Littré - femme - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« femme », définition dans le dictionnaire Littré

(fa-m') s. f.

PROVERBES

Maison faite et femme à faire, c'est-à-dire il faut acheter une maison toute bâtie, et épouser une jeune femme qu'on puisse accoutumer à son genre de vie.

Ce que femme veut, Dieu le veut, se dit pour exprimer que les femmes par leur persévérance finissent toujours par faire ce qu'elles veulent.

Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit quand il pleut et fait soleil en même temps.

HISTORIQUE

XIe s. Ki abate femme à terre pur faire lui forze, L. de Guill. 19. [Ils] ne reverront lur meres ne lur femmes, Ch. de Rol. CVII.

XIIe s. Puis tourne arriere comme famme adoulée [affligée], Ronc. p. 175.

XIIIe s. De là s'en ala il vers le roi Phelipe d'Alemaigne, qui sa serour avoit à fame, Villehardouin, XLII. Ne qu'à Pepin le ber [je] soie fame espousée, Berte, XLIII Pourquoi ne prenez fame ? serez toujours ainsi ? ib. CVIII. Après mourut sa fame, la royne au vis clair, ib. III. Une jeune pucele… Qui gentis fame estoit, li rois ot fait nourrir [élever], ib. LXXXVII. Honeste coze est et bone à bailli qu'il ne sueffre pas que feme soit mise en prison por fas [faux] accusement ne por nul cas, se n'est par cas de crieme, Beaumanoir, 41. Car nous avon deux seurs à femmes, et sont nos enfans cousins germains, Joinville, 200. Par desus toutes ces choses, le roy donnoit chascun jour si grans et si larges aumosnes aus poures de religion… à femmes decheues… que à peine pourroit l'en raconter le nombre, Joinville, 298. L'aide de Dieu ne vient pas à la volonté de cels qui veulent vivre comme femmes, Latini, Trésor, p. 514.

XIVe s. Qui trop sa femme croit en la fin s'en repent, Guesclin. 6263.

XVe s. Et estoit l'intention du duc qu'il emmenerc't avec lui femme et enfans, et feroit mariage en Castille et en Portugal avant que il retournast, Froissart, II, III, 32. Mon frere, je suys de la nature des femmes quant l'on me dit quelque chose en termes obscurs je veulx savoir incontinent que c'est, Lettre de Louis XI, Bibl. des ch. 4e série, t. I, p. 16.

XVIe s. Beauté de femme n'enrichist homme, Génin, Récréat. t. II, p. 235. Où il y a chiens, il y a puces ; où il y a pains, il y a souris ; où il y a femmes, il y a diables, Génin, ib. p. 246. Pren le premier conseil de la femme et non pas le second, Génin, ib. p. 248. Aucun n'est tenu à faire loy pour simple bateure qu'il a faite à son servant, ne à son filz, ne à son nepveu, ne à sa fille, ne à sa femme, ne à aucun qui soit de sa mesnie ; car l'on doit entendre qu'il le fait pour les chastier, Anc. cout. de Norm. f° 104, dans LACURNE. Qui bat sa femme, il la fait braire ; Qui la rebat, il la fait taire, Boughet, Serées, p. 131, dans LACURNE. Abreuver son cheval à tous guetz, Mener sa femme à tous festins, De son cheval on faict une rosse, Et de sa femme une catin, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 219. Bonne femme, bon renom, patrimoine sans parangon, Leroux de Lincy, ib. p. 210. Ce que le baron [le mari] ayme, femme a en hayne, Leroux de Lincy, ib. p. 221. Deux femmes font un plaid, trois un grand caquet, quatre un plein marché, Leroux de Lincy, ib. Femme et melon à peine les cognoist-on, Leroux de Lincy, ib. p. 222. Femme qui envi file porte chemise vile, Leroux de Lincy, ib. p. 224. La femme est la clef du menage, Leroux de Lincy, ib. p. 226. Les femmes fenestrieres et les terres frontieres sont mauvaises à garder, Leroux de Lincy, ib. p. 228. Souvent femme varie, bien fol est qui s'y fie, François 1er.

ÉTYMOLOGIE

Wallon, feume ; bourguign. fanne ; nivernais, fonne ; provenç. feme, femma, femena ; anc. catal. fembra ; espagn. hembra ; portug. femea ; ital. femmina ; du latin fœmina ou fæmina ; d'après les derniers étymologistes, d'un radical , qui se trouve dans fœtus, fecundus, et de mina, suffixe participial, de sorte que fœmina, participe du moyen, signifierait celle qui nourrit, allaite.