Littré - vin - définition, citations, étymologie (original) (raw)

« vin », définition dans le dictionnaire Littré

(vin ; l'n ne se lie pas : du vin excellent) s. m.

PROVERBES

À bon vin point d'enseigne, ce qui est bon n'a pas besoin d'être prôné.

après bon vin, bon cheval, quand on a bu un coup, on fait aller son cheval plus vite.

Le vin est tiré, il faut le boire, se dit d'une affaire où l'on est trop engagé pour reculer. Oh ! le vin est tiré, monsieur, il le faut boire, Regnard, le Joueur, III, 11.

Le vin trouble ne casse point les dents.

Un verre de vin avise bien un homme, se dit à ceux qu'on invite à boire un coup avant de commencer à discourir.

On ne connaît pas le vin au cercle.

Chaque vin a sa lie, ou nul vin sans lie.

Vin, fille, faveur et poirier, sont difficiles à conserver.

REMARQUE

Commerce de vin et non de vins.

HISTORIQUE

XIe s. [Les corps des morts] Ben sunt lavez de piment e de vin, Ch. de Rol. CCLX.

XIIe s. Present lor envoia, vin froit et bon poisson, Sax. XXII.

XIIIe s. À la nuit de l'Ascension, quant crieur portent vin, et la veille de la Pentecoste, Liv. des mét. 132. Plus a arpole en un setier de vin que en un mui d'iau, ce dit li vilains, Proverbes du vilain, ms. de st Germ. f° 75, dans LACURNE.

XIVe s. Quant aux vins, sachiez que, s'ils deviennent malades, il les convient garir de maladies par la maniere qui s'en suit, Ménagier, II, 3. Lors fis tant que j'eüs du pain, Et si prins du vin aux chevaulx [de l'eau], J. Bruyant, dans Ménagier, t. II, p. 38. Tout homs qui tient feu et lieu [à Mâcon] et veult paier vin d'ost au roy [taxe de guerre], Du Cange, vinum hostis. L'exposant prist trois los de vin de tainte du pris de huit sols ou environ, Du Cange, vinum tinctum.

XVe s. Quatre flacons pleins de blanc vin aussi bon que j'en avois point bu sur le chemin, Froissart, II, III, 9. Que aucun dudit mestier [de buffetier] ne mette en besongne lye puante, ne vin bouté ou puant, Du Cange, vinum betatum. Car, puis ce jour, il doubta tant Sa femme, son plet et sa noise Que, s'elle deïst de cervoise Que ce fust vin, il l'accordast, Deschamps, Miroir de mariage, p. 16. Et il dist qu'il [un courtier] sceust se il en pourroit trouver [une maison] à louer en la vielz rue du Temple entour l'ostel de la royne, et il lui paieroit bon vin [bon prix], Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 243. Vin perd mainte bonne maison, Villon, Testam. Se aucun avoit perdu quelque chose, elle se mesloit de le renseignier ; et qui eust à faire d'aucune fille secrete, elle en eust fait pour gracieux vin, Les évang. des quenouilles, p. 73.

XVIe s. Ce diable de Pantagruel, qui ha convaincu touts les resveurs et bejaunes sophistes, à ceste heure aura son vin [sera battu], Rabelais, Pant. II, 18. Tout le bon vin d'Aurelians poulsa et se guasta, Rabelais, II, 7. Si quelquefois elle daignoit en passant prendre son vin [se rafraîchir], elle nous feroit plaisir et honneur, Marguerite de Navarre, Nouv. XLIV. Le curé, qui connoissoit sa complexion, avoit appresté un petit tendron, pour son vin de coucher, Despériers, Contes, XXXVI. Vin de marché n'entre point en compte du prix pour en prendre droit de vente, sinon qu'il fust fort excessif, Loysel, 415. Les grands vins blancs d'Orleans, De Serres, 210. Par le sejour du poiré dans un tonneau à vin de vigne, De Serres, 251. Celle est la façon de toutes sortes de vins fruitiers, estans les pommes et les poires guides des autres fruits, De Serres, ib. N'estant jamais tant salutaire le vin bas [baissière] que l'autre, De Serres, 830. Le vin rapé pour les valets. - De l'usage des musquats, vin-cuits et vin-violets, autre chose ne s'en peut dire, De Serres, 830. Les trempés ou vins de despense, De Serres, 831. Vin sur lait est souhait ; laict sur vin est venin, H. Estienne, Précell. p. 170. … Nous en parlerons Sur le vin [le verre en main], et nous trouverons, Ce croy-je, de bien près parens, Rec. de farces, p. 451. Je mettray de l'eaue en ton vin, Génin, Recréat. t. II, p. 240. Vin d'asne, qui rend la personne assoupie ; vin de cerf, qui fait pleurer ; vin de lyon, qui rend querelleur ; vin de pie, qui fait cajoler ; vin de porc, qui fait rendre gorge ; vin de singe qui fait sauter et rire, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 219.

ÉTYMOLOGIE

Provenç. vin, vi ; catal. vi ; espagn. vino ; portug. vinho ; ital. vino ; du lat. vinum. Des étymologistes rattachent οἶνος, vinum au sanscrit védique vena, aimable, amical ; d'autres, à vitis, mais vitis aurait donné vitinum et non vinum. Il est bien plus naturel d'y voir l'hébreu iin, vin : de ioun, faire effervescence, les Sémites ayant précédé les Indo-Européens dans la connaissance du vin.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VIN. Ajoutez :

13Vin du glacier, vin renommé du Valais (Suisse), provenant d'un cépage nommé le rèse et qui, transporté dans les hautes vallées, acquiert, au contact de l'air des glaciers, un bouquet remarquable.