Patrice Delbourg (original) (raw)

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Patrice Delbourg est un poète, romancier, chroniqueur, critique littéraire et musical français, né à Paris le 7 octobre 1949, qui a publié une quarantaine de romans.

Après l'école primaire de la rue des Quatre-fils, cet enfant du quartier chic du Marais, a poursuivi ses études au lycée Charlemagne, à la Sorbonne puis à l'École Pratique des Hautes Études. Il a fait de ces quartiers de la capitale le décor de nombreux écrits, rejoignant en cela de grands écrivains de Paris, de Robert Desnos à Henri Calet.

Patrice Delbourg fut journaliste aux Nouvelles Littéraires dans les années 1970[1], puis à L’Événement du Jeudi, au Nouvel Observateur, mais aussi animateur d'ateliers d'écriture en milieu sensible, initiateur de lectures théâtralisées dédiées à des auteurs pairs tels que Max Jacob ou Blaise Cendrars.

Il a été membre de l'académie Alphonse Allais et du grand prix de l'Humour noir, lauréat des prix Guillaume-Apollinaire et Max-Jacob. Parmi ses recueils poétiques, plusieurs furent distingués. Génériques a ainsi reçu les Prix de la Société des gens de lettres et Max Jacob ; L'Ampleur du désastre a été distingué par le Prix Guillaume Apollinaire en 1996. Un des critiques du Monde des Livres écrivait alors que « si Delbourg a le vocabulaire de tout le monde, sa façon de juxtaposer les mots est d'une modernité et d'une inventivité particulière. De celles qui font qu'une œuvre est sans pareille, de celles qui font la différence entre le prosateur et le poète »[2].

Il est invité d'honneur de l'Oulipo en 1986[3].

En 2024, Patrice Delbourg est distingué par l'Académie française qui lui décerne, avec une médaille d'argent, le prix Théophile Gauthier pour son recueil Le Singe du side-car paru la même année aux éditions du Castor Astral[4]. Le prix Théophile Gauthier constitué, en 1969, par regroupement des Fondations Archon-Despérouses, Artigue, Jean-Marc Bernard, Jules Davaine, Caroline Jouffroy-Renault, Alfred de Pontécoulant, Amélie Mesureur de Wailly et Juliette de Wils est destiné à des auteurs de poésie lyrique.

« Arpenteur des livres et des chemins de traverse »[5], particulièrement s'ils sont parisiens, Patrice Delbourg nourrit depuis le milieu des années 1970 une riche œuvre de « moraliste frondeur » en s'emparant de sujets aussi variés que la comptabilité des banqueroutes intimes, l'humour noir, la poésie contemporaine, la chanson française, les écrivains irréguliers, le sport ou les jeux télévisés. « L’homme et l’œuvre sont caractéristiques d’une génération amère et désenchantée, ayant mal à son siècle, et qui éprouve une difficulté d’être qu’il faut affronter jour après nuit en ayant recours, le cas échéant, aux tranquillisants. C’est là une poésie au lyrisme lacéré, dont les mots s’alignent, forment un vers pour venir buter sur un blanc : interrogation, silence ? Chaque poème semble être un accouchement difficile ou la narration saccadée d’un témoin de son propre désarroi. »[6]

En 2019, les éditions du Castor Astral publient simultanément un nouveau roman (Fils de chamaille) et une édition revue des Désemparés, véritable dictionnaire des « princes sans rire » (B. Morlino) réunissant le portrait de cinquante-trois auteurs francophones.

En 2022, les mêmes éditions du Castor Astral publient La Banlieue des choses, "une dérive poétique où l'on suit les pérégrinations de Séraphin, un homme touché par les conflits existentiels et qui lutte contre la dépression.- Séraphin n'est pas à son mieux. Il survit d'opportunités, s'habille au décrochez-moi-ça, loge à la bonne franquette. Oui, Séraphin Considérant a connu des jours meilleurs. La vue se trouble comme le fond d'une bouteille, le cœur fait du yo-yo".

Patrice Delbourg est, avec Gérard Mordillat, Henri Cueco, Ricardo Mosner, Jean-Bernard Pouy, Patrice Minet, Lucas Fournier et d’autres, l'un des « papous », autrement dit les chroniqueurs invirés de l’émission de France Culture Des Papous dans la tête, fondée par Bertrand Jérôme et animée par Françoise Treussard.

La notoriété de Patrice Delbourg fait un bond après son article du 5 décembre 1985 dans le news-magazine L'Événement du jeudi, titré « Jean-Jacques Goldman est vraiment nul : l'art de faire le plein avec du vide », lui reprochant son absence de culture musicale comparé à Étienne Daho ou aux Rita Mitsouko[7]. « déchaine les passions et colères »[8].

Un bon millier de lettres de protestations sont reçus et des dizaines d'abonnements résiliés[9] et le journal consacre le 19 décembre dans l'édition suivante un article complet à « L'affaire ( J.-J. ) Goldman »[10], rédigé Judith Saymal, responsable de «L' Événement des lecteurs »[11]. En réponse, le chanteur, se lance dans l'autodérision féroce dont il cultive le goût ensuite: il achète une pleine page de publicité dans Libération et France-Soir, présentant un florilège de ses mauvaises critiques, de L'Express à Rock & Folk, celle de Patrice Delbourg étant intégralement reproduite.

De deux ans plus âgé que Jean-Jacques Goldman, Patrice Delbourg devient « l'ennemi intime » du chanteur, selon le livre d'Éric Jean-Jean en 2021[12]. Cela ne l'empêche pas de poursuivre sa carrière. Dans les Funambules de la ritournelle paru en 2013 aux éditions Écriture[13], il dresse, avec style, le portrait d'une bonne centaine d'auteurs-interprètes, faisant place aussi bien à ceux qu’il aime passionnément qu'à ceux qu’il déteste [14]. L'ouvrage est particulièrement apprécié des amateurs du "couplet-veston"[15].

Patrice Delbourg fait partie, au côté notamment de Jean-Philippe Toussaint, Enki Bilal ou Erri de Luca, des trente artistes européens qui ont contribué à l'exposition « Football de légendes, une histoire européenne. 30 joueurs, 30 photos, 30 écrivains » inaugurée le 9 mai 2016 par le Président de la République[16].

  1. Bio Le Figaro [1]
  2. Pierre Robert Leclecq, « Delbourg sur notre chemin », Le Monde vendredi 2 février 1996, Le Monde des livres, p. 4.
  3. « Invités d'honneur de l'Oulipo », sur oulipo.net (consulté le 11 janvier 2025)
  4. « Prix Théophile Gautier | Académie française », sur Actualitté (consulté le 24 juin 2024)
  5. Pierre Drachline, « Les angoisses fertiles de Delbourg », le Monde,‎ 17 mai 1985
  6. Extrait de la notice de l'Anthologie de la poésie française, sous la direction de Jean Orizet, Larousse, 2007.
  7. Didier Varrod et Christian Page, Goldman : portrait non conforme, P.-M. Favre, 1987, p. 179.
  8. "Ils trouvent Jean-Jacques nul..."[2]
  9. "Nos amis les chanteurs" en 1992 aux Éditions Belles Lettres, par Thierry Séchan [3]
  10. Judith Saymal , « L'affaire ( J.-J. ) Goldman » , L'Événement du jeudi , 19-25 décembre 1985 . 126.
  11. "Les Français sont formidables", par Jean-François Kahn en 1986 aux Editions Balland [4]
  12. "Goldman, une vie en chansons" par Éric Jean-Jean en 2021 chez l'Éditeur:Hugo Document [5]
  13. «Les funambules de la ritournelle», par Patrice Delbourg, en 2013
  14. "«Duteil, c’est sans doute ce que je déteste le plus dans la chanson française» interview dans le quotidien _La Liberté_par Jean Ammann, le 8 décembre 2013 [6]
  15. Benzine, « Les funambules de la ritournelle - Patrice Delbourg », sur Benzine Magazine, 3 juin 2014 (consulté le 27 janvier 2024)
  16. « L'exposition football de légendes, une histoire européenne », sur sortiraparis.com, 10 mai 2016 (consulté le 15 septembre 2016).
  17. « longtemps j'ai cru mon père immortel une lecture de François Siri »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur revue-texture.fr (consulté le 15 mai 2015).
  18. « Les nouvelles pages de Jean-Baptiste Andrea, Nathacha Appanah, Dan Franck, Kevin Lambert… », sur France Inter, 10 décembre 2023 (consulté le 27 janvier 2024)
  19. « Poésie : les lauréats du Prix Alain Bosquet 2024 »
  20. « Le singe du side-car de Patrice Delbourg », sur Le blog de Gilles Pudlowski - Les Pieds dans le Plat (consulté le 24 juin 2024)
  21. « Mémoire sentinelle »
  22. « Le coup de cœur d'Éric Naulleau : « Un soir d'aquarium » », sur parismatch.com, 14 septembre 2011 (consulté le 6 mars 2015).
  23. T.C., « Les Chagrins de l'Arsenal », Le Figaro littéraire, no 21180,‎ 6 septembre 2012, p. 2
  24. « Far West au BHV chronique de Jean-Louis Ezine », sur bibliobs.nouvelobs.com, 27 février 2014 (consulté le 2 mai 2015).
  25. Jérôme Garcin, « Delbourg, quel chantier ! », l'Obs,‎ 30 avril 2015, p.95-97
  26. Pierre Drachline, « La « bibliothèque en miettes » de Patrice Delbourg Les funèbres aventures d'Adrien Blatte, collectionneur de mots », Le Monde,‎ 25 août 1989, p. 10
  27. Sylvie Prioul, « Faire Charlemagne », L'Obs,‎ 15 septembre 2016, p.104
  28. « Le blog de Gilles Pudlowski », sur Les Pieds dans le Plat, 31 août 2017 (consulté le 6 septembre 2017).
  29. Jérôme Garcin, « Alceste à bicyclette », l'Obs,‎ 2 novembre 2017, p.93
  30. Jérôme Garcin, « Quand Patrice Delbourg habille pour l'hiver un jeune éditeur ambitieux », Quand Patrice Delbourg habille pour l'hiver un jeune éditeur ambitieux,‎ 14 février 2019
  31. « Patrice Delbourg, Fils de Chamaille », sur lelitteraire.com, 8 février 2019.
  32. Bernard Morlino, « Le dictionnaire "des princes sans rire" », Le Figaro littéraire,‎ 11 septembre 2008, p.6
  33. Michel Contat, « De braise et de cendres », Le Monde des Livres,‎ 15 octobre 2010, p. 7
  34. « L'amoureux des jeux de maux, chronique de Bernard Morlino », sur Servicelittéraire.fr, 5 janvier 2014 (consulté le 2 mai 2015).
  35. Jean-Claude Raspiengeas, « Max Jacob, druide cubiste », la Croix, no no. 39817,‎ 22 février 2014, page 20
  36. Philippe Faner, « Delbourg et Pussey, malades imaginaires », La Provence, rubrique livres,‎ 28 décembre 2014, pages livres
  37. « Les Désemparés », sur castorastral.com (consulté le 12 janvier 2020).