L'histoire du saxophone - Guillaume Janin (original) (raw)
L’histoire d’un instrument nouveau et inouï : le saxophone
Chapitre 2 : les années 1845-1848.
La période 1845–1848 est importante voire déterminante puisque, selon Constant Pierre, c’est au cours de celle-ci que la facture instrumentale parisienne est la plus intense, dont l’apogée se situera en 1847(1) . En effet, il recense deux cent cinquante-neuf facteurs d’instrument dont trente-neuf spécialisés dans les instruments à vent (bois et cuivre) à la fin du règne de Louis‑Philippe Ier. Cependant, la chute de la Monarchie de Juillet et par conséquent la proclamation de la IIe République(2) va bouleverser le paysage de la facture instrumentale. Cette crise politique et économique va engendrer une chute de la production des instruments et de ce fait, une chute du chiffre d’affaires ce qui conduira à des licenciements massifs dans les manufactures. Cette période marquera également la fuite de certains facteurs pour d’autres pays comme l’Angleterre pour éviter la faillite mais aussi échapper au nouveau régiment et les menaces de représailles pour les facteurs collaborant avec les musiques de l’ancien régiment.
Pour Adolphe Sax, cette période est aussi décisive. Ces trois années lui offriront des victoires précieuses (que nous détaillerons par la suite) comme l’adoption de son orchestration militaire, sa loi des proportions, le brevet d’invention du saxophone en 1846 qui donnera également lieu à la création de la première classe de saxophone au Gymnase Militaire de Musique de Paris. Toutefois, la chute de la monarchie française sera lourde de conséquence pour le père du saxophone.
Le manufacturier, installé à Paris depuis 1842, attire l’attention du monde musical par la qualité de ses instruments et aussi par sa volonté de réformer la musique militaire (c’est en ce sens, rappelons le, que le Comte de Rumigny l’avait invité à se rendre à Paris). Le 11 mars 1845, Sax propose une réorganisation de l’effectif militaire qui s’oppose au modèle Carafa(3) en usage à l’époque. Cette suggestion, fit selon Berlioz, l’effet d’une bombe à Paris.
[…] De làs, des inquiétudes, des terreurs, des menaces, des protestations d’une vivacité singulière, qui surgissent de la foule des intérêts lésés ou compromis par cette mesure, si elle est adoptée, mettent en prise les rivalités les plus âpres entre toutes, et placent face à face la force motrice des idées nouvelles et la force d’inertie de la routine et des préjugés […].(4)
Encore une fois, Berlioz ne déroge pas à sa règle de critiquer le conservatisme français, à propos de la musique, Le compositeur de la Symphonie fantastique n’en est pas à son premier pamphlet afférent à ses contemporains(5) . Cette courte citation démontre que son amitié pour Sax (qu’il défend ardemment tout au long de sa vie) repose également sur la façon visionnaire du facteur belge. Cependant, cet article (paru le 1er avril 1845) nous dévoile aussi la guerre lancée contre Sax à propos de ses inventions vis à vis des autres facteurs parisiens. En effet, la réorganisation militaire n’est pas uniquement un problème musical mais également économique. Si, comme le souhaite Sax, sa réforme est acceptée par le ministre de la Guerre, cela semble signifier qu’il sera le facteur officiel et par conséquent, écartera de ce marché l’ensemble des autres facteurs. Cette nouvelle idée alimente le conflit déjà débuté par la réforme de la fabrication des instruments (cf. le premier article).
Afin de comparer les deux formations, une « joute » musicale fut programmée le 22 avril 1845 au Champ de Mars(6). Nous remarquerons, à cette occasion, que le lieu n’est pas choisir au hasard. Il est certain que cette place est privilégiée puisqu’elle est spécialement conçue pour les exercices militaires. En revanche, nous pouvons également penser que ce lieu privilégiera l’orchestration de Carafa qui préconise plus d’instrumentistes que celle d’Adolphe Sax.
[…] Les professeurs et élèves du gymnase militaire de musique, dirigés par Carafa, étaient chargés de faire valoir l’ancien système ; le nombre de ses artistes était de quarante-cinq ; celui des musiciens réunis par Sax ne s’élevait qu’à trente-huit ; néanmoins, l’avantage du nouveau système sur l’ancien ne pouvait être douteux, dans un vaste emplacement en plein air, puisqu’il ne s’agissait que de puissance sonore. Plus de vingt milles personnes assistaient à cette séance. Le triomphe de Sax fut complet dans l’opinion de cet auditoire car des applaudissements enthousiastes éclatèrent de tout parts […]. (7) »
Le 9 août 1845, le ministre de la Guerre, suite à cette victoire d’Adolphe Sax, signe la réforme de la réorganisation de la musique militaire en France(8) .
C’est au cours de cette même année que Sax explique sa théorie des proportions lors de la demande de dépôt du brevet pour le saxtromba(9) :

« Les proportions sont les lois qui régissent et constituent la nature des instruments, ce n’est pas, leur forme qui leur donne leur voix, leur qualité de timbre : ce sont les seules proportions. Ces proportions sont donc différentes pour chaque espèce d’instruments ; ce sont elles qui font qu’un cor n’est pas une trompette, qu’un bugle n’est pas un saxtromba. Et mes adversaires osent répéter à la Cour [Sax semble parler de la coalition des facteurs qui ont déposé une plainte contre lui] ce qu’ils disaient aux experts, à savoir que, loin d’être une loi fondamentale, les proportions sont sans importance, et qu’ils sont appelés à les modifier, suivant les exigences des artistes ! Mais, en niant la nécessité des proportions, les malheureux sont obligés de s’y soumettre, car, sans cela, ils ne pourraient pas fabriquer d’instruments ; seulement, en suivant par routine un patron, produit de l’arbitraire ou de tâtonnements, ils font de la proportion sans le savoir(10) . »
Ce n’est pas le fruit du hasard si Sax se lance dans une grande campagne de dépôts de brevet puisque, pour respecter ses engagements envers l’État, il doit protéger ses nouveaux instruments ou ses perfectionnements. Cette théorie semble démontrer deux aspects de la facture instrumentale. Le premier est la faiblesse des facteurs d’instrument en France qui corrobore les propos de Berlioz ou encore de Fétis sur la qualité médiocre et le retard des facteurs français. Le second aspect est la spécificité de chaque instrument. Sax démontre avec brio d’où vient le problème des instruments en France. Ceci montre également l’avance qu’à ce facteur par rapport à son temps.
Avant de commencer l’analyse du premier brevet relatif à la famille des saxophones, interrogeons-nous sur les motivations qui conduisirent Sax à retarder le dépôt de son brevet à la date du 21 mars 1846 alors que l’ensemble des compositeurs s’exprimant à propos de l’instrument semble conquis par la sonorité et les nouvelles possibilités qu’apporte cette voix inouïe. Constatons, en outre, que le saxophone ne serait pas le premier ni le seul instrument breveté par Sax. Le 13 octobre 1845 Sax fait une demande pour l’obtention d’un brevet afin de protéger le saxtromba. Ainsi, est-il possible compte tenu des coûts relatifs (11) aux dépôts des brevets d’inventions que Sax souhaitât en répartir les frais dans le temps afin de ne pas perdre ses brevets pour non-paiement des annuités consenties. D’autre part, bien que le saxophone soit présenté avec pour corollaire les critiques positives auxquels Carafa lui‑même sembla adhérer aux termes d’une lettre, selon Kastner qui la rapporte dans son Manuel adressée aux facteurs. Carafa y remarque spécialement à propos de la clarinette ou de la clarinette-basse « les perfectionnements ingénieux(12) ». Notons qu’il ne mentionne pas le saxophone, nous envisageons aussi que l’instrument (ou la famille) n’était pas encore totalement mis au point. Cependant, l’explication la plus plausible nous semble pourvoir tenir dans le défi que Sax lança en 1845 à une coalition de facteurs d’instrument qui :
[…]prétendait connaître le saxophone, de fabriquer un seul instrument de ce type au cours de l’année à venir(13) . »
Notons à cette occasion que cette coalition semble orchestrée par certains facteurs qui n’hésiteraient pas à déposer plus tard des brevets pour le perfectionnement du saxophone (tel Gautrot par exemple).
Une dernière théorie, non prouvée, mais tout de même à envisager serait que Sax ne se rendit compte de l’importance de sa découverte que par les critiques positives qui affluent à propos du saxophone et que l’idée de breveter son nouvel instrument ne soit venue que plus tard.
L’année 1846 est, pour le saxophone, essentielle puisque c’est au cours de celle-ci qu’Adolphe Sax dépose le premier brevet « officialisant » par la même occasion la naissance du saxophone. Selon les constatations d’Adolphe Sax,
Les instruments à vent sont trop durs ou trop mous comme sonorité ; c’est particulièrement vrai dans les basses que l’un ou l’autre de ces défauts est leplus sensible. L’ophicléide, par exemple, qui renforce les trombones, produits un son d’une nature si désagréable [notons que ce constat a déjà été mentionné par Berlioz(14) ] qu’on est obligé de le bannir des salles fermées, faute de pouvoir en modifier le timbre. Le basson, au contraire, rend un son si faible qu’on ne peut l’employer que pour des parties de remplissage […] (15) .»
Cette idée semble novatrice, cependant constatons que les principes sont déjà connus à l’époque. Le concept original n’est donc pas de créer un instrument totalement nouveau mais plutôt d’assembler deux éléments existants : l’emploi d’un corps sonore puissant (celui de l’ophicléide) et l’ajout d’un bec afin de pallier les défauts connus jusqu’alors.
Ce brevet n° 3 226 est déposé le 21 mars 1846 et validé le 21 juin(16) suivant. Nous avons expliqué ci-dessus les constatations qui ont amené Sax à inventer ce nouvel instrument. En effet :
Frappé de ces divers inconvénients [le manque de puissance ou de justesse des instruments graves Sax a cherché] le moyen d’y remédier en créant un instrument qui, par le caractère de sa voix, fût se rapprocher des instruments à cordes, mais qui possédât plus de force et d’intensité que ces derniers. Cet instrument c’est le saxophone […]. Je l’ai fait de cuivre et en forme d’un cône parabolique(17) . »
La première remarque qui semble pourtant a priori anodine dans l’histoire de l’évolution de l’instrument est son nom. En effet, nous nous sommes aperçus, via les premiers articles de Berlioz, spécialement celui du 12 juin 1842 que le compositeur romantique prive le saxophone de son « e » final, alors que Sax utilise l’orthographe que nous connaissons. Le même brevet nous apporte d’autres informations plus importantes sinon fondamentales concernant l’instrument. En effet, Sax, à plusieurs reprises, précise que :
Le saxophone est susceptible de modifier ses sons afin de leurs donner les qualités qui viennent d’être mentionnées [une justesse parfaite et une utilisation aussi bien en salle qu’à l’extérieur] & de leur conserver une égalité parfaite dans toute leur étendu (18). »
De plus, il indique que l’instrument est fabriqué en cuivre. Il n’est pas certain que le cuivre soit l’unique matériau utilisé mais vraisemblablement le plus fréquent dans les alliages employés : par exemple, le laiton qui est un mélange de cuivre et de zinc, le maillechort que l’on obtient en associant au laiton du nickel. Cela permet d’alléger les instruments et en effet, par rapport aux saxophones actuels, constatons que ceux du xixe siècle semblent plus légers(19) . 
Planche ajoutée au brevet et représentant les instruments de Sax
Cette planche illustre la famille des saxophones telle qu’elle est présentée en 1846. Selon Sax, les noms sont les suivants :
N°1 : saxophone en mi bémol ténor dont la note la plus grave est si (en mi bémol) ;
N°2 : saxophone en ut dont la note la plus grave est le si bémol ;
N°3 : saxophone contrebasse en sol ou en la bémol ;
N°4 : saxophone bourdon en ut ou en si bémol.
Les instruments nos 5, 6, 7 et 8 sont dans les mêmes tons mais à l’octave supérieure. C’est-à-dire que le saxophone no 5 serait en mi bémol, le saxophone no 6 serait en ut, le no 7 serait en sol et le numéro 8 serait en ut en ou si bémol. Sax ne mentionne pas les noms de ces quatre derniers saxophones. Ajoutons que nos avis sont ici quelque peu instables car ils demeurent fondés sur des approximations qui proviennent du fait que Sax lui-même reste vague à propos des tonalités des autres instruments. Toutefois, grâce à ces dessins, nous pouvons différencier deux sortes de saxophones : ceux dont l’apparence est issue de celle de l’ophicléide (nos 2, 3 et 4) et ceux dont la forme est semblable aux saxophones actuels (nos 1, 5, 6, 7 et 8). Les saxophones d’apparence « ophicléidienne » semblent être les instruments les plus graves de la famille des saxophones et, si nous nous fondons sur le texte Berlioz du 12 juin 1842, certainement les premiers conçus par Sax. En nous appuyant sur le même texte, il est probable que le saxophone présenté à l’occasion de la rencontre avec le compositeur soit le no 2. En effet, il est le seul qui semble descendre au si bémol (en sons réels, dits « en ut »).
La suite du brevet décrit les doigtés de l’instrument. Même si cela peut paraître évident, il nous semble important de rappeler que pour obtenir la note la plus grave, il faut fermer toutes les clefs. Dans le domaine du clétage, relevons que le saxophone est construit par demi-ton. Précisions que Sax eût l’idée de les unifier de manière que tous les saxophonistes puissent pratiquer leur art sur tous les saxophones. Notons tout de même qu’un temps d’adaptation est nécessaire dû au fait que le bec est de dimension différente selon le saxophone. Ces instruments de 1846 possèdent vingt clefs, c’est-à-dire une de plus que le saxophone décrit par Berlioz. Il est difficile de savoir quelle clef a été ajoutée entre ces deux périodes. Cependant, l’hypothèse qui nous paraît la plus admissible envisage l’ajout de la clef du _ré_5 dièse. Nous n’avons aucune précision en ce qui concerne les doigtés. En revanche, le brevet(20) suivant donne à constater que la main gauche doit fermer six trous, qui sont : ceux du sol dièse, du la, du la dièse du si, du do et du do dièse. Par déduction, la main droite, quant à elle, semble alors chargée d’actionner les huit autres notes du sol au do. Nous n’avons pas davantage de détails quant à l’utilisation des doigts. Pour finir, Sax explique la construction du bec (dessin no 9). À propos de ce dernier, nous lisons parmi les articles contemporains de ceux de Berlioz, Kastner ou encore Fétis, que le saxophone possède un bec de clarinette basse. Certes, l’apparence et le fonctionnement (c’est-à-dire l’utilisation d’une anche simple maintenue sur bec par une ligature) et le matériau (comme le bois) paraissent identiques. Cependant, plusieurs éléments prouvent la singularité de chaque bec. En effet, une première différence est visible dès le point d’attache du bec. Pour la clarinette, il est fixé sur un barillet plus large que le bec, c’est‑à‑dire qu’il entre dans l’instrument. Pour le saxophone au contraire, le bec est attaché au bocal, et ce dernier est plus large que l’instrument. La seconde différence est la forme du bec lui-même. Sax précise dans son premier brevet que :
[…] un bec à anche simple dont l’intérieur très évasé va en se rétrécissant qui vient s’adapter au corps de l’instrument (21).
Notons à cette occasion que Sax ne mentionne pas le bocal (partie qui est située entre le bec et le corps du saxophone), mais il écrit le corps de l’instrument ce qui nous laisse penser que, à cette époque, cette pièce n’était certainement pas encore démontable. Le seul facteur d’instrument indiquant la possibilité d’ôter cette partie du saxophone est Arsène‑Zoé Lecomte en 1888. À la fin de son brevet, on peut lire, en effet :
[…] Afin d’obtenir plus de solidité nous laissons les bocaux de nos saxophones altos, ténors et baryton adhérents, mais nous pouvons à notre volonté, les rendre mobiles(22) . »
L’année 1846 marque aussi l’apparition de la première classe de saxophone au Gymnase Musicale militaire de Paris et par conséquent, l’élaboration de la première méthode de saxophone nommée : Méthode complète de saxophone applicable à tous les saxophones des différents tons adoptée au Gymnase Musicale Militaire parue au cours de cette année. Selon le rapport de Berlioz, le concours pour les places de professeurs des nouveaux instruments de Sax (saxtromba, saxhorns et saxophone) ont lieu le 30 octobre (23). Ainsi, apprenons-nous que M. Jean-François-Barthélemy Cokken (24) est nommé professeur de saxophone ténor(25) et saxophone basse. Nous constatons donc que seul deux saxophones sont enseignés dans cette institution et nous préciserons qu’il s’agit uniquement de saxophones graves. En se référant à la planche du brevet d’invention, nous pouvons donc affirmer que les instruments sont les nos 1 et 2. Nous pouvons aussi nous interroger sur cette décision d'inculquer aux élèves uniquement ces deux types de saxophones. Un début de réponse s’observe dans le brevet d’Adolphe Sax :
Les instruments à vent sont trop durs ou trop mous comme sonorité ; c’est particulièrement vrai dans les basses que l’un ou l’autre de ces défauts est le plus sensible. L’ophicléide, par exemple, qui renforce les trombones, produits un son d’une nature si désagréable qu’on est obligé de le bannir des salles fermées, faute de pouvoir en modifier le timbre. Le basson, au contraire, rend un son si faible qu’on ne peut l’employer que pour des parties de remplissage […](26) .»
Ainsi, il semble désirer, en priorité, pallier aux problèmes exposés plus haut. Nous pouvons également supposer que les saxophones nos 3 et 4 sont abandonnés car leur poids paraît être un handicap pour la musique de défilé. Ainsi, il serait admissible de penser que comme explicité que les saxophones graves sont les plus demandé et qu’au besoin, ces instrumentistes sont capables de jouer les autres saxophones puisque si l’on se fonde sur le répertoire, des pièces pour saxophone alto sont écrites comme : les Variations brillantes composées par Kastner (1847), ou encore l’Allegro de Concert pour quatuor de Sax composé par Jean-Baptiste Singelée.
Pour conclure, cette période est très riche pour Sax et ses instruments. Le succès des réformes militaires, l’ouverture de la classe de saxophone mettent en lumière l’étendu du talent de ce facteur même si la coalition de manufacturiers continue à intenter procès sur procès pour plagiat. Les premiers élèves militaires sont formés, un embryon de répertoire commence à se créer et fédérer le saxophone comme un instrument soliste à part entière. Cependant, bien que le tempérament de Sax soit fort, un bouleversement de taille va mettre un frein à cette formidable ascension : la chute de la Monarchie de Juillet à laquelle Adolphe Sax doit tout. L’année 1848 marquera un brutal changement puisque les instruments de Sax seront bannis des orchestres militaires ce qui va conduire inéluctablement à la fermeture de la classe de saxophone. De plus, comme le décrit Oscar Commettant(27) , les instrument du facteur belge seront intégralement refondu afin de supprimer d’une part tous les symboles rappelant le règne de Louis-Philippe Ier et d’autre part récupérer le métal qui devient rare au cours de cette période.
| Article écrit par Guillaume Janin, étudiant-chercheur et chargé de cours à l’Université Lyon 2-Lumière. Ce texte est la propriété exclusive de Guillaume Janin toute reproduction sur un quelconque support même en affichant la source est strictement interdite sans l'autorisation préalable de Guillaume Janin. Le non-respect de cette interdiction peut constituer un acte de contrefaçon engageant vos responsabilités civile et pénale. |
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(1) PIERRE (Constant), Les Facteurs d’instruments de musique les luthiers et la facture instrumentale précis historique, Paris, éd. Sagot, 1893, réimpression en fac-similé : Genève, Minkoff reprint, 1976, p. 159.
(2) La proclamation de la IIe ‑République a lieu le 24 février 1848.
(3) CARAFA (Michel), Naples le 17 novembre 1787 — Paris le 26 juin 1872. Directeur du Gymnase de Musique Militaire de 1838 à 1847.
(4) BERLIOZ (Hector), Critique musicale, 1823–1863 volume 6_._ 1845–1848, edition d’Anne Bongrain et Marie-Hélène Coudroy-Saghaï, Paris, Buchet/Castel, coll « Édition du centenaire », 2008, p. 19.
(5) C.f. le monologue introductif de Lélio ou le retour à la vie ( monodrame lyrique qui, à l’origine, devait être enchaîné à la Symphonie Fantastique).
(6) Le Champ de Mars est à l’origine un vaste terrain pour les entraînements militaires. Ce terme vient du Dieu romain de la guerre : Mars.
(7) FÉTIS (François-Joseph), Biographie universelle des musiciens et Biographie universelle des musiciens tome septième, Paris, Imprimeur de l’Institut, 2/1864, p. 417.
(8) Le système d’Adolphe Sax sera appliqué et conservé jusqu’à la révolution de 1848.
(9) SAX (Adolphe), Brevet français d’invention, no 2 306, déposé le 13 octobre 1845 au secrétariat général de la préfecture du département de la Seine.
(10) FÉTIS (François-Joseph), Biographie universelle des musiciens et Bibliographie générale de la musique,tome septième, Paris, Imprimeur de l’Institut, 2/1864, p. 416.
(11) Cf. annexe 2 : synthèse de la loi du 5 juillet 1844.
(12)KASTNER (Georges), Manuel général de musique militaire […], op. cit., p. 244.
(13) HAINE (Malou), Adolphe Sax sa vie, son œuvre […], op. cit, p. 73.
(14) BERLIOZ (Hector), Revue et Gazette de Paris du 13 mars 1842.
(15) SAX (Adolphe), Brevet français d’invention,no 3 226, déposé le 21 mars 1846, p. 2.
(16) Selon la loi du 5 juillet 1844 afférente aux brevets d’invention, le brevet expire à la date anniversaire de la date de validation.
(17) SAX (Adolphe), Brevet français d’invention, no 3 226, déposé le 21 mars 1846, p. 2–3.
(18) Ibid.,p 3.
(19) Ajoutons qu’ils sont plus légers car il y a moins de clefs mais que l’alliage joue aussi un rôle important sur le poids.
(20) SAX (Adolphe), Brevet français d’invention,no 70 894, déposé le 19 mars 1866.
(21) Ibid., Brevet français d’invention no 3 226, op. cit., p. 3.
(22) LECOMTE (Arsène-Zoé), Brevet français d’invention,no 193 722, déposé le 25 octobre 1888, p. 8.
(23) BERLIOZ (Hector), Critique musicale, 1823–1863 volume 6_._ 1845–1848, edition d’Anne Bongrain et Marie-Hélène Coudroy-Saghaï, Paris, Buchet/Castel, coll « Édition du centenaire », 2008, p. 291.
(24) COKKEN (Jean-François-Barthélemy), 23 janvier 1801– 13 février 1875 Bassoniste et compositeur français, de l’Académie Royale de Musique, professeur au Conservatoire de Paris de 1852 à 1875. Il est également musicien engagé volontaire au 15e régiment d’infanterie légère (à partir du 1er juin 1813). Puis, dès 21 novembre 1815, il sera musicien gagiste au 3e régiment d’infanterie de la Garde royal. Passé aux Gardes du corps, compagnie de Noailles, de l’Opéra, il sera licencié le 24 août 1830. Il sera aussi à l’orchestre du théâtre italien (du 1er juillet 1829 au 1er juillet 1862), puis aux concerts Pasdeloup et à la Société Concerts. Il sera chargé des cours de saxophone au Gymnase de Musique militaire de 1846 à 1848.
(25) Notons que le saxophone ténor n’est pas celui que l’on connaît actuellement mais il est l’équivalent du saxophone baryton actuel.
(26) SAX (Adolphe), Brevet français d’invention,no 3 226, déposé le 21 mars 1846, p. 2.
(27) COMETTANT (Oscar), Histoire d’un inventeur au xixe siècle : Adolphe Sax ses ouvrages et ses luttes, Paris, éditions Pagnere, 1860, 560 p.