Jacques Le Goff, À la recherche du temps sacré. Jacques de Voragine et la Légende dorée (original) (raw)
1Selon la nouvelle interprétation proposée dans cet essai, la Légende dorée «n’est pas principalement un légendier, c’est-à-dire un catalogue hagiographique» (p. 39), l’ouvrage est beaucoup plus ambitieux: «son objectif est de construire une somme qui donne la signification du temps humain» (p. 33) et le sacralise. Compte-tenu de sa diffusion – un millier de manuscrits conservés, nombre inférieur seulement à celui des manuscrits de la Bible –, «son importance dans la construction du temps chrétien» (p. 30) et dans «l’élaboration de la culture européenne» (quatrième de couverture) parait déterminante. En s’appuyant «surtout sur une lecture directe du texte» (p. 237), Jacques Le Goff se propose donc de montrer comment Jacques de Voragine parvient «à ce temps total par la combinaison de trois types de temps» (p. 11): le temporal – le temps de la liturgie chrétienne –, le sanctoral – le temps marqué par la succession de la vie des saints – et le temps eschatologique.
2Après l’introduction, qui retrace la biographie de Jacques de Voragine, les premiers chapitres présentent ses inspirateurs et, de manière synthétique, le temporal et le sanctoral. L’ouvrage est constitué ensuite d’une lecture commentée du texte, dans son organisation liturgique et à travers les figures des principaux saints, qui ont un rôle essentiel, «celui de marqueurs du temps» (p. 12). Les notes (pp. 239-248) et la bibliographie (pp. 249-258) complètent le volume.