Paul Duplessis (original) (raw)

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Paul Duplessis, né Paul Du Plessis-Pégasse à Châteaugiron le 28 mars 1819 et mort à Paris 9e le 11 juillet 1861, est un écrivain français.

Fils de Germain Pierre Marie Louis Du Plessis-Pégasse, propriétaire, et de Françoise Julienne de la Barre de Nanteuil, son épouse, Paul Du Plessis-Pégasse[Note 1] naît à Châteaugiron en 1819[1].

Il publie, sous le nom de Paul Duplessis, plusieurs romans d'aventures, ainsi que de nombreuses poésies populaires et pièces de théâtre.

Dans Les Chercheurs d'or du Sacramento, Paul Duplessis met en scène la ruée vers l'or en Californie[2]. Selon Simon Jeune, il s'agit d'un « mélodrame insignifiant »[3].

Émile Chevalet, écrivain contemporain de Duplessis, juge ainsi le roman de Duplessis intitulé Les Boucaniers : « Voilà un roman qui se lit avec la même voracité que les Trois Mousquetaires ou Monte-Christo et qui est traité absolument dans les mêmes conditions. Dire cela, c'est faire à la fois l'éloge et la critique des Boucaniers »[4].

Dans son roman Les Mormons, en plusieurs volumes et atteignant 1600 pages, Paul Duplessis raconte l'enlèvement de deux sœurs parisiennes par les mormons et leur délivrance par leur frère. Ce roman est l'occasion de décrire l'Ouest américain et les mœurs des mormons[5],[6],[7].

Paul Duplessis voyage au Mexique, dans la Sonora, ce qui nourrit ses récits, qui peuvent être considérés comme participant d'une préfiguration de l'intervention française au Mexique[8],[9]. Il met à profit l'intérêt du public français pour la Californie et le Mexique pour y situer les aventures de ses personnages des Aventures mexicaines, de La Sonora et du Batteur d'estrade[3].

Dans Les Peaux-Rouges, on trouve un ensemble de récits d'aventures et de guerres indiennes[5]. On y rencontre également des animaux sauvages comme le grizzly, dépeint comme particulièrement cruel[10].

Les romans d'aventures de Paul Duplessis s'inscrivent dans un courant, également illustré par Gustave Aimard, qui se situe dans le sillage de Fenimore Cooper et offre aux lecteurs français une Amérique rêvée, que les Français s'approprient par l'imaginaire[11]. C'est dans ses romans, comme dans ceux d'Émile-Henri Chevalier et de Gustave Aimard et dans les récits de Gabriel Ferry et de Louis-Xavier Eyma, que se constitue l'image que les Français se font des Apaches[9]. Les romans de Paul Duplessis participent donc de la constitution d'une culture de masse française de l'Ouest américain[12],[5].

Il meurt à Paris[Note 2] à l'âge de 42 ans[13]. Il est inhumé trois jours plus tard au cimetière de Montmartre[14].

  1. Contrairement à celui de son père, son patronyme est écrit « Duplessis-Pégasse » en marge de son acte de naissance.

  2. Domicilié 55, rue Lafayette, il décède 42, rue des Martyrs, Paris 9e.

  3. Acte de naissance no 26, 29 mars 1819, Châteaugiron, Archives d'Ille-et-Vilaine [lire en ligne] (vue 8/19)

  4. (en) Malcolm J. Rohrbough, Rush to Gold: The French and the California Gold Rush, 1848–1854, New Haven, Yale, 2013.

  5. a et b Simon Jeune, De F. T. Graindorge à A. O. Barnabooth : les types américains dans le roman et le théâtre français (1861-1917) (Thèse pour le doctorat ès lettres), Paris, Didier, 1953 (lire en ligne), p. 26.

  6. Émile Chevalet, Les 365. Annuaire de la littérature et des auteurs contemporains, par le dernier d'entre eux, Paris, Gustave Havard, 1858, 371 p. (lire en ligne), p. 184.

  7. a b et c (en) Richard H. Cracroft, « World Westerns: The European Writer and The American West », Western American Literature, vol. 20, no 2,‎ 1985, p. 111–132 (ISSN 0043-3462, lire en ligne, consulté le 3 avril 2023).

  8. (en) Wilfried Decoo, « The Image of Mormonism in French Literature: Part I », Brigham Young University Studies, vol. 14, no 2,‎ 1974, p. 157-175 (lire en ligne).

  9. Claude Fohlen, « Les Mormons vus par les Français », Revue française d'études américaines, no 12,‎ 1981, p. 223–234 (ISSN 0397-7870, lire en ligne, consulté le 3 avril 2023).

  10. (es) Margarita M. Helguera, « Posibles antecedentes de la Intervención Francesa », Historia Mexicana, vol. 15, no 1,‎ 1965, p. 1-24 (lire en ligne).

  11. a et b Dominique Kalifa, « Archéologie de l’Apachisme. Les représentations des Peaux-Rouges dans la France du XIXe siècle », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière ». Le Temps de l'histoire, no 4,‎ 15 novembre 2002, p. 19–37 (ISSN 1287-2431, DOI 10.4000/rhei.51, lire en ligne, consulté le 3 avril 2023).

  12. (en) Ray A. Billington, « The Plains and Deserts Through European Eyes », The Western Historical Quarterly, vol. 10, no 4,‎ 1979, p. 467–487 (ISSN 0043-3810, DOI 10.2307/968086, lire en ligne, consulté le 3 avril 2023).

  13. Rémi Ferland, « Rêver la Nouvelle-France au XIXe siècle », Tangence, no 90,‎ 2009, p. 71–87 (ISSN 1189-4563 et 1710-0305, DOI 10.7202/044341ar, lire en ligne, consulté le 3 avril 2023).

  14. Tangi Villerbu, La conquête de l'Ouest: Le récit français de la nation américaine au XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, 308 p. (ISBN 978-2-7535-0352-6 et 978-2-7535-2996-0, DOI 10.4000/books.pur.6251, lire en ligne), p. 95-140.

  15. Acte de décès no 932, 12 juillet 1861, Paris 9e, Archives de Paris.

  16. Registre journalier d'inhumation, 14 juillet 1861, cimetière de Montmartre, Archives de Paris