Littré - geste - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« geste », définition dans le dictionnaire Littré

(jè-st') s. m.

HISTORIQUE

XVe s. Quant la dame eut consideré le geste du saint prud'homme, qui de son fait ne se devoit garder, elle pourpensa que sanz l'ayde du Dieu souverain il ne pouvoit estre de si grant aage ne de tant puissant vigueur, Percefor. t. IV, f° 73. Il fist humble contenance de corps mais sa geste et parolle estoit aspre, Commines, II, 3.

XVIe s. Mais avec ce si bonne grace avoyent Tant en regards comme en gestes humaines, Que bien sembloyent secondes Magdalenes, Marot, J. V, 34. Assurance de visage, soupplesse de voix et de geste, Montaigne, I, 198.

ÉTYMOLOGIE

Lat. gestus, contenance, geste, de gestum, supin de gerere, porter.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. GESTE. Ajoutez :

3 Au plur. Faux semblants, prétentions ridicules. Sa mère, en haussant les épaules, prétendait que tout cela [une attaque de nerfs de Mme Bovary] c'était des gestes, G. Flaubert, Mme Bovary, II, 387.

ÉTYMOLOGIE

Cet emploi paraît être particulier à la Normandie. Du moins on y dit guestes ou gestes en ce sens : Dame, les vilaines gestes qu'a fait F'raient tournair le cidre dans l'émet, Rém. guern. p. 76. Voy. H. MOISY, Noms de famille normands, p. 181, qui en rapproche l'anglais jest, plaisanterie. Mais, sans noter que le mot anglais lui-même, qui n'a point de racine germanique, peut être la reproduction du mot normand, geste en ce sens est, évidemment, une spécialisation du sens de gestes, mouvements de la personne. C'est grimaces, dans le sens de faire des minauderies, des embarras. On dit en Normandie un gestier, une gestière, celui, celle qui fait des gestes.