Oblomov (original) (raw)

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Oblomov
Image illustrative de l’article Oblomov
Auteur Ivan Gontcharov
Pays Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Genre Roman
Version originale
Langue Russe
Titre Обломов
Lieu de parution Saint-Pétersbourg
Date de parution 1859
Version française
Traducteur Jean Leclère
Éditeur La Boétie
Lieu de parution Bruxelles
Date de parution 1946pour cette première traduction intégrale ; des traductions abrégées étaient parues en 1877 et en 1926
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Oblomov est un roman de l'écrivain russe Ivan Gontcharov, publié en 1859.

Ilya Ilitch Oblomov, un propriétaire terrien habitant Saint-Pétersbourg, cultive comme son bien le plus précieux un penchant naturel à la paresse. D'une aboulie chronique et d'une indécrottable apathie, ce personnage, hanté par la nostalgie d'une enfance idéalisée, heureuse et insouciante, passe ses jours à s'incruster dans son meuble favori, un divan. Même l'amour d'Olga se révèle en définitive insuffisant pour vaincre sa force d'inertie. Oblomov terminera ses jours dans la voie qu'il a choisie : faire corps avec son bien-aimé divan[1].

Le personnage d'Oblomov, qui n'a pas que des défauts – il est présenté également comme quelqu'un de droit et d'honnête[2] – est devenu symbolique en Russie. Le terme d'oblomovisme (russe : обломовщина, oblomovchtchina), que Gontcharov lui-même place dans la bouche de Stolz, l'ami d'Oblomov, tout au long du roman, a été repris par la critique littéraire, notamment par Nikolaï Dobrolioubov, notamment dans son article Qu'est-ce que l'oblomoverie ?.

Les personnages du roman, leurs patronymes, leurs « diminutifs », leurs surnoms, leurs situation et liens[3] :

Des amis et voisins :

Selon Léon Tolstoï, Oblomov est une œuvre capitale. Fiodor Dostoïevski, dont les rapports personnels avec Ivan Gontcharov n'étaient pas excellents, affirme que le récit est « servi par un talent éblouissant ». Ce roman de mœurs fut payé à l'auteur 10 000 roubles par l’éditeur des Annales de la Patrie dans lesquelles il fut publié en 1859. Ce détail suffit à donner une idée de la popularité dont jouissait l’écrivain de son vivant. Son héros est un mythe littéraire russe, aussi présent que Faust ou Don Juan. Oblomov, aristocrate oisif, est dans la culture russe le prototype de l'homme paresseux et médiocre qui a renoncé à ses ambitions pour une léthargie rêveuse, qu'il vit pourtant comme un drame. Le héros du roman de Gontcharov est un jeune aristocrate qui semble incapable de prendre des décisions ou d'effectuer la moindre action importante. Il ne quitte que rarement sa chambre ou son lit.

Considéré comme une satire de la noblesse russe du XIXe siècle, ce roman connut un grand succès en Russie et fait partie de la culture russe. « Oblomov » est dans la langue russe un mot qui désigne une personne inactive, ne parvenant pas à trouver le bonheur. Le nom d'Oblomov provient lui-même du mot russe облом (oblom) « cassure, brisure » : Oblomov est un homme dont le ressort intérieur est cassé[4].

En caractérologie, le personnage d'Oblomov correspond dans la typologie de Le Senne au type amorphe : non émotif, non actif, primaire. C'est le caractère que cet auteur attribue aussi à Jean de La Fontaine[réf. souhaitée].

Une adaptation théâtrale d'Oblomov est écrite et mise en scène au Studio des Champs-Élysées par Marcel Cuvelier en 1963, qui interprète le personnage d'Oblomov. Cette pièce, publiée par L'Avant-scène, est réalisée pour la télévision, du temps du direct, par Roger Kahane.

L'acteur Guillaume Gallienne interprète le rôle titre dans la pièce Oblomov jouée en juin 2013 au théâtre du Vieux Colombier par la troupe de la Comédie Française mise en scène par Volodia Serre[7].

  1. Jean-Claude Simard, Philosophiques, vol. 12, n° 2, 1985, p. 445-451.
  2. Stolz fait en quelque sorte son éloge funèbre tout à la fin du roman en ces termes : « Il n'était pas plus bête que d'autres, c'était une âme pure et claire, comme le verre ; généreux, doux – et il est mort ! »
  3. Gontcharov et Jurgenson 1988
  4. Toutefois, selon Henri Troyat (voir Bibliographie), le nom du héros serait plutôt à rapprocher du mot обломок (oblomok) « morceau, fragment » : Oblomov serait alors « un fragment d'homme, un être incomplet, qui passe son temps à refuser de vivre, pour être sûr de ne pas se tromper » (p.115).
  5. Ivan Gontcharoff, Oblomoff : scènes de la vie russe, traduit de Piotre Artamoff et revue, corrigée et augmentée d'une étude sur l'auteur par Charles Deulin (Paris : Didier, 1877).
  6. Jacques Catteau dans Ivan Gontcharov, Oblomov, suivi de La frégate Pallas, Robert Laffont, 2016, p. xxxv.
  7. « "Oblomov", m.e.s. Volodia Serre, Comédie Française », sur Culturopoing (consulté le 21 mai 2023)
  8. Oblomov, sur arte.tv, consulté le 28 octobre 2017