Littré - relais - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« relais », définition dans le dictionnaire Littré

(re-lê) s. m.

HISTORIQUE

XVIe s. Les Genevois [Génois] s'efforçoient à relais [en se relayant] de gaigner la place, Jean D'Auton, Annales de Louis XII, p. 78, dans LACURNE. On ne peut faire marcher ce meschant relez, D'Aubigné, Faen. I, 1. Le comte de Mansfeld avait partagé ses reistres en autant de relez qu'il y avoit de trouppes, D'Aubigné, Hist. I, 323. Ils eurent bien tost aux fesses le duc de Guise jusques à Montfort, et là il leur decoupla en rellais S. Leger ; mais ce fut en vain, D'Aubigné, ib. II, 20. Les dix canons des princes n'avoient equipage que pour trois, et les falloit desgager par relaiz, D'Aubigné, ib. III, 273. Ils demanderent des eschelles qu'on leur porta ; au bout de ces eschelles ils demeurerent sur un relez entre le rempart et la ruine qui estoit large, D'Aubigné, Hist. III, 250. Un relais de muraille lui sauva la vie, D'Aubigné, ib. III, 280. Les sieges et relais [sorte de chaise] lui soient d'ivoire blanc, Du Bellay, J. VI, 63, recto. Les Romains avoient des chevaux qui se menoient à dextre ou à relais, pour les prendre tous frais au besoing, Montaigne, I, 358.

ÉTYMOLOGIE

Relaisser ; Berry, relais, repos, relâche ; ital. rilascio ; bas-latin, relaxus. Ces formes ne laissent aucun doute sur l'origine ; l's y est radicale et non adventice, malgré relayer (voy. ce mot). Relais veut dire proprement : ce qui est laissé, relaissé : XIe s. Nului ne toille à son seignor son dreit service par nul relais [arriéré] que il li ait en arere, Lois de Guill. 34.

XIIe s. K'ainc puis ne fu un jur u nuit qu'il eüst pes, Que il ne fust batuz cinc feiz u quatre adès, U treiz à tut le mains, n en volt aveir relais, Th. le mart. 103.

XIVe s. À Robin Garnier, coffrier, pour deux coffres de relais, fermans chacun à deux ferreures, ferrez et clouez ainsi qu'il appartient pour mettre et porter en chariot le linge de relaiz de Ms. le duc d'Orleans, De Laborde, Émaux, p. 477. Coulez [passez] par l'estamine, puis rebroyez les relais [ce qui reste], Ménagier, II, 5.

XVIe s. Ils se entrelaissoient tousjours au despartir l'un d'avec l'autre un aguillon de desir et un reste et relais de chaleur amoureuse, Amyot, Lyc. 28.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RELAIS. Ajoutez :

8 Terme de télégraphie électrique. Appareil à électro-aimant, employé dans la télégraphie électrique, lorsque le courant transmis par le fil de ligne est trop faible pour faire marcher le récepteur ; le relais, fonctionnant par l'action de ce courant, ferme le circuit d'une pile additionnelle en faisant passer dans l'appareil destiné à recevoir les signaux le courant de cette pile, qu'on nomme pile locale.