Paul de Kock (original) (raw)

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Charles-Paul de Kock est un romancier, auteur dramatique et librettiste français, né le 21 mai 1793 à Passy et mort le 29 août 1871 dans le 10e arrondissement de Paris[1].

Paul de Kock est le fils d'un banquier hollandais, Jean Conrad de Kock, qui fut guillotiné sous la Révolution et d'Anne Barbe Kosseler de Fontaine (parfois nommée Anna Maria Kirsberger)[2].

Romancier populaire, fécond et truculent, il peignit les petites gens de Paris. Sa vogue, en France et à l'étranger, fut très grande.

De Kock resta assez fidèle, dans ses premières années, à ses éditeurs les Barba (père et fils), puis, vers la fin de sa carrière, à Ferdinand Sartorius. Entre-temps, dans les années 1840 et 1850, « il vendit à differents libraires, et souvent à des prix énormes »[3]. Après sa mort, ses œuvres furent rééditées à de nombreuses reprises, surtout dans des formats bon marché, et notamment par Jules Rouff (successeur de la maison Barba). Entre autres, Rouff publia une édition complète en 296 fascicules à quelques centimes chacun, qui connut un important succès[4].

De Kock est également l'auteur de près de deux cents drames et vaudevilles.

Paul de Kock était à ses heures chansonnier. Mais s'il semblait faire peu de cas de sa « petite muse », cela ne l'empêcha pas de produire une quantité respectable d’œuvres, dont la plus célèbre, Madame Arthur, écrite vers 1850 et chantée par Yvette Guilbert, fut un grand succès dans les années 1920. Il avait écrit la musique de quantités de chansons et de chansonnettes qui, pendant des années, avaient défrayé les intermèdes de représentations à bénéfice et de cafés-concerts, dont une pochade intitulée : Le Concert monstre, qui eut la gloire d'être mis en quadrille à grand orchestre aux concerts du « Jardin Turc », situé sur le boulevard du Temple, par Louis-Antoine Jullien, Le Maître d'école et Le Caissier, que Pierre Levassor et Joseph Kelm interprétèrent[5].

Chateaubriand aurait dit de lui chez Madame Récamier : « Paul de Kock est consolant, jamais il ne présente l'humanité sous le point de vue qui attriste ; avec lui on rit et on espère. »

Selon Yves Olivier-Martin, de Kock a réalisé ses meilleures œuvres avant le milieu du siècle : « 1850 est pour lui le début du déclin. Il aborda en vain le roman-fleuve, tentant de concurrencer Ponson du Terrail. »[6]

Paul de Kock meurt le 29 août 1871 à son domicile du boulevard Saint-Martin, dans le 10e arrondissement de Paris[7]. Il est inhumé au cimetière communal des Lilas.

Son fils, Henri de Kock (1819-1892), fut aussi romancier et auteur dramatique. De sa relation avec la comédienne de théâtre Francesca Casadesus dite Ramadié, il est le père de Luis Casadesus (1850-1919), ancêtre de la Famille Casadesus[8].

Caricature par André Gill
parue dans La Lune en 1867.

Liste non exhaustive, principalement d'après le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, et d'Eugène de Mirecourt, Paul de Kock (Paris : Gustave Havard, 1855), nº24 de la série Les Contemporains. En principe, la liste montre la première édition française, mais il peut y avoir des erreurs.

Les romans de Paul de Kock sont évoqués dans Jocaste et le Chat maigre (1878), une nouvelle d'Anatole France, six romans de Fiodor Dostoïevski : Les Pauvres Gens[16] (1846), Le Joueur, Carnet d'un Inconnu, L'Idiot, Les Démons (page 19 de l'édition La Pléiade) et Les Frères Karamazov, Nid de gentilhomme d'Ivan Tourgueniev ainsi que dans une nouvelle de Guy de Maupassant, Mots d'amour (parue dans Gil Blas en 1882), et dans Contes grivois en 1993.

Paul de Kock est nommé par Alphonse Daudet dans Lettres de mon moulin : À Milianah, notes de voyage.

Paul de Kock est évoqué dans les Mémoires de Pierre François Lacenaire, et dans plusieurs pastiches de La Négresse blonde de Georges Fourest.

De Kock est mentionné dans le roman Paris au Vingtième Siècle de Jules Verne comme le seul auteur du dix-neuvième siècle dont les œuvres se rencontrent à la librairie.

François Coppée et Paul Verlaine évoquent Paul de Kock dans l'Abum zutique :

« J'ai, non sans quelque aplomb qu'on ne saurait nier,

Dirigé cette danse exquise du panier

Dont Paul de Kock nous parle en mainte parabole. »

— Paul Verlaine, Album zutique, « Vieux Coppées [17] »

Dans La Peau de chagrin de Balzac, Paul de Kock est brièvement présenté, à l'instar de Labiche, comme un auteur comique. Balzac cite également son nom dans Illusions perdues, II. (coll. de la Pléiade, p. 351) : deux exemplaires du second ouvrage d'un commerçant, Paul de Kock.

Il est fait allusion aux romans de Paul de Kock dans Pendennis de Thackeray (paru sous forme de feuilleton en 1848-1850), dans Un Américain bien tranquille de Graham Greene, également dans Thérèse Desqueyroux de François Mauriac (une note en bas de page de l'édition de poche de 1989 présente Paul de Kock comme un « romancier fécond mais artiste médiocre n'étant pas passé à la postérité »), ainsi que, sous le nom de « Poile de Coque », dans la pièce du répertoire de Guignol L'Instruction obligatoire de Jérôme Coquard (Adrien Storck)[18].

Dans Ba-ta-clan, opérette de Ludovic Halévy et Jacques Offenbach, de 1855, l'héroïne (supposée chinoise) Fé-an-nich-ton révèle son origine française en lisant un roman de Paul de Kock.

Le roman de Paul de Kock Gustave, le mauvais sujet est mentionné par Maurice Maeterlinck dans Bulles bleues, son livre de souvenirs.

La comédie-vaudeville L'académicien de Pontoise (1848) d'Antoine-François Varner et Varin mentionne à propos des romans de Paul de Kock que « ça l' [l'élève du précepteur] amuse !.. Je ne sais pas si ça lui apprend la chimie... mais ça lui apprend à rire, ce qui est un joli talent pour un Anglais !..»[19].

Dans le tome IV, livre sixième, chapitre II des Misérables de Victor Hugo, Gavroche dit aux deux mômes qu'il a recueillis : « Nous n'avons pas le temps de lire des romans de monsieur Paul de Kock ».

Auguste Dalville, héros de La Laitière de Montfermeil, est mentionné par Jules Romains dans Les Hommes de bonne volonté (volume 22 Les Travaux et les Joies, chapitre XXXIV) à propos de la ville d'Avallon.

Dans sa chronique dramatique du 16 mars 1914, Paul Léautaud a écrit : « J’ai lu de très bonne heure — j’avais à peine douze ans, je crois — et bien des choses, souvent très différentes. Paul de Kock y voisinait avec Molière et Regnard, Diderot, [...] avec Erckmann-Chatrian, Walter Scott avec toutes les pièces de théâtre du vieux boulevard du Temple. »

L’Ulysse (1922) de James Joyce comporte des allusions à Paul de Kock, entre autres dans les épisodes de Calypso, des sirènes et de Circé (où le roman « La Fille aux trois jupons » est cité).

Dans Nord (1960) de Louis-Ferdinand Céline, le baron von Leiden qui héberge le héros ne veut plus lire que du Paul de Kock.

Le château de Compiègne conserve un Portrait de Paul de Kock gravé par Eugène Leguay[20].

Plusieurs endroits lui rendent hommage : la rue Paul-de-Kock dans le 19e arrondissement de Paris, la rue Paul-de-Kock au Pré-Saint-Gervais, la rue Paul-de-Kock et le square Paul-de-Kock à Romainville.

En 1925, toute la presse a annoncé qu'une voie située à Belleville dans un lotissement nouveau appartenant à MM. Charles Pélissier et Nanquette allait être baptisée du nom de Paul de Kock. Cette initiative est due au journaliste Maurice Hamel qui a voué un véritable culte au malicieux et charmant auteur du Cocu, de Papa beaupère[21].

« On ne peut point ne pas songer à Paul de Kock quand on évoque Belleville, ses grisettes amoureuses et ingénues, ses petits employés épris de farces et de bonnes et franches lippées, Belleville qui était alors une banlieue de Paris, avec des tonnelles et des guinguettes, où, le dimanche, s'esbaudissaient les jeunes gens en liesse. Paul de Kock avait à Romainville — à deux pas de là — sa petite propriété, et il célébra Belleville en écrivant un roman exquis : La Pucelle de Belleville. »

Maurice Hamel fonde une société qui prend le nom de « La Société des Amis de Paul de Kock », dont M. Clément Vautel a accepté la présidence d'honneur d'un comité d'organisation constitué pour l'érection d'un buste à Paul de Kock dont la commande sera faite à un jeune sculpteur Émile Lerov sic (Leroy)[21].

« La Société des Amis de Paul de Kock qui, pour réunir les fonds nécessaires organisera des fêtes vraiment joyeuses[22] auxquelles, cela va sans dire ne seront pas conviés les esthètes de l'école proustienne et gidarde. on y verra d'ailleurs d'accortes grisettes et c'est un genre que ne les intéresse pas du tout. »

Le monument est inauguré le 8 juillet 1928, square Paul-de-Kock aux Lilas[23],[24], non loin du jardin où Paul de Kock avait aménagé un théâtre de verdure, à l'endroit de l'actuel Théâtre du Garde-Chasse.

  1. Contenu des Moeurs parisiennes : À bon chat, bon rat ; Deux Marise ; Edmond et sa cousine ; L'Amour médecin ; La Journée d'un homme de lettres ; Le Jardin Turc ; Le Maître d'école de Couberon ; Le Signe secret ; Le Vieillard de la rue Mouffetard ; Les Bords du canal ; Les Concerts d'Amateurs ; Les Croix et le vent ; Les Enfants de Marie ; Les Grisettes ; Les Mésaventures d'un Anglais ; Les Parisiens au chemin de fer ; Les Petites Voitures jaunes ; Recette pour faire un mariage ; Un bal costumé ; Un bal de grisettes ; Un homme à marier ; Un lutin ; Un mari perdu ; Un Parisien dans l'Andalousie ; Un secret ; Un tour de grisettes ; Une fête aux environs de Paris ; Une fin d'année ; Une journée de bonheur ; Une maison où l'on a peur ; Une partie de plaisir ; Une soirée bourgeoise.

  2. Contenu de Mon ami Piffard, et Chipolata : Chipolata (Paris avant et après dîner) ; La Rotonde du temple et les marchands d'habit ; Le Parterre d'un théâtre ; Le Pensionnat en voitures ; Les Bonnes de Madame Bouracand ; Les Cafés ; Les Maris (Physiologie de l'homme marié) ; Les Messageries ; Les Orgues de Barbarie et la lanterne magique ; Mon ami Piffard ; Petit-Trick le Breton, ou Ce qui ne se perd jamais ; Un monsieur qui veut être maire ; Une répétition au théâtre. Note : Le titre « Chipolata » figure sur la couverture et la page de titre, mais dans le texte, la nouvelle conserve le titre de « Paris avant et après dîner ».

  3. Acte de décès à Paris 10e, n° 7301, vue 12/14.

  4. Mairie de Passy, Acte de naissance reconstitué, sur Archives de Paris, 21 mai 1793 (consulté le 3 mars 2021), vues 38-40.

  5. Eugène de Mirecourt, Paul de Kock (Paris : Gustave Havard, 1855), nº24 de la série Les Contemporains, p. 35.

  6. Oeuvres illustrées de Paul de Kock (Paris : Jules Rouff, 1902–1905), Notice bibliographique, Bibliothèque nationale de France. Consulté 19 janvier 2026.

  7. « Comœdia », 13 novembre 1932 sur Gallica

  8. Yves Olivier-Martin, Histoire du Roman Populaire en France, de 1840 à 1980 (Paris : Albin Michel, 1980) p. 50–51.

  9. Polybiblion, Paris, septembre 1871, vol.VI-15, p.202

  10. Frédérick Casadesus, Les Casadesus : une communauté de destins, Paris, Éditions du Cerf, 2022, 215 p. (ISBN 978-2-204-13176-6, lire en ligne).

  11. a et b « Paul de Kock à ses lecteurs », dans Georgette (Paris : Gustave Barba, s.d.), coll. « Romans populaires illustrés », p. 1.

  12. Mirecourt, p. 23–24.

  13. Yves Olivier-Martin, p. 47.

  14. Paul de Kock, Mémoires de Ch. Paul de Kock, écrits par lui-même (Paris : Édouard Dentu, 1873), p. 170.

  15. Mirecourt, p. 35 note.

  16. Mirecourt, p. 25–26 note.

  17. Mirecourt, p. 26.

  18. Dostoïevsky fait dire à l'un de ses personnages que la lecture de romans de De Kock n'est pas recommandable : Fiodor Dostoïevski (trad. du russe par Victor Derély, préf. Victor Derély), Les Pauvres Gens, Paris, Librairie Plon, 1888, 275 p. (lire sur Wikisource, lire en ligne), p. 118.

  19. Paul Verlaine, Œuvres poétiques complètes, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1962, page 166

  20. L'instruction obligatoire : pièce en un acte par Jérôme Coquard (Adrien Storck) sur Gallica.

  21. « Varner et Varin,L'Académicien de Pontoise, Beck, Paris, 1848. »

  22. Château de Compiègne, le portrait de Paul de Kock dans les collections

  23. a et b « Comœdia », 7 juillet 1926 sur Gallica

  24. « Comœdia », 26 septembre 1926 sur Gallica

  25. « Comœdia », 5 juillet 1928 sur Gallica

  26. « Comœdia », 9 juillet 1928 sur Gallica