentation in the light of a semi-realistic romanticism, a sort of Slavic Ausonia.' Gogol capitalized on this appeal as a mediator; by embracing his Ukrainian heritage, he became a Russian writer. »

  6. Irina Vaag, « Gogol: russe et ukrainien en même temps », sur L'Express, 9 avril 2009 (consulté le 2 avril 2021) : « Il ne faut pas diviser Gogol. Il appartient en même temps à deux cultures, russe et ukrainienne...Gogol se percevait lui-même comme russe, mêlé à la grande culture russe...En outre, à son époque, les mots "Ukraine" et "ukrainien" avaient un sens administratif et territorial, mais pas national. Le terme "ukrainien" n'était presque pas employé. Au XIXe siècle, l'empire de Russie réunissait la Russie, la Malorossia (la petite Russie) et la Biélorussie. Toute la population de ses régions se nommait et se percevait comme russe. ».

  7. a et b (uk) Л. Б. Кулікова, « Гоголь Микола Васильович » [archive du 17 mars 2016], sur ЕІУ.

  8. Les aventures de Tchitchikov ou les âmes mortes, La Bibliothèque russe et slave

  9. (de) Natascha Drubek-Meyer, Gogol's eloquentia corporis. Einverleibung, Identität und die Grenzen der Figuration, München, Slavistische Beiträge, 1998, 364 p. (ISBN 387690725X, lire en ligne), p. 95.

  10. (uk) Д. Чижевський, « Гоголь, Микола » [archive du 5 octobre 2019], sur ЕУ, p. 391.

  11. (uk) Н. Є. Крутікова, « Гоголь Микола Васильович » [archive du 4 mars 2016], sur УЛЕ, p. 429–444.

  12. (uk) Ірина Фісак, « Гоголь–дослідник і збирач українського фольклору », Філологічні науки, no 11,‎ 2012, p. 45-51 (ISSN 2075-1486, lire en ligne [archive du 4 octobre 2020]).

  13. (uk) Світлана Литвинська et Тетяна Чухліб, « М. Гоголь як український етнограф та етнопсихолог », Гуманітарна освіта у технічних вищих навчальних закладах, no 21,‎ 2010, p. 247–258 (lire en ligne [archive du 4 octobre 2020]).

  14. Biographie et informations, Babelio

  15. Nouvelles ukrainiennes, Préface, Le Livre de Poche, 1969, p. 11.

  16. Henri Troyat, Gogol, p. 7-56.

  17. Lettre à Maria Gogol du 2 octobre 1833. Citée par Simon Karlinsky, The Sexual Labyrinth of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 1976, p. 11.

  18. (en) Simon Karlinsky, The Sexual Labyrinth of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 1976, p. 10

  19. a et b (en) Simon Karlinsky, The Sexual Labyrinth of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 1976, p. 12-13

  20. (en) Simon Karlinsky, The Sexual Labyrinth of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 1976, p. 14

  21. (en) Simon Karlinsky, The Sexual Labyrinth of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 1976, p. 22

  22. (en) Vsevolod Setchkarev (trad. Robert Kramer), Gogol: his life and works, New York University Press, 1965, p. 20

  23. (en) Simon Karlinsky, The Sexual Labyrinth of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 1976, p. 19

  24. a et b (en) Vsevolod Setchkarev, Gogol: His Life and Works, New York University Press, 1965, p. 27

  25. Gustave Aucouturier et José Johannet, « Chronologie de Gogol », dans Gogol, Œuvres complètes, édition publiée sous la direction de Gustave Aucouturier, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1966, p. XLVII.

  26. (en) Simon Karlinsky, The Sexual Labyrinth of Nikolai Gogol, Harvard University Press, 1976, p. 26

  27. (en) Vsevolod Setchkarev (trad. Robert Kramer), Gogol: His Life and Works, New York University Press, p. 29-30

  28. (en) Vsevolod Setchkarev (trad. Robert Kramer), Gogol: His Life and Works, New York University Press, 1965, p. 32

  29. (ru) « Литературная газета, издаваемая бароном Дельвигом, [1830-1831 год], Т. 1-4. Т. 3, № 1 (1 янв.) - 36 (25 июня) – Российская Национальная Библиотека – Vivaldi », sur vivaldi.nlr.ru (consulté le 15 février 2026)

  30. a et b Gustave Aucouturier et José Johannet, « Chronologie de Gogol », dans Gogol, Œuvres complètes, édition publiée sous la direction de Gustave Aucouturier, Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1966, p. XLIX.

  31. (en) Vsevolod Setchkarev (trad. Robert Kramer), Gogol: His Life and Works, New York University Press, 1965, p. 34

  32. En mars selon Gustave Aucouturier et José José Johannet (« Chronologie de Gogol », p. L), en mai selon Vsevolod Setchkarev (Gogol: His Life and Works, p. 35).

  33. Henri Troyat, Gogol, p. 193 et suivantes

  34. Que dire de la Suisse, écrivait Gogol en 1836, Feuille d'Avis et journal du District d'Avenches, (page 1), 6 septembre 1972, Archives Bibliothèque cantonale et universitaire (Lausanne)

  35. Lorsque les Russes rêvaient à Vevey, La Presse Riviera-Chablais, (page 8), 9 mai 1996. Archives Bibliothèque cantonale et universitaire (Lausanne)

  36. Vladimir Nabokov souligne le caractère extrêmement moderne de cette nouvelle dans Littérature II.

  37. Gustave Aucouturier, chronologie de Gogol, dans Nicolas Gogol, Les Âmes mortes, Gallimard, 1973, p. 448-449

  38. Gustave Aucouturier, chronologie de Gogol, dans Nicolas Gogol, Les Âmes mortes, Gallimard, 1973, p. 450 et 451. Vissarion Belinski critiquera vivement ce texte, dans une lettre qui aura un grand retentissement; Fiodor Dostoïevski, notamment, en fera la lecture lors d'une réunion du cercle de Petrachevski.

  39. a et b (en) Yair Bar-El, Rimona Durst, Gregory Katz et Josef Zislin, « Jerusalem syndrome », The British Journal of Psychiatry, vol. 176, no 1,‎ janvier 2000, p. 86-90 (ISSN 0007-1250 et 1472-1465, DOI 10.1192/bjp.176.1.86, lire en ligne, consulté le 18 mars 2022).

  40. Henri Troyat, Gogol, Flammarion, 1971, p. 561 et suivantes.

  41. Irina Waag, « Gogol était-il russe ou ukrainien? », L'Express,‎ 3 avril 2009 (lire en ligne).

  42. Clara Degiovanni, « Gogol, un écrivain entre deux mondes », Philosophie Magazine,‎ 4 mars 2022 (lire en ligne).

  43. a b c d et e Dmytrychyn 2009.

  44. a b c et d Dmitrieva 1996.

  45. Efim Etkind, Georges Nivat, Ilya Serman, Vittoria Strada, Histoire de la littérature russe, tome 2, L'époque de Pouchkine et de Gogol, p. 792, 1996, Fayard.

  46. Georges Nivat, Vers la fin du mythe russe. Essais sur la culture russe de Gogol à nos jours, p. 15, Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne, 1982.

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