Littré - prochain - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« prochain », définition dans le dictionnaire Littré

prochain, aine

(pro-chin, chè-n') adj.

REMARQUE

Le peuple dit abusivement : c'est mon plus prochain voisin ; mais il faut dire : c'est mon plus proche voisin, Vaugelas, Rem. t. I, p. 147, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIIe s. Il vous ont desfié de [à] guerre moult prochaine, Sax. XX. Si metomes un terme prochain, ne demeurt guere [qu'il n'y ait pas de retard], ib. XXX. Deus me conseillera, qui tuz diz m'est prochiens, Qui l'orguillus abat, le poure oste des fiens [fumiers], Th. le mart. 97.

XIIIe s. Quand orendroit [elle] lui est si prochaine voisine, Berte, LVI. Jou cuit [je pense] qu'il soit prochain parant ; Car à merveille sont sanlant, Fl. et Bl. 1731. Il n'avoit nul illec qui n'eust de ses prochains amis en la prison, Joinville, 255.

XIVe s. Qui se vouldroit atendre à ses parents et as proceins et amis…, Oresme, Eth. VIII, 14.

XVe s. Et sembloit audit duc que la fille de son germain frere devoit estre par raison plus prochaine d'avoir la duché de Bretaigne après son decès, Froissart, I, I, 147. Le mardi prochain après le jour Saint-Michel, Froissart, I, I, 306.

XVIe s. Faictes dresser la collation en ceste prochaine hostellerye, Rabelais, Pant. IV, 4. L'hyver prochain [dernier], estant menacé par la fievre quarte de partir de ce monde, d'autant plus que la maladie me pressoit, je me suis d'autant moins espargné, Calvin, Instit. Épit. Toutes calomnies et detractions qui nuisent à nos prochains, Calvin, ib. 308. Il n'y a rien plus contraire à la foy, que conjecture ou autre sentiment prochain à doute et ambiguité, Calvin, ib. 453. Que le royaume de France s'en va peu à peu versant, et est prochain de faire une lourde cheute, Lanoue, I. La legereté dont plusieurs usent à detester leurs prochains, à cause du different de la religion, Lanoue, 67. Le mot de prochain s'estend indifferemment à tous les hommes… il suffit donc, à ce que quelqu'un soit nostre prochain, qu'il soit homme, Lanoue, 72. Solon mourut l'année prochaine d'après, Amyot, Solon, 67. Joseph engagé en un si apparent dangier et si prochain, Montaigne, II, 30. Souvent se plaint qui injurie son prochain, Génin, Récréat. t. II, p. 249.

ÉTYMOLOGIE

Proche. Le provençal prosman et l'italien prossimano suppose le latin fictif proximanus, allongement de proximus qui avait donné l'ancien français proisme, prisme.