Littré - souris.2 - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« souris.2 », définition dans le dictionnaire Littré

(sou-ri ; l's ne se lie pas, ce que, au XVIIe siècle, note Chifflet, Gramm. p. 216) s. f.

PROVERBES

Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise, un homme qui n'a qu'une ressource, est bientôt perdu, ruiné.

Quand les chats n'y sont pas, les souris s'ébattent, ou, absent le chat, les souris dansent, en l'absence du maître, du surveillant, on prend toute licence.

Ce qui ne fut jamais ni ne sera, c'est le nid d'une souris dans l'oreille d'un chat.

HISTORIQUE

XIIe s. Il les saisist toz quatre par les bras, Si les demaine comme suriz fet chaz, Bat. d'Alesch. V. 3986. Surstrent [surrexerunt] e as viles e as chans une maniere de suris à la destruction del païs, Rois, p. 18.

XIIIe s. Soris qui n'a c'un trau [trou] poi dure, Lai d'Ignaurès.

XIVe s. Là où n'a point de chat, la souris se tient fiere, Guesclin. 17774. Nous les arons comme souris Atrappés en la ratouere, Liv. du bon Jehan, 723. Quant ne set c'un seul trou, perdue est li soris, Beaud. de Seb. III, 231. Le coup chey d'aventure sur la souriz [mollet] de la jambe dudit Regnault, Du Cange, sorilegus.

XVe s. Icelluy Guillaume se print à dire qu'il brusleroit les souris des supplians, qui vaulst autant dire en langaige du pays qu'il brusleroit leurs maisons, eulx et leurs menages, Du Cange, ib. Nouvelles ont couru en France Par maints lieux, que j'estoye mort… Si fais à toutes gens savoir Qu'encore est vive la souris, Orléans, Ball. 124.

XVIe s. Le seigneur de Sedan estoit la souris d'un pertuis [qui n'a qu'un trou], D'Aubigné, Hist. III, 295. J'en ay veu fuir la senteur des pommes, plus que les arquebuzades ; d'aultres s'effrayer pour une souris…, Montaigne, I, 184. Blanches souris, chiens à rien faire, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 262. Nulle souris sans pertuis, Leroux de Lincy, ib. p. 203. Où y a pain y a souris, Leroux de Lincy, ib. Souris du palais [les avocats], Oudin, Dict.

ÉTYMOLOGIE

Berry, un souris, une souritte ; wallon, sori, masculin ; génev. se mettre en peau de souris pour quelqu'un, se dévouer à lui corps et biens ; provenç. soritz, sorritz ; ital. sorice ; du lat. soricem ; grec, ὕραξ, qu'on rattache à swar, sonner (comparez συρίζω, siffler), à cause du cri de la souris quand on la blesse.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

2. SOURIS.

3Ajoutez :

Souris du bras, partie charnue du bras (voy. MUSCLE à l'étymologie). Il lui donna un grand coup d'épée dans la souris du bras, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.