Littré - mater - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« mater », définition dans le dictionnaire Littré

(ma-té) v. n.

HISTORIQUE

XIe s. Le grant orguil se jà povez matir, Ch. de Rol. CCXXXI.

XIIe s. Et s'il vous fait requerre chevage ne treü, Ne soiomes pour ce maté ne recreü, Sax. XXVIII. Tis orgueilz [ton orgueil] est venus devant moi ; pour ce te vueil des or mater, Rois, p. 414. Kar li reis nel fait pas pur nului deposer, Mais pur ce qu'il voldroit l'arcevesque mater, Th. le mart. 25.

XIIIe s. Ainsinc cum il va du mater, Puisque des eschiés me sovient, la Rose, 6702.

XIVe s. À Gloriant son frere isnelement joua ; Par force de science quatre fois le mata, Baud. de Seb. IX, 724.

XVe s. Il [Demosthène] tant mit peine à matter le vice de sa langue, que il prononça souverainement ses mots, Bouciq. IV, 10.

XVIe s. Les herbes trop humides ont besoin, avant que les distiller, d'estre un peu mattées au soleil, De Serres, 890. Toutes ces rencontres là ne matterent pas entierement les vaincus, Amyot, Pélop. 29. Usant de remedes à mater, affoiblir et refroidir le corps, Montaigne, III, 37. Le temps matte toutes choses, Rabelais, Pant. III, 28.

ÉTYMOLOGIE

Mat 1 ; provenç. matar ; ital. mattare. Ce verbe vient de mat des échecs, comme l'emploi le prouve dans l'historique ; mais à côté de ce mater et se confondant avec lui, il y avait un autre mater, signifiant tuer, parallèle à l'espagnol matar, et venant du latin mactare : XIe s. Se truis [si je trouve] Rolant, ne lerrai que [je] nel mat, Ch. de Rol. LXIX.XIIe s. Jo ki sui tis serfs, m'i cumbaterai, e od l'aïe Deu [l'aide de Dieu] le materai, Rois, p. 65.