Littré - tyran - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« tyran », définition dans le dictionnaire Littré

(ti-ran) s. m.

REMARQUE

Quelques-uns ont essayé de dire tyranne, par exemple Desportes ; mais cela n'a pas réussi ; et il faut dire tyran en parlant d'une femme. Cette femme est un tyran domestique. Toutefois Fr. Soulié a employé ce mot dans le style familier. Assurément, mais… - Il n'y a pas de mais ; je veux, j'exige que vous teniez votre parole, entendez-vous ? - Soit, tyranne, dit M. de Simon, en embrassant sa femme, Soulié, Au jour le jour, § XI.

HISTORIQUE

XIIe s. Et en la croix vous pendirent tyrant, Ronc. p. 152.

XIIIe s. Ne ja, pour nul desirier, [je] Ne remainrai avecque ces tirans Qui sont croisés à loier Pour dimer clers et bourjois et serjens, Quesnes, Romancero, p. 97.

XIVe s. Et pour ce nous ne disons pas que les tyrans soient prodiges [prodigues], Oresme, Éth. 106. Je vous deliverrai de ceste gent tirant, Guesclin 3035. Mesmes vont les Juifs Pietre le roy blasmant ; En derrieres de lui l'apeloient tirant, ib. 6948.

XVe s. Est licite de adompter et endormir par belles paroles les oreilles du tyran, Monstrelet, I, 39. Adonc marcha avant le tyrant [bourreau], qui print la royne par la main ; si la mena jusque à l'estache, Perceforest, t. v, f° 102.

XVIe s. Il sembloit, quand ils [les huguenots] oyoient parler de moy, qu'ils avoient le bourreau à la queue ; aussi m'appeloient-ils ordinairement le tyran, Mém. de Montluc, t. II, p. 57. Mais vous, belle tyranne, aux Nerons comparable, Desportes, Diane, I, 16.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. tiran ; catal. tirá ; espagn. tirano ; ital. tiranno ; du lat. tyrannus qui est le grec τύραννος. L'anglais dit tyrant ; c'est une orthographe qu'il a reçue de l'ancien français, et que l'ancien français, par erreur, avait adoptée, prenant ce mot pour un participe présent.