Georges Perec (original) (raw)

Georges Perec est un écrivain français, né le 7 mars 1936 à Paris 19e et mort le 3 mars 1982 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Membre de l'Oulipo à partir de 1967, il fonde ses œuvres sur l'utilisation de contraintes formelles, littéraires ou mathématiques.

Son travail, qui a donné lieu à de très nombreuses études, s'organise autour de quatre axes : romanesque, autobiographique, sociologique et ludique. Mais partout transparait le manque originel : celui de son père, tué à la guerre, celui de sa mère, disparue lors de son transport vers Auschwitz.

Il se fait connaître dès son premier roman publié par Maurice Nadeau dans la collection Les Lettres Nouvelles, Les Choses. Une histoire des années soixante (prix Renaudot 1965), qui restitue l'air du temps à l'aube de la société de consommation. Suivent, entre autres, Un homme qui dort, portrait d'une solitude urbaine, puis La Disparition, où il reprend son obsession de l'absence douloureuse ; ce premier roman oulipien est aussi un roman lipogrammatique (il ne comporte aucun « e »). Paraît ensuite, en feuilletons dans la Quinzaine Littéraire, en 1975, W ou le Souvenir d'enfance, qui alterne fiction olympique fascisante et écriture autobiographique fragmentaire. La Vie mode d'emploi (prix Médicis 1978), dans lequel il explore de façon méthodique et contrainte la vie des différents habitants d'un immeuble parisien, lui apporte la consécration.

Si Georges Perec est surtout connu pour ses romans et récits, il a également composé des poèmes, des pièces théâtrales ou radiophoniques, et a fait quelques incursions dans le domaine du cinéma.

Georges Perec naît le 7 mars 1936 à la maternité du 6 rue de l'Atlas (19e arrondissement de Paris). Ses parents, tous deux juifs d'origine polonaise, se sont mariés en 1934[2],[3].

Sa mère, Cyrla Szulewicz[a], dont le prénom est francisé en Cécile, arrive en France depuis Varsovie avec ses parents au début des années 1920 à l'âge de 7 ans. Elle tient plus tard un salon de coiffure, puis de 1941 à 1942 est ouvrière dans l'usine d'horlogerie Jaz à Puteaux[4]. Son père, Icek Judko (devenu Isie ou André) Perec[b], né en 1909, arrive en France à la fin des années 1920, en provenance de Lubartów. Il exerce divers métiers, livreur, tourneur, mouleur, fondeur[5],[3]. Toute la famille vit à Belleville[6], rue Vilin. La grand-mère paternelle y tient un magasin d'alimentation, le grand-père maternel est marchand des quatre-saisons, la mère de Perec y ouvre un salon de coiffure au n° 24[5].

Engagé volontaire dans la Légion étrangère[7], Icek Perec est mortellement blessé par un obus le 16 juin 1940[8]. Vers le printemps 1942[9],[7], la mère du petit Georges l’envoie en zone libre à Villard-de-Lans, où s'est réfugiée une partie de sa famille paternelle, sa tante Esther et son mari David Bienenfeld. Il est placé dans un home d'enfants, Le Clos Margot, puis dans un pensionnat catholique, où il est baptisé le 30 octobre 1943[c],[10].

Sa mère, arrêtée et internée à Drancy le 17 janvier 1943, est déportée vers Auschwitz le 11 février[7],[11],[12].

Georges retourne à Paris pour la rentrée 1945[13]. Il est pris en charge par les Bienenfeld jusqu'en 1957. Ils habitent au 18 rue de l'Assomption[14], possèdent une bijouterie[15] et ont deux filles, dont l’écrivaine Bianca Lamblin.

De 1946 à 1949, Georges Perec fait ses études à l'école communale de la rue des Bauches (Paris XVIe), avant d'entrer au lycée Claude-Bernard[16],[17]. Autour de ses 12 ans, il fait une fugue[d] et entame ensuite une psychothérapie avec Françoise Dolto. Celle-ci conseille un internat au collège Geoffroy-Saint-Hilaire d'Étampes, où enseigne Jean Duvignaud[18],[19]. En 1954, après une hypokhâgne au lycée Henri-IV, Georges Perec commence des études d'histoire qu'il abandonne rapidement[20]. Fin 1956, il entame une psychanalyse avec Michel de M'Uzan et va vivre dans une mansarde rue Saint-Honoré[20],[21]. Grâce à Duvignaud, il rédige des notes de lecture pour La Nouvelle Revue française et Les Lettres nouvelles de Maurice Nadeau[22].

De janvier 1958 à décembre 1959 il effectue son service militaire à Pau, dans un régiment de parachutistes. Fils d'un Mort pour la France, il est dispensé de partir en Algérie[23],[24]. Il est en relation avec Henri Lefebvre, qui a une maison dans le Tarn[23],[25].

En octobre 1958, Georges Perec reçoit l'avis officiel de la mort de sa mère « le 11 février 1943 à Drancy ». Le 17 novembre 1959 un décret déclare que « si elle avait été française, elle aurait eu droit à la mention Mort pour la France. » Cela lui vaut d'être libéré de ses obligations militaires[26],[27].

À Paris, en 1959, Georges Perec rencontre Paulette Pétras, étudiante à la Sorbonne. Ils se marient le 22 octobre 1960[28]. Paulette étant nommée pour deux ans enseignante à Sfax en Tunisie, le couple s'y installe mais revient en France l'année suivante[29],[30].

Plaque 13 rue Linné (Paris), où il vécut.

Perec devient en 1961 pour le CNRS documentaliste dans le laboratoire de neurophysiologie de l'hôpital Saint-Antoine[31]. Il est entièrement libre de ses horaires, à condition de boucler le travail qu'on lui demande. Après un incendie qui a détruit le labo, il est contraint d'aller travailler, à partir de 1976, à Gif-sur-Yvette. Il obtient de son nouvel éditeur, Paul-Otchakovsky-Laurens, d'être mensualisé, et peut quitter le CNRS en 1978[32].

En 1965 il remporte le Prix Renaudot pour son premier roman Les Choses. En mars 1967 Jacques Roubaud propose sa cooptation à l'Oulipo[33].

Après une liaison tourmentée avec Suzanne Lipinska[e], propriétaire du Moulin d'Andé, où il passe la majeure partie de l'année 1968, Georges Perec se sépare de Paulette en 1969, mais ils ne divorcent formellement qu'en 1980[35],[36].

De 1971 à 1975, Perec reprend une psychanalyse avec Jean-Bertrand Pontalis[37].

En 1978 il publie La Vie mode d'emploi et reçoit pour cette œuvre le prix Médicis.

Il vit les six dernières années de son existence, notamment du côté de Bressuire[38], avec la cinéaste Catherine Binet dont il produit le film Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz[39].

Georges Perec meurt le 3 mars 1982[40], à 45 ans, d'un cancer du poumon à l’hôpital Charles-Foix d’Ivry-sur-Seine. Ses cendres reposent au columbarium (Division 87, case 382) du cimetière du Père-Lachaise à Paris[41].

Bernard Magné avoue ressentir un « pessimisme classificatoire » face à un écrivain dont l'ambition avouée était de remplir un tiroir de la Bibliothèque nationale, d'utiliser tous les mots de la langue française, d'écrire tout ce qu'il est possible à un homme d'aujourd'hui d'écrire, mais de ne jamais écrire deux livres semblables[42]. « Programme tranquillement audacieux, plaisamment mégalomane, avec cette exigence continue de déplacement et de dépassement, avec cette avidité créatrice », commente Claude Burgelin[43].

Aucune des premières œuvres de Perec n'est publiée de son vivant.

Son premier texte connu est une nouvelle de quatre pages intitulée Les Barques et dédiée à son ami Jacques Lederer. Tentative de pratique descriptive dans le style du nouveau roman, c'est un récit circulaire qui fige le détail des objets perçus et des itinéraires entrepris par le narrateur[44].

Manderre, autre nouvelle de jeunesse, datée de décembre 1956 et dédiée à son ami Zoran Petrović, peintre yougoslave, est un pastiche de Paludes, d'André Gide[f].

Les Errants, terminé en 1956, « raconte l'histoire de quatre jazzmen blancs américains qui partent au Guatemala pour se battre avec les insurgés[45] » après le coup d'état orchestré par la CIA et la compagnie United Fruit. Son modèle d'écriture est Dos Passos[46].

« Pas très crédible et assez maladroitement ficelé[47] »_, L'Attentat de Sarajevo_ est écrit en Yougoslavie lors de l'été 1957 et publié en 2016. Composé en partie double, comme devait l'être par la suite W, il subit l'influence d'Obaldia, dont la Fugue à Waterloo avait beaucoup impressionné Perec. Il croise deux récits, une histoire d'amour, et une description minutieuse de la préparation du meurtre de l'archiduc François-Ferdinand[48].

Dans Gaspard pas mort, le personnage principal est un enfant de Belleville qui rêve de devenir « le roi des faussaires, le prince des escrocs, l'Arsène Lupin du XXe siècle. » Le roman obéit à un plan très strict, avec quatre parties, seize chapitres, 64 sous-chapitres, 256 paragraphes. La première version de 350 pages est refusée par Le Seuil. Une nouvelle version est d'abord acceptée par Gallimard en mai 1959, puis finalement refusée en novembre 1960[49]. Le manuscrit est aujourd'hui perdu.

Le Condottière, publié en 2012, raconte l'histoire de Gaspard Winckler, un « faussaire de génie » qui, n'ayant pas réussi à produire un faux tableau d'Antonello de Messine, tue Madera, son commanditaire. La première partie commence après le meurtre de Madera et décrit l'évasion de Winckler, avec des passages consacrés au meurtre et aux réflexions du héros sur la vie et sur l'art. La deuxième partie, contenant la confession de Winckler, est construite en chapitres alternant dialogues et monologues et inclut un essai sur Antonello de Messine. La troisième partie ne fournit ni solution ni conclusion, mais amène le lecteur au seuil de la nouvelle vie de Gaspard Winckler, qui peut soit devenir un vrai peintre, soit abandonner la peinture[50]. Le livre est souvent encombré de moments de piétinement, mais s'allège et se concentre sur l'essentiel au fur et à mesure qu'il avance. « Il devient même, si on le lit comme le combat du jeune Perec contre ses chaînes, poignant[51]. »

Publié en 1965, couronné par le prix Renaudot, Les Choses, une histoire des années soixante met en scène Jérôme et Sylvie, qui gagnent leur vie en faisant des enquêtes d’opinion. Mais cette vie étriquée ne les satisfait pas. Pris dans le tourbillon des objets, meubles, vêtements, bijoux, ils n’ont qu’un rêve : avoir assez d’argent pour se les offrir. Non pas devenir riches, mais être riches, et garder ainsi ce qu’ils croient être leur liberté. Cette obsession devient leur vie et la résume. Ils tentent de la fuir en se faisant enseignants en Tunisie, mais n’y trouvent que le vide. À leur retour, ils acceptent de n’obtenir que des miettes, en se faisant salariés.

« J'ai tenté de faire une sorte de description de ce qu'on a appelé « la société de consommation ». C'était donc ma propre expérience à laquelle je donnais, simplement, un caractère général. Ma démarche n'était pas celle d'un sociologue parce qu'elle allait vers une description de la société dans laquelle je baignais. C'était une sorte d'étude du monde qui m'environnait[52]. »

Le roman est construit en référence à L'Éducation sentimentale de Flaubert : reprises de scènes, — vente aux enchères, voyage en bateau —, reprise de phrases sans guillemets, rythme ternaire[53]. Le romanesque provient moins des péripéties que vivent les personnages que d'une oscillation entre ironie et connivence[54].

Jean Duvignaud considère que l'immense succès des Choses tient à cet état de prédisposition dans lequel s'est reconnu toute une génération. « Les Choses cristallisent une expérience – l'incoercible difficulté d'exister dans les années 60. Sans doute, pour y parvenir fallait-il ce style simple, ces phrases courtes, ce refus de céder à la rhétorique ou même à l'émotion – et pour tout dire cet éloignement de soi[55]. »

Dans Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, publié en 1966, un groupe de copains tente d'élaborer différents stratagèmes pour permettre à « Kara quelque chose »— qui porte 72 noms différents — de se faire réformer et ainsi d'éviter la Guerre d'Algérie.

L'écriture semble gratuite, purement ludique, dans un texte saturé de jeux de mots et de fleurs de rhétorique[g], torturé, trituré, déformé, crucifié[57]. Perec commet deux infractions majeures aux règles habituelles du roman d'aventures : la non-clôture de la dernière séquence narrative, et la disparition finale du personnage central du récit. Il donne aussi un avant-goût des mécanismes ludiques qu'il exploitera dans le reste de son œuvre[58]. Car « c'est au bout du compte un livre très roué derrière le festival de facilités qui s'y exhibe. Perec met là au point une stratégie qui réapparaîtra : semblant raconter une histoire, il en propose, ce faisant, une autre ou une tout autre manière de la lire[59]. »

Dans Un homme qui dort, publié en 1967, Perec tutoie son personnage, un étudiant qui se renferme sur lui-même, dans sa chambre. Tout y est gris, sauf une « bassine de matière plastique rose », dont la couleur tranche avec le reste du roman. Le narrateur décrit les errements d'une « personne qui souffre » tout en éliminant les indices d'une éventuelle identification personnage-auteur[60].

« Les Choses, c'est tout ce que l'on peut dire à propos de la fascination qu'exercent les objets. Un homme qui dort, c'est tout ce que l'on peut dire à propos de l'indifférence[53]. »

La prouesse de Perec est de transformer en roman ce qui est le contraire même du romanesque : une grève de la vie sociale[61]

Perec adapte son roman au cinéma dans une réalisation de Bernard Queysanne, avec Jacques Spiesser dans le premier rôle, et la voix-off de Ludmila Mikaël. Le film remporte le Prix Jean-Vigo 1974.

Paru en 1969, deux ans après l'entrée de Perec à l'Oulipo, La Disparition est un roman en lipogramme[h] qui, sur près de trois cents pages, ne comporte pas une seule fois la lettre e, pourtant la plus utilisée dans la langue française. Partant de sa propre contrainte, le roman décrit les événements tragiques qui suivent la disparition d'Anton Voyl (Antoine Voyelle). Les personnages se heurtent sans cesse aux limitations provenant du symbole manquant, et finissent par mourir dès qu'ils s'approchent trop de la vérité.

L'absence du e, loin d'être un obstacle à l'invention romanesque, en démultiplie les pouvoirs : c'est grâce au lipogramme et non malgré lui, que le « scriptor, qui n'avait pas un carat d'imagination » se montre « aussi imaginatif qu'un Ponson » et que la contrainte devient « un filon fort productif, stimulant au plus haut point l'innovation[62]. »

Maurice Corcos considère La Disparition comme un texte musical : « Relire à voix haute le texte, l'on entend ce que l'on avait seulement perçu : qu'il aura suffi d'endeuiller la langue par l'amputation d'un e pour atteindre à la vocalité d'un chant. Le langage atteint une autre dimension car il devient incantation[63]. »

Le critique met des années à s'apercevoir que derrière ces jeux de massacre autour de la lettre interdite se dessine une fable autour du génocide des juifs. Tous les personnages sont marqués d'un signe fatal et meurent au moment de découvrir ce qu'il en est de leur origine[64].

Contrepoint de La Disparition, le texte des Revenentes n'emploie que la voyelle e pour mettre en scène le dérèglement des sens et l'entremêlement des sexes près de l’évêché d'Exeter[65].

Le texte ne fonctionne pas comme d'autres monovocalismes de Perec, par exemple What a man, où la syntaxe est strictement respectée. Perec joue la contradiction ouverte, en multipliant les écarts par rapport à la langue, pour voir jusqu'où le fonctionnement textuel peut aller dans sa remise en cause du linguistique sans que soit compromise la relation pragmatique avec le lecteur[66]. Peu à peu les règles du texte l'emportent sur celles de langue, autorisant des graphies de plus en plus fantaisistes. C'est ainsi une tentative limite dans l'écriture du roman lipogrammatique[67].

Les 99 chapitres de La Vie mode d'emploi, sous titrée Romans, décrivent les pièces en façade d'un immeuble parisien (décoration, meubles, objets, œuvres picturales) et les personnages s'y trouvant le 23 juin 1975 peu avant 20 heures. Dans la plupart des chapitres sont insérées les histoires des occupants, actuels ou passés, et de personnages qui leur sont liés. Le lecteur découvre alors « une longue cohorte de personnages, avec leur histoire, leur passé, leurs légendes », comédie humaine où les destins entrecroisés se répondent, à l'image de la curieuse création de l'ébéniste Grifalconi, « fantastique arborescence, réseau impalpable de galeries pulvérulentes[68]. »

La construction du roman répond à de multiples contraintes : le problème du cavalier détermine l'ordre des chapitres ; un bi-carré latin gouverne la distribution des 42 éléments obligatoires pour chaque chapitre ; une quenine[69] régit la répartition des citations et des allusions littéraires et picturales.

Perec n'invente pas les contraintes principales de La Vie mode d'emploi, il les puise hors de l'héritage littéraire traditionnel. Mais il leur donne une place particulière dans l'écriture de son roman : combinées au sein d'un système complexe, elles ne produisent pas directement le texte — comme c'était le cas dans La Disparition — mais construisent un échafaudage, discret et dissimulé, que viennent ensuite remplir histoire et personnages[70].

Le lecteur découvre une multiplicité de récits alternés, un kaléidoscope narratif qui nécessite sa coopération interprétative. Il doit glaner dans le texte des informations supplémentaires pour organiser des séquences cohérentes, lui donner sens, l'ordonner, reconstituer les histoires et faire son propre texte[71]. Mais comme le fait remarquer Jacques Roubaud, le roman peut être lu à la fois savamment et innocemment, sans préalable, à la vitesse du lecteur, qui ne saurait être celle du critique ou du chercheur[72]. « Notre rire vient à la fois du plaisir et d'un grand étonnement. Nous admirons cette profusion mais nous nous interrogeons : nous mène-t-il en bateau ? Ces gens-là ont-ils réellement existé ? Le livre de Perec nous oblige continuellement à mettre en question notre sentiment de ce qui est probable et de ce qui, tout en étant sans doute réel, devient improbable[73]. »

Le roman obtient le Prix Médicis 1978. « Entrez dans cet immeuble et vous ferez le tour du monde en six cent deux pages et quatre-vingt-dix-neuf chapitres plus un épilogue. Un vertige majuscule. Quand on en sort, on se sent léger comme une montgolfière[74]. »

Un cabinet d'amateur, histoire d'un tableau, est moins l'histoire du tableau évoqué en sous-titre que l'histoire d'une mystification dont ce tableau est la pièce maîtresse. Celui-ci représente Hermann Raffke, riche collectionneur de peinture, assis devant les tableaux qu'il préfère. Mis en vente après la mort de leur propriétaire, tous les tableaux reproduits que personne, avant la vente, n'avait pu voir autrement que sous la forme de leur reproduction en abyme, atteignent des prix astronomiques. Quelques années plus tard, le neveu de Raffke informe les acheteurs que les tableaux sont faux et qu'il en est l'auteur[75].

Construction à tiroirs gigognes, à double ou multiples fonds, où l'espace et la perspective prennent le pas sur le déroulement linéaire de la temporalité romanesque, l'ouvrage peut être considéré comme un trompe-l’œil textuel[76]. Ce n'est plus le modèle qui est garant de la fidélité de la toile, mais la toile qui atteste la réalité du modèle[75].

Dans la nouvelle Le Voyage d'hiver, un professeur de Lettres, Vincent Degraël découvre par hasard un livre intitulé Le Voyage d'hiver, écrit par un certain Hugo Vernier. C'est « une prodigieuse compilation des poètes de la fin du XIXe siècle, un centon démesuré, une mosaïque dont chaque pièce était l’œuvre d'un autre[77]. » L'ouvrage ayant été publié en 1864, Degraël en déduit que les Verlaine, Rimbaud, Mallarmé et autres Baudelaire ne sont que des plagiaires de Vernier. Pour en apporter la preuve, son exemplaire ayant été perdu pendant la deuxième guerre mondiale, il en cherche un autre pendant 30 ans mais, incapable de le trouver, meurt dans un hôpital psychiatrique.

Cette nouvelle « ramasse en quelques pages l’œuvre de Perec : le plaisir des enquêtes se mêle au désir de savoir ; la fascination du romanesque va de pair avec l'anatomie de la lecture ; et l'ombre de la seconde guerre mondiale continue de battre en brèche l'ambition de totalité à force de lacunes et de pertes[78]. »

Inachevé, « 53 jours » est publié à titre posthume en 1989. Le titre ferait référence à La Chartreuse de Parme, roman de Stendhal écrit en cinquante-trois jours. Le héros, l'écrivain Robert Serval, a laissé un manuscrit inachevé nommé La Crypte, roman policier en deux parties dont la seconde détruit méticuleusement tout ce que la première s’est efforcée d’établir.

« Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes[79]. »

Parue en 1973, La Boutique obscure est la transcription de 124 rêves, suivis d'un index de 17 pages intitulé « repères et repaires ». Perec les publie « pour embêter son psychanalyste[80]. Plus tard, il déclare avoir « fini par admettre que ces rêves n'avaient pas été vécus pour être rêves, mais rêvés pour être textes[81]. »

Jean Duvignaud s'interroge : « Est-ce un recueil de rêves ? l'écriture à propos de rêves ? Où commence le fantasme ? où finit la fabulation ? Sérieusement, nul ne peut le dire. Ce constat révèle moins l'inconscient qu'il ne nous place en tête à tête avec le jeu de l'imaginaire[82]. »

Paru en 1975, W ou le souvenir d'enfance est un récit croisé, alternant une fiction et un récit autobiographique, qui se distinguent par leur typographie. La fiction évoque d'abord la disparition d'un enfant nommé Gaspard Winckler et l'utilisation de son nom par un déserteur, puis décrit l'organisation sociale en vigueur dans une île imaginaire de la Terre de Feu nommée W, entièrement vouée au sport mais dont on s'aperçoit au fil du texte qu'elle se fonde sur la cruauté, la discrimination et l'arbitraire, dystopie évoquant les camps de la mort.

Dans la partie autobiographique, un narrateur hypercritique traque l'erreur, l'inexactitude, l'affabulation, dépiaute les souvenirs de tous leurs oripeaux, leur fait passer des interrogatoires sévères, leur braque dans les yeux les projecteurs de la vérité[82].

Claude Burgelin distingue quatre récits : l'enfance (dite longtemps « sans souvenirs ») d'avant la séparation avec la mère ; l'enfance d'après cette séparation, avec l'inégal bourgeonnement des souvenirs, comme s'il y avait là deux enfances disjointes ; l'histoire de Gaspard Winckler, abruptement coupée, elle aussi ; l'histoire de l'île de W[83].

La principale particularité de cette autobiographie est l'entrecroisement des souvenirs d'enfance et du récit fictionnel[84]. Leur frontière est bien moins claire qu'on ne l'aurait cru au départ[85]. Perec met en place les éléments forts de son histoire et de sa fantasmatique sous forme de dérives et d'échouages ou bien de morceaux et de fragments, tenus par le fil de l'écriture[86]. Il se trouve ainsi les points d'attache et de suspension qui l'empêchent de tomber dans le vide[87].

« « Je n'ai pas de souvenirs d'enfance » : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps[88]. »

« Lire W est une vraie torture. C'est une autobiographie psychanalytique, un montage de symptômes auquel le lecteur doit collaborer pour accéder à l'insupportable, à cette vérité qui n'est pas dite et qu'il doit prendre en charge[89]. »

19 épisodes de la partie fictionnelle paraissent d'abord dans La Quinzaine Littéraire d'octobre 1969 à août 1970, puis s'interrompent brutalement[90]. Il faut attendre cinq ans pour que soit rédigée la partie autobiographique et que les deux parties soient liées[i],[82].

Ce recueil publié en 1978, qui se situe « au degré zéro de la nostalgie[91] », rassemble 480 bribes de « souvenirs communs et inessentiels[92] » mêlant cinéma, objets quotidiens, actualités, souvenirs de famille, slogans publicitaires, littérature ou sport, situés entre 1946 et 1961[93]. L'idée en est venue à Perec en lisant I remember de Joe Brainard.

Oscillation entre l'autobiographie discrète et la part d'unanimisme que sous-tend la mémoire collective[93], Je me souviens est un déclencheur de la subtile machine à se souvenir, d'une jouissance de la mémoire[94].

Jean-Denis Bertharion considère l'ouvrage comme un « cryptogramme autobiographique » mêlant des souvenirs personnels et uniques à des souvenirs généraux, parfois moins innocents qu'ils en ont l'air, mais munis d'un système de protection efficace, empêchant lamentation et pathos. Les entrées caractérisées par un marquage autobiographique très fort sont comme dissimulées dans la masse des souvenirs communs en apparence banals[95].

Film avec Robert Bober puis livre, les Récits d'Ellis Island sont le témoignage d'une recherche commune sur cette île où passèrent plus de 10 millions de candidats à l'immigration aux États-Unis.

« C'est pour moi le lieu même de l'exil, c'est-à-dire le lieu de l'absence de lieu, le lieu de la dispersion. En ce sens il me concerne, me fascine, m'implique, me questionne, comme si la recherche de mon identité passait par l'appropriation de ce lieu dépotoir où des fonctionnaires harassés baptisaient des Américains à la pelle, comme s'il était inscrit quelque part dans une histoire qui aurait pu être la mienne, comme s'il faisait partie d'une autobiographie probable, d'une mémoire potentielle[96]. »

Robert Bober filme sur place, en présence de Georges Perec qui réclame parfois quelques plans et qui compose son texte au regard d'un montage image presque finalisé[97]. Ce texte est relativement hétérogène : la première section, prosaïque, est consacrée à l'histoire d'Ellis Island ; la deuxième, versifiée, décrit le chemin emprunté par les émigrants, puis le lieu lui-même ; la troisième partie est occupée par une réflexion sur la judéité[98].

Ce ne sont en rien des repères, des racines ou des
traces
mais le contraire : quelque chose d'informe, à la
limite du dicible,
quelque chose que je peux nommer clôture ou scission,
ou coupure,
et qui est peut-être pour moi très intimement et très confusément
lié au fait même d'être juif[99].

Le dialogue avec les images pousse Perec à débrider un peu son écriture et à assumer une vision plus personnelle, à moins se retrancher derrière la neutralité descriptive qui caractérise la plupart de ses autres textes concernant les lieux, à se laisser aller à une forme de lyrisme contenu et à mettre en scène la recherche d'un questionnement[100].

Commencé en 1967 par de longs entretiens avec sa tante Esther, L’Arbre devait être « la description la plus précise possible de l'arbre généalogique de mes familles paternelle, maternelle et adoptive, récit non linéaire difficile à lire à la suite, mais au travers duquel il sera possible de retrouver (en s'aidant d'un index, qui sera non un supplément mais une véritable et même essentielle partie du livre) plusieurs histoires se recoupant sans cesse[101]. » Recentré en 1976 sur la famille paternelle, le texte est brutalement abandonné et n'est jamais repris, même s'il est toujours présent dans les projets que Perec détaille en 1980. Selon Régine Robin, cet abandon s'explique par le transfert de nombreux éléments dans W ou le souvenir d'enfance, par la reprise de la structure avec index dans La Vie mode d'emploi, et par la fin — fructueuse, semble-t-il — de la psychanalyse avec J.B. Pontalis et une certaine mise à distance de la famille[102].

Lieux est un projet mi-ethnographique, mi-autobiographique consistant à décrire, pendant douze ans, et suivant des algorithmes particuliers, douze lieux parisiens de manière à disposer de 288 textes conservés dans des enveloppes, que Perec n'ouvrirait qu'à la fin du projet. Celui-ci est abandonné en 1975.

« J'ai choisi 12 lieux dans Paris, ou bien dans lesquels j'ai vécu, ou bien auxquels me rattachaient des souvenirs particuliers. J'ai entrepris de faire, chaque mois, la description de deux de ces lieux. L'une des descriptions se fait sur le lieu même, l'autre dans un endroit différent : je m'efforce alors de décrire le lieu de mémoire. Lorsque ces descriptions sont terminées, je les glisse dans une enveloppe que je scelle[103]. »

Si Perec tente de renouer avec le degré zéro de la description, en deçà du règne de l'image, du récit et du spectacle[104], « ces descriptions harassantes témoignent d'un effort permanent de tenter de relier entre eux des lieux morcelés, comme dans les listes il tente de relier des objets hétérogènes. En décrivant méticuleusement des lieux voués à disparaître, lui pour qui n'existe que le passé dans le présent, il donne à voir au lecteur, sans éblouir ses yeux de trop de spectaculaire, au risque de les rendre aveugles[105]. »

À côté du Perec romancier ou du Perec oulipien apparaît un Perec essayiste et un Perec chercheur en sciences humaines. Mais il se glisse à travers les catégories pour les détourner ou les penser avec d'autres mots. Passant outre aux définitions ou aux projets de ces disciplines, il les aborde par l'expérience concrète, par le lexique du quotidien, les interrogations comme enfantines, par la singularité comme inapparente de sa mise en mots, la simplicité de ses inventaires et de ses classements. Ce faisant, il lance entre les sciences humaines et la littérature toutes sortes de passerelles[106].

« Ce qui se passe chaque jour et revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ?[107]. »

Perec fournit la réponse :

« Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez. Faites l'inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l'usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez. Questionnez vos petites cuillers[108]. »

Pour Maxime Decout, cet infra-ordinaire est une zone liminaire imperceptible, précieuse et fragile, qui apparaît comme extra-sensible parce que cachée, oubliée, négligée. Il est toujours surprenant et par conséquent extra-ordinaire, c'est-à-dire hors de ou au-delà de nos habitudes ordinaires[109].

Selon Maryline Heck, le geste primitif et essentiel de l'infra-ordinaire, cette proposition de regarder autrement, de prêter attention au minuscule, au «bruit de fond » de nos existences, s'élabore contre un autre regard, celui que la société, les médias construisent pour nous. Perec formulerait ainsi un programme d'éducation du regard à contre-courant de nos routines mentales et de ce que peuvent exiger les sociétés occidentales (rapidité, efficacité) ou la littérature (originalité, hauteur de vue ou de style)[110].

Espèces d'espaces, publié en 1974, se présente comme « le journal d’un usager de l’espace[111] », défini comme « ce qui arrête le regard, ce sur quoi la vue butte[112]. »

Par emboîtements successifs, à la manière de poupées russes, Perec décrit d’abord la page sur laquelle il écrit, puis le lit, la chambre, l’appartement, l’immeuble, la rue, le quartier, la ville, la campagne, le pays, l’Europe, le monde, l’ESPACE[j], avant de tenter de définir l’inhabitable, puis de revenir brutalement à la page – et à l’écriture.

L'ouvrage incite à une prise de pouvoir ludique, à une réévaluation à contre-courant du milieu vécu au terme desquelles les espaces « conçus » pour telle ou telle fonction pourront être « habités »[113]. Car seul notre étonnement face au monde peut sortir le quotidien de notre état d'indifférenciation et restituer sa parole[114].

« L'espace fond comme le sable coule entre les doigts. Le temps l'emporte et ne laisse que des lambeaux informes. Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose[115]. »

Dès le premier chapitre s'inaugure un vertige, celui d'une autoréflexivité sans fin qui, contenue dans l'acte graphique même, dans la trace du stylet sur la page, se met instantanément à déborder l'écriture. Un vertige qui ne se fixe qu'à peine, qui, surgi de l'écriture comme il peut surgir de l'espace, semble ne plus devoir finir[109].

Perec poursuit sa réflexion dans d'autres textes, comme De quelques emplois du verbe habiter ou De la difficulté qu'il y a à imaginer une Cité idéale.

Perec ne cesse de rappeler qu'écrire est un jeu qui se joue à deux, avec le lecteur. Écrire est pour lui une manière d'inventer des jeux[116].

P.A.L.F. (Production Automatisée de Littérature Française), également nommée L.S.D. (Littérature Semi Définitionnelle) est un travail mené de 1967 à 1973 par Georges Perec et Marcel Bénabou, à l'origine de leur cooptation à l'Oulipo[117]. Il s'agit de prouver que le langage tourne en rond et fonctionne en circuit clos. Le sens des mots, tel qu'il figure dans les dictionnaires, est chose tellement incertaine qu'un énoncé donné peut être transformé en n'importe quel autre au terme d'une succession donnée d'équivalences. Ainsi chaque mot de chaque phrase est remplacé par une des définitions qu'en donne le dictionnaire Littré. La multiplication des mots porteurs de sens produit un effet de surcharge, de saturation puis de rupture : la syntaxe de la phrase initiale s'effondre et disparaît. Pour cela, les définitions sont choisies dans le champ sémantique le plus éloigné possible du champ initial[118].

Soit la phrase :
La marquise sortit à cinq heures
au mot marquise, nous trouvons : «Toit avancé soutenu par des piliers »
au mot sortir : « Être mis en vedette »
au mot « cinq heures » : « Heure du thé »
ce qui nous donne :
Le toit avancé soutenu par des piliers fut mis en vedette à l'heure du thé.
Puis :
La couche supérieure qui touche à son terme sans familiarité avec les fourches patibulaires est la sentinelle exacte qui croit à la Chine
(etc.)[119]

Organigramme de L'Augmentation

En 1967-1968, l'Oulipo travaille sur la littérature en arbre, la littérature combinatoire qui fait appel aux parcours dans un graphe. Les résultats peuvent être totalement différents : dans Un conte à votre façon Queneau laisse au lecteur l'initiative du parcours, alors que dans L'Art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation Perec met bout à bout tous les parcours possibles, visant ainsi l'exhaustivité[120].

De la même manière, quand Queneau, dans les Cent mille milliards de poèmes, ne donne à lire que les 10 sonnets de base, Perec, dans ses 81 fiches-cuisine à l'usage des débutants[121] et ses Deux cent quarante-trois cartes postales en couleurs véritables, utilise l'épuisement et donne toutes les recettes ou cartes postales qui peuvent être produites par chacune des structures combinatoires[120]. Cependant, l'application de cette combinatoire n'est pas purement mécanique : le classement des structures de base ne répond pas à l'ordre logique, les éléments de liste dépendent d'un algorithme particulier, les phrases subissent des opérations de condensation, de déplacement, d'ellipse ou de variations, dans une stratégie de dissimulation et de masquage. Le résultat est « au mieux un fou rire nerveux de moins en moins contrôlable, au pire un sentiment irrépressible d'exaspération croissante[122]. »

What a man est un monovocalisme en A qui, sous la drôlerie potache, est particulièrement riche de sens et foisonne de références innombrables[123] :

« Smart[k] à falzar d'alpaga nacarat, frac à rabats, brassard à la Franz Hals, chapka d'astrakhan[l] à glands[m] à la Cranach, bas blancs, gants blancs, grand crachat[n] d'apparat à strass, raglan afghan à falbalas[o], Andras MacAdam, mâchant d'agaçants partagás, ayant à dada l'art d'Alan Ladd, cavala dans la pampa[124]. »

Perec compose également un palindrome de 1 247 mots et 5 566 lettres, et ce qu'il nomme des variations : Quinze variations discrètes sur un poème connu (Gaspard Hauser de Verlaine) ou 35 Variations sur un thème de Marcel Proust, à partir de la première phrase d'À la recherche du temps perdu, « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » :

Longtemps je me suis couché de bonne heure
Durant un grand laps l'on m'alita tôt
Parfois, je ne m'étendai[p] pas trop tard
Comme il faisait une chaleur de 33°[q], je me suis couché tôt.

Perec pastiche tout : titres de romans policiers[r], discours psychanalytique[125], critique littéraire et biographique[126]. Il se pastiche lui-même : La Disparition commence comme une traduction sans e d'Un homme qui dort.

Deux textes pastichent la littérature scientifique. Cantatrix sopranica L., rédigé en anglais, étudie l'effet d'un lancer de tomate bien mûre sur les performances musicales d'une chanteuse d'opéra. Le texte adopte le fonctionnement mental de médecins à ce point fascinés par la science qu'ils n'hésitent pas à entreprendre des expériences biologiques sur des êtres humains chosifiés dont la vie est de peu de poids[127]. Distribution spatio-temporelle de Coscinoscera Victoria, Coscinoscera tigrata carpenteri, Coscinoscera punctata Barton & Coscinoscera nigrostriata d'Iputupi décrit les conditions d'une double hybridation d'espèces voisines de papillons sur une île du Pacifique. Les deux textes ne sont pas similaires : lisibilité maximale et pastiche explicite[s] pour Cantatrix, lisibilité minimale et pastiche implicite pour Distribution... Mais cette déconstruction d'univers référentiels s'accompagne d'une soigneuse construction textuelle, avec des matériaux puisés aux sources les plus diverses, et un inextricable mélange de vrai et de faux[128].

Pour Maxime Decout, « Pasticher, c'est se donner une origine, se faire un corps de mots, fussent-ils ceux des autres. Multiplier les pastiches, c'est autant accepter des pères que refuser de venir après, de n'être que second[129]. »

Après la parution de La Disparition, Georges Perec écrit avec Jacques Roubaud et Pierre Lusson un traité sur le jeu de go, qu'il pratique notamment au moulin d'Andé[t]. Il est l'un des premiers joueurs de go français, bien que son niveau soit toujours resté faible[130].

« Pourquoi jouer ? [...] Sans doute, aussi, parce que l'enchevêtrement des pierres blanches et des pierres noires dessine des lignes, des réseaux, des zones agréables à regarder ;
Sans doute, enfin, parce qu'il s'agit d'un chemin infini.
Il n'existe qu'une seule activité à laquelle se puisse raisonnablement comparer le Go.
On aura compris que c'est l'écriture[131]. »

Entre 1978 et 1981 paraissent dans Le Point plus de 200 grilles de mots croisés. Perec y pratique une stratégie de l'évidence voilée, une distance entre l'énigme et sa solution. L'écart, ou le décalage, se fait jour au sein même des définitions, entre les diverses acceptions des termes qu'elle contient. L'évidence cachée fait du libellé une cachette suggestivement évidente, mystifiante et initiatique. Ainsi « Doit être rouge pour pouvoir être bleue » pour Viande. Sont dissimulés des apocopes, des aphérèses, des syncopes, dans un seul but : amener à voir autrement[132].

En 1980-1981 Télérama publie des Perec/rinations : outre 20 grilles de mots croisés portant chacune sur un des arrondissements de Paris, sont proposées des recherches d'itinéraires (Quel est le plus court trajet que l'on peut parcourir en empruntant le maximum de rues ? Comment composer dans le XIIIe arrondissement un itinéraire empruntant 24 rues différentes dont le nom commence par A, B ou C ?)

De 1980 à 1982, Perec compose avec Jacques Bens des jeux pour Ça m'intéresse et Jeune Afrique. Il les classe lui-même en huit catégories : mots croisés sans noirs ou carrés, proverbe caché, rébus, message codé, logique classique ou calcul, séries à intrus, vrai ou faux, acrostiches, anagrammes ou jeux de lettres. L'inspiration est oulipienne (trouver des titres de films incluant les quinze premiers nombres) ou purement perecquienne : dissimuler un message codé dans une série de six mots de six lettres présentés en carré est une version grandement simplifiée du Compendium de La Vie mode d'emploi[133].

Georges Perec publie entre 1974 et 1976 trois recueils de poésie : Ulcérations[u], La Clôture, Alphabets.

Il s'agit de poèmes hétérogrammatiques, l'Oulipo définissant un hétérogramme comme « un énoncé qui ne répète aucune de ses lettres. En poésie, chaque vers est l'anagramme d'un hétérogramme souche[134]. »

Tous ces poèmes sont construits à partir des 10 lettres les plus fréquentes de l'alphabet (E, S, A, R, T, I, N, U, L, O)

extrait du poème 1 d'Ulcérations

extrait du poème 1 d'Ulcérations

Premiers vers du poème 91 d'Alphabets

Premiers vers du poème 91 d'Alphabets

Extrait du denier poème de La Clôture de Georges Perec

Extrait du denier poème de La Clôture de Georges Perec

Cette priorité donnée au texte sur la langue — avec modification de l'orthographe si nécessaire — , cette opacité lexicale, cette relative obscurité, cette approche difficile, rend la lisibilité seulement potentielle[138], générant chez le lecteur « cette indulgence un peu distante qu'on accorde aux prouesses réussies mais gratuites[139]. »

Perec a également utilisé la contrainte du prisonnier qui, ayant peu de papier, se prive des lettres à jambage :

ouvre ces serrures caverneuses
avance vers ces œuvres rares
une encre ocre creuse son cerne
sous sa morsure azur – aucun
ressac ne navre encore ces aurores[140].

Venue de l'imperceptible
convexité de l’œil
ce par quoi on sait que la terre est ronde
l'éternité est circulaire
mais plate.

Le volume Théâtre I[w], paru en 1981 comprend deux pièces :

Perec traduit deux ouvrages de son ami Harry Mathews, Les Verts Champs de moutarde de l'Afghanistan (Tlooth) et Le Naufrage du stade Odradek (The Sinking of the Odradek Stadium). Ces traductions sont effectuées en « grande collaboration » avec l'auteur[147].

L'Histoire universelle devait être une vaste fresque faisant intervenir alternativement quatre récitants, chacun avec sa manière propre d'envisager les événements du passé. Le but était de brouiller le temps historique, en remplaçant l'ordre chronologique par des recours à l'ordre alphabétique et à l'ordre numérique[117].

Dans le Roman du XIXe siècle, Perec voulait construire un récit cohérent en intégrant, dans l'ordre où ils sont présentés, les fragments romanesques figurant dans le Lagarde et Michard[117]. Également en projet, un roman de science-fiction dans lequel travail et argent seraient remplacés par les lettres de l'alphabet : la vie serait une interminable partie de scrabble[148].

Après sa mort est publiée une partie de sa correspondance. En France celle avec son ami Jacques Lederer[149], en Allemagne celle avec son traducteur Eugen Helmlé[150]. Ses Entretiens et conférences sont réunis en plusieurs volumes[151],[152].

Le Hörspiel est une forme radiophonique spécifiquement allemande. Ni dramatique radio au sens théâtral du terme, ni pièce musicale, c'est une forme hybride de jeu pour l'oreille (hören = entendre ; spiel = jeu), mélangeant voix, musique et sons dans une écriture d'emblée prévue pour la radio[153]. Perec en conçoit plusieurs[154].

« L’art du Hörspiel est pratiquement inconnu en France. Je le découvris au moment où s’imposa pour moi le besoin de nouvelles techniques et de nouveaux cadres d’écriture. Très vite je m’aperçus qu’une partie de mes préoccupations formelles, de mes interrogations sur la valeur, le pouvoir, les fonctions de l’écriture pouvaient y trouver des réponses, des solutions que je ne parvenais pas encore à trouver dans le cadre de mes recherches purement romanesques. L’espace privilégié du Hörspiel – l’échange des voix, le temps mesuré, le déroulement logique d’une situation élémentaire, la réalité de cette relation fragile et vitale que le langage peut entretenir avec la parole sont ainsi devenus pour moi des axes primordiaux de mon travail d’écrivain[155]. »

Dans Die Maschine, écrit avec Eugen Helmlé, et diffusé par la Saarländischer Rundfunk en novembre 1968, une machine, représentée par cinq voix (celle du "speaker", celle, féminine, du "contrôle", et trois voix représentant trois répertoires textuels), décortique et manipule le célèbre poème de Goethe, Über allen Gipfeln ist Ruh[153]. Cette déconstruction[156] s'appuie sur cinq protocoles. Le premier est statistique et manipule le nombre de lettres, les rimes, les syllabes. Le second est linguistique et s'attaque à la structure du poème pour le réorganiser, en changer la forme en inversant les mots ou en réarrangeant les rimes. Le troisième est sémantique et modifie le sens du poème par différentes opérations comme l'isovocalisme[x]. Le quatrième est critique et met le poème en relation avec d'autres éléments concernant son auteur. Le dernier est poétique et par une explosion des citations insère le poème dans un corpus d’œuvres de la littérature mondiale traitant plus ou moins du même sujet. Par bugs volontaires et clinamens, le traitement est de plus en plus tourné vers l'auto-dérision. L’œuvre, diffusée régulièrement sur les radios allemandes, a beaucoup de succès[154],[157].

Wucherungen (Proliférations), diffusé en novembre 1969, est une adaptation à six voix de L'Art et la manière d'aborder son chef pour lui demander une augmentation[154].

Tagstimmen, diffusé en 1971, est « un tissu narratif continu qui, à partir d'un matériau de base très simple, essaye d'explorer au maximum les possibilités phonétiques de la langue et les possibilités musicales de la voix humaine[158]. » C'est un jeu autour de proverbes, de phrases toutes faites, de comptines[159]. L'ensemble, évoquant la journée d'un homme dans une grande ville, est traité de telle façon que l'on a l'impression d'écouter toutes les formes connues de la parole[153],[154].

Dans Fonctionnement du système nerveux dans la tête (1972) coexistent sur le plan acoustique la conférence d'un neuropsychologue sur le fonctionnement du système nerveux, et un discours ayant pour objet la perception par un enfant de la scène primitive[154].

Koncerstück für Sprecher und Orchester (1974) enregistre les musiques de la vie urbaine de tous les jours (violon de l'aveugle dans la rue, juke-box, autoradio d'un taxi) et les transcrit selon une combinatoire de 17 différentes formes discursives et musicales[154],[160]. Le fil narratif est explicite : le protagoniste est chargé de mener une enquête sur la musique dans la vie. Au long de la journée, le rôle de la musique change progressivement : d'une aura naturelle et idyllique, elle devient une interférence de plus en plus gênante. La structure est très complexe et anticipe celle de La Vie mode d'emploi. Peut-être à cause de sa durée, la pièce a peu de succès[161].

Épisode Situation Genres et interprètes Mélodies et variations
1 Dans la rue Thème et variations pour violon seul Voix seule, psalmodiant
2 Dans une taverne Contrepoint avec renversement pour un seul orateur au début, puis pour deux orateurs Le nouveau hit, sous la forme d'une chanson
5 Le disque rayé Chorale ostinato pour orgue Structures rythmiques pour voix masculine au téléphone
14 Au cinéma Fugue pour grand orchestre Chaconne pour deux stars de film et haut-parleurs de basse, brouhaha de cinémateurs

Par ailleurs, écrites sur commande de la société des piles électriques du même nom, les Extraordinaires aventures de Mr Eveready sont diffusées en 165 épisodes d'une dizaine de minutes chacun sur Radio-Abidjan en 1970[162]. Mr Eveready, sorte de super-héros à la fois présent et absent, est recherché par Antoine, jeune homme épris de justice, mais aussi par Morgan, un sinistre bandit. L'inspiration est à chercher du côté de Tintin, de Michel Strogoff et de Signé Furax. Ce feuilleton, outre son côté alimentaire, est pour Perec une forme de récréation de l'écriture, en parallèle, de W ou le souvenir d'enfance[153],[163].

En 1971, Perec collabore avec Philippe Drogoz à la mise en musique de son Petit abécédaire illustré, pour guitare et darbouka[164]. Les notes correspondent aux voyelles du texte : a donne la ou fa ; e donne ré ; i donne mi ou si ; o donne sol ; u donne ut[165].

Perec compose en 1972 une « partition graphique », Souvenir d'un voyage à Thouars[166]. Cette partition, qui permet une variété d’exécution illimitée en durée, en effectif instrumental et en notes, est jouée par le Groupe de recherches musicales[165].

Diminuendo est un opéra pour harmonium et piano de Bruno Gillet[164] sur un livret de Perec. Il comporte 14 « moments » d'une temporalité presque lisse, mettant en scène la conversation anodine de deux anciens amants autour d'une tasse de thé. Leurs silences structurent le discours[167].

L’Art effaré est un projet inachevé d'opéra conçu avec Philippe Drogoz. Celui-ci n'utiliserait que cinq notes de la gamme : do, ré, mi, la, si. Perec, pour le livret, n'utiliserait que ces cinq mêmes syllabes[168],[169].

En 1974, Georges Perec scénarise son roman Un homme qui dort. Le film qui en résulte, réalisé par Bernard Queysanne, avec Jacques Spiesser comme seul acteur et un texte lu en voix off par Ludmila Mikaël, obtient le prix Jean-Vigo. « Bernard Queysanne a joué sans concession la carte de la rigueur. L'évolution du personnage est à peine perceptible, et ce qui lui arrive pendant le temps de sa plongée semble dérisoire. On regrettera peut-être cette stagnation, cette uniformité. Mais, entre l'anecdote et l'envoûtement, il fallait choisir. Le réalisateur a parié pour l'envoûtement. Le pari est gagné[170]. »

Le 11 mai 1947, à l'âge de 11 ans, Perec ne se rend pas au lycée. Il relate cette journée dans un texte de 1965, Les Lieux d'une fugue[171], qu'il porte lui-même à l'écran pour l'INA en 1976. Le texte est composé à la troisième personne en 24 paragraphes décousus, sans ordre chronologique. Le film ne comporte aucun personnage, surtout pas l'enfant fugueur qui se met ainsi à distance. Le texte en voix-off lu par Marcel Cuvelier, ne correspond pas toujours à ce qui se voit sur l'écran. Les lieux ne sont pas reconstitués comme en 1947, mais filmés comme ils sont en 1976. La plupart des plans sont utilisés deux ou plusieurs fois, invitant à lire le déroulement comme une boucle. Le montage parallèle et le cadrage suggèrent la fragmentation[172].

« Dans ces deux cas, il s'est agi pour moi de prolonger un travail d'écriture en l'enrichissant d'un contrepoint d'images et de sons[173]. »

En 1979 Perec participe au tournage et écrit le texte du film de Robert Bober Récits d'Ellis Island, dans lequel ils explorent tous deux leurs racines juives communes.

En 1975, Perec lit son commentaire d'un épisode de La Vie filmée des Français, une série documentaire télévisuelle de Jean Baronnet conçue à partir d'archives de films 9,5 mm Pathé-Baby. Il rédige une petite partie du commentaire de Ahô... au cœur du monde primitif, un documentaire canadien réalisé par Daniel Bertolino et François Floquet[174]. Il retrouve Queysanne dans l'écriture du 36e épisode de la série Cinéma 16, intitulé L'Œil de l'autre, diffusé le 18 mai 1977 sur FR3.

En 1978 il participe à l'écriture et aux dialogues de Série Noire (1979) d'Alain Corneau. Celui-ci a expliqué son choix de Perec comme co-scénariste et dialoguiste : « C’est un dialogue qui a l’apparence d’être comme dans la vie. Maintenant, si j’ai pris Perec, ce n’est pas par hasard. Le pari était de prendre l’apparence du naturalisme, mais surtout de ne pas y tomber. Il fallait faire quelque chose de totalement irréaliste. Ce que disent les personnages dans le film, c’est sans arrêt à partir d’une base de lieux communs… Toutes les expressions sont retournées, utilisées au deuxième degré. Perec est un génie dans ce sens-là[175]. »

Perec participe également au scénario du dernier film de Jean-François Adam, Retour à la bien-aimée[176].

Perec produit le film Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz, écrit et réalisé par sa compagne Catherine Binet. C'est un désastre financier qui l'amène, alors qu'il est « toujours un peu ou beaucoup à court d'argent[177] », à devoir gager ses futurs droits d'auteur[178].

Perec se considère comme un homme de lettres, tout en précisant : « Un homme de lettres, c'est un homme dont le métier c'est les lettres de l'alphabet[179]. » Ses conceptions littéraires se forgent au début des années 1960, à l'occasion de textes qu'il publie dans Partisans, et lors de la préparation d'une revue qui devait s'appeler La Ligne générale.

Il estime dépassée l'opposition entre la littérature engagée, incarnée par Sartre, et les recherches purement formelles menées par les écrivains du Nouveau roman[180], les jugeant toutes deux inaptes à rendre compte de la complexité du monde moderne[181]. Il s'oppose au nihilisme de Robbe-Grillet et garde une foi indéfectible dans la puissance de l'acte créateur, susceptible de réconcilier l'homme avec son époque[182]. Perec a une conception hédoniste du roman : écrire lui a procuré une intense jubilation, à laquelle doit correspondre celle de son lecteur[183]. Il ne définit pas la littérature comme un Absolu, encore moins comme un Engagement, mais comme un Jeu, avec des contraintes formelles, ce qui lui permet de ne pas se laisser submerger par une enfance obscurément terrifiée, une enfance juive, kafkaïenne, forcément kafkaïenne, à laquelle il ne voudra jamais donner le pathos de Duras[176].

Perec définit, non pas quatre axes dans son travail, mais

« quatre interrogations qui posent peut-être en fin de compte la même question. La première peut être qualifiée de « sociologique » : comment regarder le quotidien ; la seconde est d'ordre autobiographique ; la troisième, ludique, revoie à mon goût pour les contraintes ; la quatrième concerne le romanesque, le goût des histoires et des péripéties, l'envie d'écrire des histoires qui se dévorent à plat ventre sur son lit. Mais cette répartition est quelque peu arbitraire : presque aucun de mes livres n'échappe à un certain marquage autobiographique, presque aucun non plus ne se fait sans que j'ai recours à telle ou telle contrainte[184] »

Il considère ces quatre « interrogations » comme déclinables dans tous les champs de la littérature :

« Mon ambition d'écrivain serait de parcourir toute la littérature de mon temps sans jamais avoir le sentiment de revenir sur mes pas ou de remarcher dans mes propres traces, et d'écrire tout ce qui est possible à un homme d'aujourd'hui d'écrire : des livres gros et des livres courts, des romans et des poèmes, des drames, des livrets d'opéra, des romans policiers, des romans d'aventures, des romans de science-fiction, des feuilletons, des livres pour enfants[185]... Je cherche en même temps l'éternel et l'éphémère[186]. »

Georges Perec est coopté à l'Oulipo en 1967. Il y trouve un cadre correspondant à ses préoccupations :

« Je me considère comme un pur produit de l’Oulipo. C’est-à-dire que mon existence d’écrivain dépend à quatre-vingt-dix-sept pour cent du fait que j’ai connu l’Oulipo à une époque tout à fait charnière de ma formation, de mon travail d’écriture[187] »

Pour Claude Burgelin, le mélange d'exigence et d'art de la dérive qu'offre l'Oulipo est exactement ce à quoi aspire Perec. Les outils donnés par cet atelier le libèrent de ce qui l'entrave. Ce qui l'illumine, c'est que l'Oulipo fasse de l'esprit de méthode un guide de la création littéraire. La place tenue par des principes mathématiques et par la rigueur dans les façons de construire, les règles énoncées comme des théorèmes lui donnent une nouvelle respiration. La langue se retrouve ainsi débarrassée de son pathos. Et prend forme une esthétique fondée sur l'élégance et la précision des procédures[188].

L'Oulipo est fondé sur le principe que la contrainte permet de se libérer des expressions, des formes et des rythmes rebattus, ce qui incite à la recherche de solutions originales. Il faut déjouer les habitudes pour atteindre la nouveauté. Ainsi, les membres fondateurs se plaisent à se décrire comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir[189]. » Pour Marcel Bénabou, « Le labyrinthe, c’est celui du langage, un labyrinthe fait de mots, de phrases, de paragraphes. La tâche de l’oulipien n’est pas de sortir de ce labyrinthe, mais plutôt de l’explorer sans trêve, d’y repérer des itinéraires nouveaux, des cheminements jusque là insoupçonnés. Et pour cela, il a besoin du fil d’Ariane que constitue pour lui chacune des contraintes qu’il se donne[190]. »

L'interprétation des textes de Georges Perec a donné lieu à une abondante littérature. Marcel Bénabou fait remarquer « qu'en fait de clés on a eu tout un trousseau : la clé sociologique, la clé autobiographique, la clé oulipienne, la clé juive, la clé métatextuelle, tout un cliquetis hétéroclite. Si je reste réservé sur le rôle dévolu à toutes ces clés, c'est qu'elles me paraissent soulever autant de difficultés qu'elles proposent de solutions. Et la principale de ces difficultés tient en fait aux deux constatations suivantes : d'une part chaque « inventeur » de clé se presse d'ériger la sienne en passe-partout, quitte à forcer un peu certaines serrures qui ont le mauvais goût de résister ; d'autre part, les informations que chacun croit trouver dans telle ou telle suggestion perecquienne sont d'un usage délicat : car Perec ne dit que ce qu'il a envie de dire, et il faut toujours beaucoup de prudence avec cet expert en trompe-l’œil, ce spécialiste de la « double couverture »[191]. » Il y a toujours un surplus, un potentiel de significations mettant en échec toute tentative abusive d'inscrire ses textes dans une perspective délimitée[192].

Considérant qu'une lecture naïve, attentive au seul référent, ou une lecture archéologique, attentive au seul signifiant, sont toutes deux illusoires parce que réductrices, l'un soumettant le texte aux règles de la logique "ordinaire", l'autre le ramenant à l'exécution mécanique d'un programme préétabli[193], Bernard Magné propose une « lecture oblique » des textes de Perec :

« Ce serait d'abord une lecture réjouissante, qui retiendrait des textes, de leur succession chronologique, de leur incessante variation de ton, de taille, de genre, le plaisir du morcellement, le charme du disparate.
Ce serait ensuite une lecture vigilante, attentive au détail, au minuscule.
Ce serait aussi une lecture convergente. De ces récurrences finirait par surgir une image : celle d'un projet cohérent tendu vers la construction d'une autobiographie qui, reconnaît Perec, « m'apparaît de plus en plus comme la seule écriture possible. »
Ce serait enfin une lecture effervescente. Loin de constituer pour le texte une grille unique d'interprétation, une fin ultime, cet encryptage autobiographique en permettrait au contraire la relance, par « un jeu entre le prévisible et l'imprévisible, la connivence et la surprise »[194]. »

Les textes de Perec « n'ont pas pour fonction de communiquer un message, de produire la place pour votre fiction réglée, des machines à fictionner à répétition, des œuvres d'art[195]. » Ce qui, non sans quelque ironie, se dispose sur le blanc de la page après qu'on a fini d'écrire, c'est un texte à (sur)prises multiples, méticuleusement combiné pour que jamais ne s'épuise la sagace lecture de l'amateur[196].

« Le projet d'écrire mon histoire s'est formé presqu'en même temps que mon projet d'écrire[197]. »

Philippe Lejeune qualifie Perec d'autobiographe « qui lucidement, patiemment, non par choix, mais parce qu'il était le dos au mur, a pris exclusivement des voies obliques pour cerner ce qui avait été non oublié, mais oblitéré, pour dire l'indicible[198]. » Il discerne neuf caractéristiques qui différencient Perec de l'autobiographe traditionnelle : la pudeur (celle qui interdit de mettre en scène les sentiments) ; la convivialité (avec des textes qui ne sont pas des images du vécu, mais des machines à faire produire par le lecteur) ; l'intertextualité (l'autobiographie est un texte, engendré par le travail sur d'autres textes ; l'opérabilité (les textes montrent quelque chose en train de se faire, que le lecteur ne peut saisir que s'il accepte de s'associer au mouvement) ; le sabotage (Perec déconstruit les cohérences. Non pas dans la fiction mais dans la réalité de sa propre vie, créant ainsi une écriture autobiographique du manque, de la faille, du malaise) ; le remplissage (pour quadriller le vide, puis le remblayer, boucher le trou du temps, garder des traces de tout, enregistrer, collectionner pour le passé, planifier pour l'avenir) ; l'obliquité (l'oblique, l'indirect, le dévié, la métonymie à perte de vue) ; le blocage (pas d'interprétation, on avance en sécurité à l'abri du sens) ; le cloisonnement et la dissémination (les projets autobiographiques de Perec évitent le récit, rabattent le temps sur le lieu, substituent à l'histoire la liste, à l'intrigue le montage – tous ceux qui impliquaient une totalisation, même partielle, ont été abandonnés)[199].

Si Perec a plusieurs fois insisté sur les rapports étroits entre son écriture et l'autobiographie, ses romans sont traversés par un conflit entre un acte d'écrire conçu comme « un acte qui se joue à deux » et le désir de faire de la page d'écriture le lieu d'une mémoire individuelle et privée[200].

Pour François Bon, « Perec obéit à cette injonction obscure de replier l'écriture sur sa propre nécessité intérieure, sa fonction la plus vitale (voire de survie)[201]. »

Michaël Ferrier relève que « Perec raconte sa propre histoire sans jamais en faire parade, mais au contraire la relie discrètement, souterrainement, à la mémoire du monde. Dans son autobiographie polymorphe, les problèmes d'intériorité ne sont jamais mis en avant. Le génocide des Juifs y joue, bien sûr, un rôle central, mais par-delà, s'y réverbèrent toutes les petites histoires, d'exil, d'errance et d'espoir qui forment le fond de la grande Histoire du XXe siècle. L'affirmation de l'identité ne passe jamais par un ressassement impudique mais, au contraire, par un retrait, une discrétion et une fantastique ouverture à l'autre. Ce qu'il fait entendre, c'est son histoire, particulière, mais aussi l'histoire des gens qui n'ont pas eu d'histoire, que l'histoire a laissé mutilés, comme une lettre qui manquerait dans un alphabet[202]. »

Pour Philippe Lejeune, « tous ces éclats d'oubli jalonnent maintenant la carte de la mémoire. Ils forment un réseau absurde. Mais on sent que tout le reste tient par-dessous, sans qu'on sache comment, comme par aimantation. Tout le reste qui est vraiment oublié. Et qui maintenant est là[203]. »

D'un point de vue littéraire, « en matière d'autobiographie individuelle et collective, l'entreprise littéraire de Georges Perec représente peut-être un tournant décisif dans l'histoire du genre, compte tenu de son indissociabilité d'avec la plus exigeante, la plus novatrice, la plus performante des recherches formelles[204]. »

Les références au judaïsme dans l’œuvre de Perec sont rares[y]. C'est le prolongement d'un défaut d'éducation juive initiale, suivi par un solide fond d'incuriosité. Perec ne sait rien du judaïsme comme religion ou comme culture, il ne connait ni le yiddisch ni l'hébreu. Son absence de curiosité pour ce qui touche au passé juif s'accompagne d'une indifférence ostentatoire pour ce qui ressemble à une activité communautaire. Étudiant marxiste, à l'époque de La Ligne générale, Perec ne peut accepter ni l'héritage religieux — qui contredit son idéal de laïcité —ni le sionisme — qui apparaît comme une impasse au regard des rêves internationalistes[205].

Il en est resté au « degré zéro de la judéité », une judéité qu'il définit par une série de négations, comme cela apparaît dans Ellis Island : « Je ne sais pas précisément ce que c'est qu'être juif, ce que ça me fait d'être juif. C'est une évidence si l'on veut, mais une évidence médiocre, qui ne se rattache à rien ; ce n'est pas un signe d'appartenance, ce n'est pas lié à une croyance, à une religion, à une pratique, à un folklore, à une langue[206]. »

Cependant, Perec fait le même chemin qu'une partie des intellectuels juifs de l'après guerre : un chemin qui commence dans le confort (tout relatif) de l'ignorance et du refus, et qui aboutit à l'inconfort lié au sentiment d'une rupture, d'une non-appartenance, d'un manque[207],[208]. Il déclare en 1976 avoir commencé à se sentir juif lorsqu'il a entrepris d'écrire l'histoire de son enfance[209].

Le manque n'est pas le manque de quelque chose, mais le manque premier avec lequel il faut bien vivre. Seule l'écriture permet de le combler. D'abord par la rencontre avec les parents disparus :

« J'écris parce qu'ils ont laissé en moi leur manque indélébile et que la trace en est l'écriture. L'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie[210]. »

Ensuite par la rencontre avec soi même : « Le projet d'écrire mon histoire s'est formé presque en même temps que mon projet d'écrire[211] »

Le manque devient d'abord thème (dans W ou le souvenir d'enfance), puis structure textuelle (dans La Vie mode d'emploi)[205].

Georges Perec passe son enfance rue Vilin, aujourd’hui partiellement disparue[212]. Ses parents et grands-parents y habitent, sa mère tient un salon de coiffure au n° 24. Après l'avoir « oubliée pendant des années[213] », il l'évoque dans W ou le souvenir d'enfance, puis l'inclut en 1969 dans son projet Lieux. De ce fait il s'y rend six fois de 1969 à 1975[214] et chronique sa destruction[215]. Au n° 24, il se borne à noter :« (ce fut la maison où je vécus) – Je ne suis pas rentré. »

En lisant la rue, Perec propose une construction de l'imaginaire, une intrication du symbolique, par des rapprochements insolites, par des oublis, des occultations, les pétrifications et les changements du décor[216]. Mais, malgré son caractère de litanie, plus on avance dans Lieux, plus le texte s’étiole, se raréfie, s’abandonne au silence et à son impossibilité[217].

« Il n'y a plus de rue Vilin que ce que nous en lègue Perec, constellation éclatée de textes, un secret sous l’œuvre[218]. »

Perec a suivi trois psychanalyses[219]. Avec Françoise Dolto, après sa fugue à l'âge de 11 ans ; avec Michel de M'Uzan en 1956-1957 ; avec Jean-Bertrand Pontalis de 1971 à 1975. Cette dernière est entamée après une période de dépression liée à la rupture avec Suzanne Lipinska[z], et au moment où l'écriture de W se bloque lorsqu'il tente de se lancer dans la partie purement autobiographique du texte. Passant sur l'interdit qui veut qu'un analyste n'évoque pas à chaud le cas d'un patient, Pontalis aborde le cas de Perec dans neuf de ses écrits, sous des pseudonymes transparents. Claude Burgelin interprète cette transgression comme la nécessité de témoigner de ce qui s'est passé de « si prenant » lors de l'analyse[220].

Le point de vue de Perec est d'abord exprimé par la publication de ses rêves de La Boutique obscure, « pour embêter son psychanalyste[80] ». Puis par son texte Les lieux d'une ruse[221], « remarquable approche de ce qu'est une psychanalyse à partir de considérations sur ce que produisent l'espace et le temps de l'analyse, l'enfermement dans un lieu avec une temporalité répétitive et des rituels quasi immuables, en ne tenant aucun propos d'aveu ou de confession[220]. »

Perec n'oublie cependant pas de moquer le langage employé par les psychanalystes dans Roussel et Venise[222]. Le fait qu'il ait été un usager intermittent de la psychanalyse n'a eu aucun effet sur son écriture, sinon de protection et de mise à distance[223].

Certains nombres jouent un grand rôle dans la structure et le contenu des textes de Perec. Ils sont signifiants. Le plus important d'entre eux est le 11. Dans La Vie mode d'emploi, l'immeuble est situé au 11 de la rue Simon-Crubellier, le fils de Sven Ericsson meurt noyé dans sa baignoire le 11 juin 1953, Salini retrouve la trace d'Elizabeth le 11 septembre 1959, Marguerite Winckler meurt pendant le onzième mois de 1943, il reste 11 aquarelles dans l'atelier de Gaspard Winckler, le peintre Hutting construit ses portraits à partir d'une séquence de 11 teintes. Le recueil poétique Alphabets regroupe des séquences de onze poèmes, dont chacun comporte onze séries de onze lettres, disposées sur la page selon les permutations réglées d'un groupe d'ordre onze. Ulcérations rassemble 400 anagrammes de onze lettres, organisés en onze parties numérotées. La première partie de W comprend onze chapitres. Dans La Disparition, le terme onze, inutilisable, est remplacé par de nombreuses occurrences de « cinq plus six, cinq ou six . » Dans « 53 jours », l'effondrement d'une tribune tue 11 ouvriers et l'un des lieutenants rassemble les débris de la XIe légion[193],[224].

Ce nombre est loin d'être anodin. C'est l'unique repère, l'unique trace de la mère disparue : « Ma mère n'a pas de tombe. C'est seulement le 13 octobre 1958 qu'un décret la déclara officiellement décédée, le 11 février 1943[225]. » L'écriture transforme ainsi un élément biographique en une structure formelle génératrice, tout en faisant de l'espace textuel, du lieu même de l'inscription, un substitut de cet autre lieu, improbable, innommable, inassignable[193].

D'autres nombres ont été identifiés comme récurrents chez Perec : le 17[226], le 43[227].

Perec définit les grands principes de son écriture dès 1963, dans son article Robert Antelme ou la vérité de la littérature. Il s'agit de transmettre une expérience, non en entassant les faits et en multipliant les descriptions, mais en les élaborant, en les transformant, en les intégrant dans un cadre littéraire spécifique. Pour lui, le véritable écrivain doit interposer entre son expérience et ses lecteurs, une grille. « Par le biais de la grille, l'écriture n'est plus soumise à la dictée de l'expérience. Comme plus tard pour Perec oulipien, par le biais de la contrainte l'écriture n'est plus soumise à la dictée de l'inspiration[228]. » Ainsi, il pourra « dire le dedans en ne décrivant que le dehors[229]. »

Pour Perec, écrire, c'est aménager l'espace de la parole, le baliser, le maîtriser, le prendre en charge. Pour arriver à reconstruire sa mémoire, il faut pouvoir délimiter et orienter l'espace des signes[95].

« Cette activité d'écriture pour moi est une manière continuelle de me définir par rapport au monde dans lequel je suis, en essayant de le comprendre, en essayant de jouer avec, en essayant de l'interpréter, de le dominer par la parole. Je ne suis pas le langage, j'essaye de le contourner, ou de me réfugier dedans pour produire des choses qui m'amusent, qui font que je décris les choses avec jouissance[230]. »

La grande singularité de son œuvre, sa variété, est signifiante d'un tâtonnement existentiel et d'un refus des carcans identitaires portés par le style, pour celui qui eut à construire ses propres liens de filiation[231]. Son itinéraire laisse progressivement apparaître une solide foi dans l'écriture comme processus transformationnel, comme transfert et restructuration d'un matériau donné. Son projet est vaste et ambitieux : le remaniement radical du roman contemporain[232] :

« L'ambition du « Scriptor », son propos, disons son souci, son souci constant, fut d'abord d'aboutir à un produit aussi original qu'instructif, à un produit qui aurait, qui pourrait avoir un pouvoir stimulant sur la construction, la narration, l'affabulation, l'action, disons, d'un mot, sur la façon du roman d'aujourd'hui[233]. »

Ses textes restent ouverts : « Cette idée d'un livre ouvert est très importante pour moi : qu'il soit en quelque sorte inachevé, en porte-à-faux. Il faut qu'on puisse rêver sur le livre et qu'on ait envie de jouer avec, de recommencer quelque chose dans un autre ordre[234]. »

L'écriture de Perec n'est jamais reliée à une langoureuse déploration, bien au contraire. Presque partout, un léger sourire plane sur cette œuvre. Alors même qu'il se confronte à des thèmes douloureux, il s'en échappe quelque chose de gai, de joyeux, de léger et de profond à la fois[235]. Sa langue a un rythme particulier : un rien de lenteur, à peine d'amplification et aucun abandon à l'excitation[236].

Dès la période de la Ligne générale est mise en avant une volonté de totalité, qui seule peut permettre une relation entre l'écriture et le réel. Mais Perec va plus loin : pour lui, tout ce que les écrivains ont produit fait partie du réel. Peuvent donc être mis à égalité l'espace fictionnel et l'espace tout court. Son œuvre pourra ainsi être diverse, mais cohérente, multiforme mais ordonnée[181].

« Ce qui, longtemps, est apparu comme un jeu purement formel, oulipien, relève au contraire d'un enjeu grave qui, peut-être est aussi celui du XXIe siècle : répondre à l'amnésie et à la béance du sens par la tentative d'épuiser le réel dans sa totalité – y compris le langage – et de le mettre en ordre, le classer interminablement mais sans jamais pouvoir lui découvrir, lui donner un sens autre que c'est là[237]. »

Perec ajoute à cette notion de totalité celle d'exhaustivité. Sa vision du réalisme est moins extensive qu'intensive, moins attentive à explorer une surface qu'à sonder une profondeur[238]. Il déclare s'inspirer « de ce qu'en peinture on appelle l'hyperréalisme. C'est en principe une description neutre, objective, mais l'accumulation des détails la rend démentielle et nous sommes ainsi tirés hors du réel[239]. » D'où la notion d'épuisement.

« Ne pas dire, ne pas écrire « etc. » Se forcer à épuiser le sujet, même si ça à l'air grotesque, ou futile, ou stupide[240] »

Pour Tentative d'épuisement d'un lieu parisien, Perec se rend pendant trois journées successives d'octobre 1974 Place Saint-Sulpice et effectue neuf prises d'écritures, depuis des postes d'observation différents, pendant cinquante minutes à deux heures et demi, pour noter « ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages[241]. » Il ne s'attache pas à décrire le lieu, mais en fait à la fois l'inventaire et le récit simultané, sans amplification, ni gros plan sur un détail, en restituant l'hétéroclite. L'écriture en temps réel cherche dans la masse des faits l’occurrence singulière, et donne l'impression de concurrencer le réel, sinon de le dédoubler, dans un récit hypnotisant[242]. En mai 1978, pour France Culture, il réitère l'expérience au Carrefour Mabillon pendant six heures[243]. Il rédige également une Tentative d’inventaire des aliments liquides et solides que j’ai ingurgités au cours de l’année mille neuf cent soixante-quatorze.

Cette activité de consigne et de collecte qui se veut sans terme peut frôler la manie. Une pareille mémoire de papier, artificielle, est le seul recours valable face à une amnésie que Perec sait ne pas pouvoir entretenir indéfiniment[244].

La totalité s'exprime également dans la notion de puzzle[aa] :

« Tout ce que je vais écrire s'organise comme un puzzle dont chaque livre serait une pièce – l'ensemble de tout cela participera au puzzle de la littérature contemporaine dont les pièces sont les écrits des autres auteurs. Et moi je vais remplir un vide dans ce puzzle[245]. »

Cependant le puzzle — comme celui de Bartlebooth dans La Vie mode d'emploi — reste inachevé, et « entre en cohérence avec une pratique du leurre et de la déception, une écriture de la trace et de l'absence[246]. » Car il y a une tension constante entre la hantise de la totalité et un continuel travail de fragmentation, une impossibilité de mettre en place toutes les pièces du puzzle[247].

Perec découvre la notion de contrainte lors de son entrée à l'Oulipo, qui marque une nette coupure dans son travail[248]. Cette approche est pour lui particulièrement féconde et irrigue toute son œuvre postérieure. Dépassant un formalisme mécanique, Perec en fait le moteur d'une "machine à raconter des histoires"

« J'aime multiplier les systèmes de contraintes lorsque j'écris : ce sont les pompes aspirantes de mon imagination[249]. »

Pour lui, la potentialité d'une contrainte semble être en proportion directe avec sa difficulté[250]. Celles qu'il utilise s'appliquent de façon privilégiée à la dimension matérielle de la langue, à ses signifiants. D'où des homophonismes, des anagrammes, des palindromes, des lipogrammes[251]. Mais la contrainte n'est pas un but en soi. Il importe moins d'appliquer une grille de travail sur un texte que de multiplier au contraire les systèmes d'écriture, de s'imposer des règles pour le plaisir de pouvoir en jouer et aussi pour les déjouer : « J'ai passé autant de temps à tricher qu'à respecter les règles, ce qui ne me gène pas du tout[252]. »

La Disparition respecte le premier principe de Roubaud : « Un texte écrit suivant une contrainte parle de cette contrainte[253]. » Renversant la domination hiérarchique du fond sur la forme, c'est le roman de la disparition du E, roman de ce qu'il raconte et récit de la contrainte qui crée ce qui se raconte[254].

Perec utilise beaucoup les possibilités offertes par la combinatoire. La Vie mode d'emploi est construite à partir d'un bi-carré latin d'ordre 10, Ulcérations comprend 400 permutations hétérogrammatiques. Il développe la sextine, poème de six strophes de six vers chacune dont les mots-rimes sont déterminés par une séquence mathématique. Raymond Queneau ayant démontré l'existence d'une telle séquence (nommée quenine) pour d'autres nombres, Perec utilise une quenine d'ordre 11 (onzine) dans la section en C d'Alphabets et une pseudo-quenine[ab] d'ordre 10 dans La Vie mode d'emploi pour régler les éléments de chaque chapitre[255]. Le travail sur la combinatoire se caractérise par l'économie de moyens, la plus grande variété d'agencements possibles, le refus de toute redondance. Il s'agit là de critères d'optimisation, de démarches susceptibles de disposer des meilleures conditions à la création de texte[255].

Pour Jean-François Chassay, en utilisant la contrainte, Perec n'a pas cédé à une manie mais, au contraire, « a joué l'essentiel : une superposition de deux systèmes sémiotiques. Celui qui « dit », comme dit la parole « normale », celui dont vous pourriez supposer qu'il provient d'une volonté de dire un message à un destinateur ; et l'autre, celui qui dit des nouvelles d'un tout autre monde, ou « e » n'existerait pas, où toute parole autre que palindromique, et donc à double sens, serait interdite, où les façades des immeubles parisiens seraient devenus des échiquiers invisibles et très particuliers que parcourraient, et pas n'importe comment, des cavaliers fantômes. Ce qui se joue dans ces contraintes ce ne sont pas des fictions de mondes, mais c'est notre monde, notre univers sémiotique lui-même transporté dans la fiction, ce sont des textes qui jouent du Discours sur un autre instrument que notre langue habituelle, ce sont des textes qui jouent double jeu[256]. »

« Quand on établit un système de contraintes, il faut qu'il y aussi de l'anticontrainte dedans. Il faut – et c'est important – détruire le système des contraintes. Il ne faut pas que ça soit rigide, il faut qu'il y ait du jeu, que ça grince un peu ; il ne faut pas que ça soit complètement cohérent ; un clinamen, c'est dans la théorie des atomes d'Epicure : le monde fonctionne parce qu'au départ il y a un déséquilibre[257]. »

Le clinamen perecquien se distingue de la « version oulipienne standard. » Par sa complexité : il est au moins aussi sophistiqué que le contrainte qu'il a pour objet de contester[ac]. Par son aptitude à produire du sens : il rend le texte, non seulement moins mécanique, mais plus signifiant, en l'intégrant dans un réseau de relations souvent fort complexes[258].

La transparence apparente des textes de Perec, « ourdis de manière un peu trop polie pour être tout à fait honnête[259] », est piégée. Les passages a priori anodins dissimulent trappes et labyrinthes, ils suscitent l'hésitation, nécessitent un retour patient à la case départ, et provoquent un malaise admiratif chez le lecteur échaudé qui, pourtant, en redemande aussitôt[260].

De même que les facéties verbales ou le marquage autobiographique, le faux caractérise l'écriture de Perec : présence dans toute son œuvre de personnages de faussaires, fréquence des allusions ou de références à de fausses œuvres d'art, intérêt pour le trompe-l’œil, présence d'une rubrique faux dans le Cahier des charges de La Vie mode d'emploi, recours quasi systématique à l'altération volontaire. Un Cabinet d'amateur est l'histoire d'une gigantesque mystification, dans laquelle le faux triomphe parce qu'il est identifié par sa copie. Perec, en « conteur jubilatoire », ne traite pas le faux comme objet de fiction, mais comme un moyen privilégié de produire de la fiction[126].

Selon le principe que « la meilleure des ruses est de sembler ne pas en avoir[261] », Perec pratique la double couverture, une révélation partielle servant de masque[262], alors qu'un leurre peut en cacher un autre[263]. Par exemple, au chapitre XIV de La Vie mode d'emploi, l'insertion d'un portrait de Dinteville écrit par Cadignan fait croire à l'existence d'un vrai texte de Cadignan, alors qu'il s'agit d'un faux texte de Cadignan masquant un vrai texte de Rabelais[264].

De l'aveu même de Perec, son écriture est tendue entre deux visées à première vue inconciliables : rester caché, être découvert[265]. Les dévoilements de certains aspects de sa machinerie textuelle s'accompagnent d'une immanquable théorie d'omissions et de chausse-trapes[266].

Ce mécanisme de la ruse, étroitement dépendant des thèmes de la judéité et du deuil, permet à Perec de contourner son enfance et son identité, dans le double sens d'éviter et de dessiner les contours[267]. Ce qui n'empêche pas son œuvre d'être d'une profonde cohérence, en déclinant inlassablement les problèmes du sens, de la connaissance, de la mémoire, dans une écriture porteuse d'une réflexion sur le langage[268].

Perec se livre en permanence à des opérations de prélèvement, de détérioration, d'insertion, d'amélioration d'autres textes[269],[270]. Il est fasciné par les possibilités d'invention qu'offre « le fait de se lover dans les phrases des autres pour mieux les déloger. C'est être ôteur pour être auteur[271]. » Cette action d'appropriation minutieuse allie une sorte de gourmandise aimante ou maniaque à l'égard du texte d'origine à la patience un peu machiavélique d'une pratique de faussaire[272].

Les Choses multiplient les emprunts à Flaubert[ad]. Quel petit vélo... emprunte à La Fontaine, Flaubert, et Gide. Un homme qui dort multiplie allusions et citations, au point de tourner parfois au centon, et s'écrit entre Kafka et Bartleby l'écrivain. La Disparition intègre des versions sans e de Brise marine (Mallarmé), de Booz endormi (Hugo), de Voyelles (Rimbaud), de trois sonnets de Baudelaire et des résumés lipogrammatiques de L'Élu (Thomas Mann), de L'Invention de Morel (Bioy Casares), du Zahir (Borges), de Rosa (Maurice Pons), de Moby DIck (Melville). La partie fictionnelle de W ou le souvenir d'enfance comporte de nombreuses références à Jules Verne. La Vie mode d'emploi fait appel à 30 auteurs répertoriés dans son Post-scriptum[273]. La Poche Parmentier comprend un long collage de La Station Champbaudet de Labiche[274]. La plupart des tableaux d'Un cabinet d'amateur renvoient à des éléments évoqués dans La Vie mode d'emploi[275]. Perec offre une clé en attribuant à onze tableaux de la collection Raffke un numéro de catalogue correspondant au numéro du chapitre qui a généré le tableau en question[276].

Perec revendique ces chapardages : « Tout ce que les écrivains ont produit fait partie du réel de la même manière que le réel », déclare-t-il dans une conférence à Warwick[277]. Mais ces citations et autocitations demeurent implicites, tantôt camouflées dans le récit par la disparition des marques traditionnelles comme guillemets ou italiques, tantôt signalées comme discours empruntés, mais avec des attributions fantaisistes, et parfois accompagnées de quelques indices— plus ou moins faux — pour les signaler[278].

Perec parvient à donner des lettres de noblesse à la copie qui, sous sa plume, devient une virtualité neuve de l'art[279]. Pour lui, « il faut lire entre les livres comme on lit entre les lignes[280] » et il voit cet « art citationnel » comme « le relais nécessaire de toute invention[281]. »

Ce choix lui permet de combler le vide généalogique que lui a imposé sa condition d'orphelin, de se donner une famille selon son cœur, celle de ses pères littéraires[181].

« Si vous voulez copier Perec, copiez sa manière de copier », résume Philippe Lejeune[282].

Claude Burgelin identifie trois pôles dans l’œuvre et le « parcours mental » de Georges Perec : la mémoire absente d'une langue originelle perdue, manque qui fonde sa relation à l'écriture et à la lettre ; l’image de la clôture, cet enclos — chambre, immeuble, île — dans lequel tournent plusieurs de ses livres ; la reprise d'un même mouvement : recommencer à commencer, principe moteur de presque toute l’œuvre[283].

Bernard Magné propose une synthèse de l’œuvre de Perec autour de la notion d'æncrage. Il la définit comme une fusion de l'encrage — procédés concrets d'écriture, mécanismes inscrits dans le texte perecquien et qui lui donnent sa ou ses formes — et de l'ancrage — repères qui permettent de donner sens et unité à une histoire individuelle mise en pièces par les effets dévastateurs de l'histoire[284]. Pour lui, l'æncrage se définit par trois caractéristiques : récurrence, possibilité d'être relié à un élément autobiographique, base d'une contrainte formelle[285].

Magné identifie quatre catégories d'æncrages :

Roland Brasseur se gausse de ces constructions savantes et revendique le simple plaisir de la lecture : « Jusqu'à ces dernières années, on s'est passé des biographèmes et des æncrages pour lire Perec, et rien n'interdit à quiconque de se passer encore de ces rassurants passe-partout[290]. »

Hugues Corriveau a une lecture pessimiste : « Y-a-t-il moyen de ne souligner qu'une euphorie de lecture dans cette œuvre toute empreinte d'une folle envie de la mort, d'un irrésistible désir de s'abîmer dans la matière, dans la fragile et aléatoire réussite de ses projets ? Nous sommes aux prises avec une œuvre absolument catastrophique, qui se laisse constamment séduire par la déception, qui frôle toujours, avec ironie soit, mais non moins sincèrement, le malheur, la tentation absolue de l'échec, tant dans les recherches formelles que dans les fictions et personnages. Ces textes, sous des apparences drolatiques, cachent insidieusement de formidables tragédies, des héros gangrénés par l'ironie inquiétante de leurs projets, des tensions dramatiques à la limite du silence, du désastre. Là où se semble se dessiner quelque possibilité de réussite, advient l'inévitable détournement qui modifie le cours des choses, qui renvoie l'entreprise à sa propre négation[291]. »

Ce que confirme Maurice Corcos : « La dimension commune aux personnages perecquiens, c'est leur réaction blanche ou quasi délirante à un événement traumatique, témoignant d'un processus de demétaphorisation du monde face à l'ébranlement du sens, puis leur tentative de transmettre ne serait-ce que les berges du trou dans lequel ils ne cessent de tomber[292]. »

En tout cas, pour Dominique Rabaté, Perec est « le point pivotal » de la littérature du XXe siècle, par sa façon de nouer ensemble, par des modalités littéraires encore inédites, ce qui était séparé ou contradictoire : l'individu et la collectivité, l'oubli et la mémoire, le sujet et l'anonyme, le sociologique et le particulier, le tragique et la parodie, l'original et la copie, l'invention et la réécriture[293].

Marcel Bénabou explique l'extraordinaire succès posthume de l’œuvre par ce qu'il nomme « le paradoxe de Perec », un mélange unique de proximité et de singularité : Perec est perçu comme un écrivain amical, voire fraternel, avec un souci du lecteur constamment perceptible[117].

« Ce sont là des textes résolument écrits pour le lecteur, pour lui offrir l'occasion d'une lecture où expérimenter, jouer, chercher, découvrir, déconstruire et reconstruire, se passionner s'écrier bon-sang-mais-c'est-bien-sûr... Où lire, en somme. Lire à la rencontre d'un auteur d'abord soucieux de ne pas fermer les voies d'accès à cette rencontre, soucieux de circonscrire les lieux d'un véritable travail à deux où les souvenirs, les lectures, les interrogations, les provocations malicieuses, le symptôme métatextuel omniprésent, sont autant d'invites à partager avec lui le travail qui fera le texte[204]. » Perec a horreur du « lecteur-paillasson. Il y a dans tous ses textes une place pour moi, pour que je fasse quelque chose. Un appel à moi comme à un partenaire, un complice. Je dois prendre le relais[294]. »

Les pistes n'en finissent plus de se croiser, de se décroiser, de se recroiser ; d'étranges coïncidences démentent les précédentes ; les permutations, les inversions nous plongent parfois dans un labyrinthe, parfois dans un miroir. L'information est revue, contredite, corrigée, mélangée, cachée, faussement dévoilée. Perec nous entraîne dans une (re)découverte perpétuelle de la (re)lecture de son œuvre. On n'en a jamais terminé avec lui[295].

L'aura des textes de Perec semble pourtant difficile à définir. Il se joue « quelque chose d'essentiel dans ses pages, quelque chose que nous ne parvenons pas toujours à saisir, pourtant tout armés que nous sommes de nos théories et de nos outils critiques », déclare l'universitaire Jean-Luc Joly[296].

Le singulier destin posthume de Perec, devenu en quelques années seulement une figure majeure de la littérature, s'est accompagné d'une certaine mythisation[297],[298]. Situation non sans danger, car elle a encouragé une intense pulsion d'analyse de l’œuvre dans tous ses recoins, source d'altérations et d'approximations hasardeuses[117]. Les formules ressassées autour de son œuvre et de sa personne, finissent par en barrer l'accès[299].

Depuis sa mort en 1982, nombreux sont les écrivains qui sont hantés ou aiguillonnés par sa présence : ses exigences, sa manière de jouer, de déplacer, d'arpenter, de questionner, d'enlabyrinther. Au terme de la rédaction de La Vie mode d'emploi, il se réjouissait d'avoir fait « imploser le roman ». Mais ce sont presque tous les genres qu'il a fait se décaler, se desserrer, se recomposer autrement. Il a aussi fait sortir les sciences humaines de leurs procédures et de leurs méthodes, en posant quelques questions toutes simples sur nos façons de penser, de classer, d'énumérer, de regarder. Il a contribué à renouveler notre vision des lieux et des temps. Il nous a amenés à considérer autrement notre relations à nos espèces d'espaces, à regarder notre quotidien comme une question et non comme un donné, à chercher sous l'infra-ordinaire ce dont nous détournons si souvent les yeux[300].

L'« effet Perec[301] » s'est diffusé dans la littérature mais aussi dans les sciences sociales. Paul Nizon, Paul Auster ou Gao Xingjian se réclament de son influence. Martin Winckler et Xabi Mola considèrent que sa lecture les a en quelque sorte « décomplexés » face à l'écriture, leur permettant de se lancer dans le travail d'écrivain. Pierre Bourdieu, dans La Distinction, évoque les personnages des Choses, Howard Becker lui consacre des articles, Jean-Luc Godard cite des extraits dans Masculin féminin. Son lectorat est un des plus variés qui soit[117],[301].

Trois films ont été consacrés à Georges Perec

Plaque funéraire de Georges Perec au columbarium du cimetière du Père-Lachaise (division 87 ; case no 382).

Sont nommés en hommage à Georges Perec :

L'astéroïde (2817) Perec, découvert en 1982, porte son nom.

La Poste française a édité un timbre Georges Perec 1936-1982 dessiné par Marc Taraskoff, d’après une photo d'Anne de Brunhoff, et gravé par Pierre Albuisson, émis le 23 septembre 2002.

Le 7 mars 2016, soit 80 ans après sa naissance, Google lui dédie un doodle[304].

Le 13 mars 2018 une journée entière est consacrée à Georges Perec sur Twitter. Ce #JourSansE, organisé par Réseau Canopé[305] sur une idée d'Emmanuel Vaslin, a vu la publication sur le réseau social de 10 000 contributions, respectant la double contrainte des 280 caractères et du lipogramme en "e", clin d'œil à son roman La Disparition[306],[307],[308],[309].

Chaque vendredi matin, de janvier à juin 2020, Emmanuel Vaslin invite sur Twitter tous les contributeurs intéressés à partager des fragments d’écriture respectant la contrainte des 280 signes et incluant le hashtag #infraPerec répondant, en clin d’œil à son ouvrage L'Infra-ordinaire[310], aux questions posées par un objet du quotidien, du banal, de l’ordinaire (mes chaussures, ma rue, ma boîte aux lettres, l'écran de mon téléphone...)[311],[312].

Le 3 mars 2022, pour les 40 ans de la mort de Perec, Pierre Ménard, Emmanuel Vaslin, Thomas Baumgartner et Hélène Paumier proposent en ligne sur Twitter une performance collective en donnant rendez-vous à qui le veut pour une «Tentative d'épuisement d'un lieu planétaire »[313].

En mars 2024, les éditions L'Œil ébloui entament la publication de 53 livres de 53 pages écrits par 53 auteurs différents en hommage à Georges Perec[314].

imitation d'une plaque de nom de rue parisienne, se lisant « 2012 ; place Georges Perec ; écrivain français 1936-1982 » ; tous les E ont été effacés.

Plaque « Disparition » en hommage à Georges Perec.
Œuvre de l'artiste Christophe Verdon. Café de la Mairie, place Saint-Sulpice à Paris.

Créée à la fin de l'année 1982 par Éric Beaumatin, l'Association Georges Perec[315] a « pour but de promouvoir la lecture, l'étude et le rayonnement de l'œuvre de Georges Perec et de développer, de conserver et exploiter un fonds documentaire qui est sa propriété et dont la vocation est publique ». Ce fonds documentaire comprend les manuscrits, la quasi-totalité des éditions françaises et étrangères des œuvres de Perec, ainsi que des études consacrées à cet auteur. Elle accueille également les travaux universitaires, francophones ou non, se rapportant à celui-ci.

Sise à Paris, à la bibliothèque de l'Arsenal, l'Association Georges Perec accueille les chercheurs lors de sa permanence hebdomadaire. Elle organise un séminaire précédemment mensuel, maintenant annuel, où, depuis 1986, des chercheurs viennent présenter leurs travaux. Elle publie un bulletin bisannuel interne ainsi que les Cahiers Georges Perec[316].

Les œuvres de Perec sont éditées individuellement ou en recueils. Deux anthologies ont été publiées :

  1. Perec dans W ou le Souvenir d'enfance (première partie, chapitre VIII) orthographie le nom de sa mère « Schulevitz »

  2. « La graphie de son nom, Perec, est celle de son père, mais non celle de son grand-père ou de son oncle qui, eux, s'appellent Peretz » Claude Burgelin, Album Georges Perec, Gallimard, 2017, p. 14

  3. « Peut-être autant par prosélytisme que par souci de protection. » W ou le souvenir d'enfance. Cité par Paulette Perec 2001, p. 25

  4. Perec la raconte dans un texte de 1965 et en tire un film en 1976

  5. En janvier 2025, la mise en vente par les héritiers de Suzanne Lipinska de lettres et de textes intimes de Perec la concernant fait l'objet d'un recours en justice par les ayants-droit de Perec[34]

  6. Perec note sur le manuscrit daté du 27 décembre 1956 : « Toute explication, esthétique ou métaphysique, n'aurait fait qu'enlever à ces quelques pages leur possible spontanéité. » (Cahier de l'Herne n° 116, 2016, p.33)

  7. Un nombre impressionnant de figures de la rhétorique classique se retrouvent dans l'index — volontairement incomplet et parfois légèrement biaisé —, mais ce recensement a été effectué a posteriori, comme un clin d’œil supplémentaire au lecteur averti ; il n'a pas été générateur de texte[56].

  8. Perec rédige également une Histoire du lipogramme

  9. Le n° 2 des Cahiers Georges Perec publie des documents liés à la genèse de l'ouvrage final. (Textuel 34/44, Université Paris VII, 1988)

  10. Les majuscules sont de Perec.

  11. (Anglicisme) Élégant, raffiné, chic

  12. Fourrure d’agneau caracul à laine frisée, mort-né, ou abattu très jeune

  13. Ouvrage de fil, de soie, ou d’autre matière, qui est composé d’une espèce de tête arrondie et de filets pendants, et dont on se sert pour attacher ou orner les vêtements.

  14. Plaque qui distingue les grades supérieurs dans les ordres de chevalerie

  15. Pièce d’étoffe plissée utilisée pour rehausser l’apparence d’un vêtement ou d’un rideau

  16. Il ne s'agit pas d'une coquille, mais de répondre à la contrainte n° 22 : Diminution.

  17. Première phrase de Bouvard et Pécuchet de Flaubert

  18. À la recherche de l'étang perdu , La Châtreuse de Parme, Crime et bâtiment, Lotus solus, Le Singe d'une nuit d'été, Pour qui sonne le gras, Six personnages en quête d'horreur, Les Livraisons dangereuses, Ulysse au pays des merveilles, Exercices de stylet, Le Tour du monde en quatre-vingt meurtres. (Manuscrit publié dans le Cahier de l'Herne n° 116, 2016)

  19. Sa bibliographie recense, par exemple, des auteurs comme Alka-Seltzer ou Balalaïka.

  20. Un tournoi de go est évoqué dans La Disparition

  21. Paru dans La Bibliothèque oulipienne n° 1, 1974, puis repris dans le recueil La Clôture

  22. Perec avait fait part de la « terreur » que serait pour lui d'écrire de la poésie « librement » (Entretien avec Jean-Marie Le Sidaner, L'Arc, n° 76, 1979)

  23. Il n'y eut jamais de Théâtre II

  24. Procédé de substitution d'un mot par un autre comportant les mêmes voyelles

  25. Marcel Bénabou livre sa maigre moisson dans les Cahiers Georges Perec, n° 1, P.O.L, 1985, p.17.

  26. qu'il avait rencontré au Moulin d'Andé

  27. Le Préambule de La Vie mode d'emploi contient une longue réflexion sur l'art du puzzle

  28. L'existence d'une quenine d'ordre 10 n'étant pas démontrée, Perec utilise un algorithme légèrement différent assorti de recherches empiriques

  29. Ainsi le recours au « Manque » et au « Faux » dans La Vie mode d'emploi

  30. Perec a donné plusieurs versions de la liste de ses emprunts à Flaubert. Elles sont synthétisées dans Entretiens et conférences, Nantes, Éditions Joseph K., 2003, volume I, p. 33 note 7.

  31. Que deviennent Kara dans Quel petit vélo ?, M. Jérôme, Paul Hébert ou Grégoire Simpson dans La Vie mode d'emploi ?

  32. Magné 1999, p. 103 fait remarquer qu'il s'agit « d'un nom-puzzle pour un faiseur de puzzle figure centrale d'un roman-puzzle »

  33. Albert Vidalie, Les Bijoutiers du clair de lune ; Jacques Audiberti, Molière ; Elsa Triolet, Histoire d'A. Tchekhov ; Ernst-Robert Curtius, Essais sur la littérature européenne ; Jean-Pierre Richard, Littérature et sensation ; Donald Windham, Canicule ; Marcel Lallemand, Bonheurs II ; Félicien Marceau, Balzac et son monde ; René de Obaldia, Tamerlan des cœurs ; Henri Thomas, La Cible ; Driss Chraïbi, Les Boucs.

  34. L'usure contrôlée, L'indestructible Rolls, Le papier roi, Les idées du jour, Trois critiques cinématographiques, Le vrai petit bistrot, Astérix au pouvoir, Éloge du hamac, Du lexique et des antiquaires, La dictature du whisky, Esquisse d'une théorie des gadgets, Des drugstores et de leur environnement, Le computeur pour tous, Le hit-parade, Pour un usage rationnel du bouillon, Principes élémentaires de la diversification, Du terrorisme des modes, En guise de bienvenue [non publié], Le livre, le lit, le litre [non publié]

  35. Repris au Festival d'Avignon le 28 juillet 1973 sur une musique de Philippe Drogoz. (Fiche BNF)

  36. Jeu de mots sur l'expression grecque Gnothi seauton

  37. La Disparition. Cité par Claude Burgelin, Georges Perec, Seuil, 1988, p. 107

  38. Burgelin 2017, p. 15.

  39. a et b Paulette Perec 2001, p. 13.

  40. Burgelin 2017, p. 17.

  41. a et b Burgelin 2017, p. 15-17.

  42. Le Belleville de Georges Perec, vidéo INA, 1976

  43. a b et c Paulette Perec 2001, p. 14.

  44. Burgelin 2017, p. 50.

  45. Burgelin 2017, p. 18.

  46. Burgelin 2017, p. 23.

  47. Burgelin 2017, p. 28-29.

  48. « Avec son nouveau livre, Olivia Elkaim installe un jeu de miroirs bouleversant entre elle-même la mère de l’écrivain Georges Perec, morte à Auschwitz en 1943 », Le Monde,‎ 20 février 2026 (lire en ligne)

  49. Burgelin 2017, p. 31.

  50. Paulette Perec 2001, p. 27.

  51. Paulette Perec 2001, p. 22.

  52. Burgelin 2017, p. 38.

  53. Paulette Perec 2001, p. 29.

  54. Burgelin 2017, p. 39-41.

  55. Paulette Perec 2001, p. 31.

  56. a et b Burgelin 2017, p. 43.

  57. Paulette Perec 2001, p. 41-42.

  58. Burgelin 2017, p. 45.

  59. a et b Burgelin 2017, p. 51.

  60. Paulette Perec 2001, p. 49.

  61. Paulette Perec 2001, p. 51.

  62. Burgelin 2017, p. 52.

  63. Paulette Perec 2001, p. 55.

  64. Burgelin 2017, p. 60.

  65. Burgelin 2017, p. 59-62.

  66. Paulette Perec 2001, p. 58-59.

  67. Burgelin 2017, p. 61.

  68. Burgelin 2023, p. 251.

  69. Burgelin 2017, p. 91.

  70. « Bataille autour d’un carnet intime de Georges Perec », Le Monde,‎ 21 janvier 2025 (lire en ligne, consulté le 22 janvier 2025)

  71. Paulette Perec 2001, p. 78.

  72. Denis Cosnard, « Mort de Paulette Perec, veuve de Georges Perec », Le Monde.fr,‎ 7 novembre 2016 (ISSN 1950-6244, lire en ligne).

  73. Paulette Perec 2001, p. 86.

  74. Grégory Vouhé, « Georges Perec de La Rochelle à Oléron », L’Actualité Nouvelle-Aquitaine n° 116, printemps 2017 Lire en ligne

  75. Burgelin 2017, p. 142.

  76. [vidéo] « Interview : Paul Otchakovsky-Laurens au sujet du décès de Georges Perec | INA » (consulté le 31 octobre 2024)

  77. Ville de Paris, Plan du Père Lachaise, sépultures des personnalités les plus demandées

  78. Magné 1999, p. 6-7

  79. Burgelin 1988, p. 11.

  80. Ewa Pawlikowska, « Premières tentatives d'écriture : l'inachevé, le fragmentaire », dans Parcours Perec, Presses Universitaires de Lyon, 1990 (ISBN 2-7297-0365-9), p. 14

  81. Conférence à Adélaïde, octobre 1981, citée par Matthieu Rémy, Perec, premiers écrits, L'Herne n° 116, 2016, p. 51

  82. Lettre à son cousin Henri, citée par Matthieu Rémy, Perec, premiers écrits, L'Herne n° 116, 2016, p. 52

  83. Burgelin 2023, p. 79

  84. Jacques Lederer, « Premières lectures, premiers romans », Cahiers Georges Perec, Éditions du Limon, no 4,‎ 1990, p. 47-51

  85. Claude Burgelin, préface au Condottière, Seuil, 2012, p. 9-10.

  86. Patrizia Molteni, « Faussaire et réaliste : le premier Gaspard de Georges Perec », Cahiers Georges Perec, Seuil, no 6,‎ 1996, p. 64

  87. Burgelin 2023, p. 100

  88. Entretien Georges Perec / Ewa Pawlikovska, Littératures, n° 7, printemps 1983, Presses Universitaires du Mirail, p. 70 Lire en ligne

  89. a et b « Pouvoirs et limites du romancier contemporain - Conférence de Warwick, 5 mai 1967 », dans Parcours Perec, Presses Universitaires de Lyon, 1990 (ISBN 2-7297-0365-9), p. 36-37

  90. Burgelin 2023, p. 110.

  91. Jean Duvignaud, « Effet d'éloignement par rapport aux choses », L'Arc, no 76,‎ 1979, p. 24-25

  92. Marcel Bénabou, « Vraie et fausse érudition chez Perec », dans Parcours Perec, Presses Universitaires de Lyon, 1990 (ISBN 2-7297-0365-9), p. 44

  93. Isabelle Mimouni, Quel petit vélo..., Folioplus classiques, 2011 (ISBN 978-2-07-044112-9), p. 145

  94. Sylvie-Rosienski-Pellerin, « Jeux péritextuels », Études littéraires, vol. 23, nos 1-2,‎ Été-automne 1990, p. 29 et 41 (lire en ligne)

  95. Burgelin 2023, p. 120-121

  96. Jacques-Denis Bertharion, Poétique de Georges Perec, Librairie Nizet, 1998 (ISBN 2-7078-1239-0), p. 23

  97. Burgelin 2017, p. 81.

  98. Magné 2002, p. 19

  99. Maurice Corcos, Penser la mélancolie, une lecture de Georges Perec, Albin Michel, 2005, p.75. (ISBN 978-2-226-16827-6)

  100. Burgelin 2017, p. 96.

  101. Marcel Bénabou, Introduction à What a man !, Le Castor astral, 1996, p.7

  102. Bernard Magné, « Les Revenentes : de l'effervescence entre lengge et texte », Perecollages 1981-1988, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail,‎ 1989, p. 177 (ISSN 0563-9751)

  103. Magné 2002, p. 19.

  104. Chapitre XXVII

  105. « quenine », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, 25 mai 2024 (lire en ligne)

  106. Magné 2002, p. 20-21.

  107. Jacques-Denis Bertharion, Poétique de Georges Perec, Librairie Nizet, 1998 (ISBN 2-7078-1239-0), p. 143-163

  108. Jacques Roubaud, « S'écrire sous la contrainte », dans Portrait(s) de George Perec, Bibliothèque Nationale de France, 2001 (ISBN 978-2-7177-2153-9), p. 119

  109. Gabriel Josipovici, À propos de La Vie mode d'emploi, Revue Europe, n° 993/994, janvier-février 2012, p. 106

  110. Catherine David, Le Nouvel Observateur, 18 septembre 1978.

  111. a et b Bernard Magné, « Peinturecriture », Perecollages 1981-1988, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail,‎ 1989, p. 214 (ISSN 0563-9751)

  112. Dominique Quélen, Jean-Christophe Rebejkow, « Un cabinet d'amateur : le lecteur ébloui », Cahiers Georges Perec, Seuil, no 6,‎ 1996, p. 173

  113. Cité par Maxime Decout, À la manière de Georges Perec, L'Herne, n° 116, 2016, p. 82

  114. Laurent Demanze, La philologie fantastique de Georges Perec, L'Herne, n° 116, 2016, p. 84

  115. Espèces d'espaces. Cité par Cécile de Bary, Une mémoire fabuleuse. De l'Histoire à l'histoire, dans Georges Perec et l'histoire, Études Romanes, n° 46, Université de Copenhague, 2000

  116. a et b En dialogue avec l’époque, propos recueillis par Patrice Fardeau, France nouvelle no 1744, 16-22 avril 1979 ; repris dans Entretiens et Conférences, éditions Joseph K., 2003, tome II, p. 66-67.

  117. Les Lieux d'une ruse, dans Penser/Classer. Cité par Daphné Schnitzer, Entrer dans La Boutique obscure (sans se heurter à la table), Études romanes, n° 46, Université de Copenhague, 2000, p. 184

  118. a b et c Philippe Lejeune, « Le bourreau Véritas », Cahiers Georges Perec, Textuel 34/44. Université Paris VII, no 2,‎ 1988, p. 101-117

  119. Burgelin 1988, p. 139.

  120. Manet van Montfrans, Georges Perec, la contrainte du réel, Amsterdam, Rodopi, 1999 (ISBN 978-90-420-0595-2), p. 9

  121. Marcel Bénabou et Jean-Yves Pouilloux, « Présentation », Cahiers Georges Perec, Textuel 34/44. Université Paris VII, no 2,‎ 1988, p. 5

  122. Burgelin 1988, p. 137.

  123. Burgelin 1988, p. 8.

  124. W..., chapitre II

  125. Philippe Lejeune, Le bourreau Véritas, Cahiers Georges Perec, n° 2, 1988, p. 101

  126. Mireille Ribière, « L'autobiographie comme fiction », Cahiers Georges Perec, Textuel 34/44. Université Paris VII, no 2,‎ 1988, p. 35 note 3

  127. Manet van Montfrans, Georges Perec et la contrainte du réel, Rodopi, 1999, p. 136

  128. Philippe Lejeune, La Mémoire et l'oblique, P.O.L, 1991, p. 239

  129. a et b Jacques Jouet, « Je me souviens », Le Nouveau dictionnaire des œuvres, Robert Laffont, vol. III,‎ 1994, p. 3732 (ISBN 2-221-07711-3)

  130. Roland Brasseur, Je me souviens encore mieux de Je me souviens, Le Castor Astral, 2003 (ISBN 978-2-85920-544-7), p. 10-14

  131. a et b Jean-Denis Bertharion, « Je me souviens : un cryptogramme autobiographique », Le Cabinet d'amateur, Les Impressions nouvelles, no 2,‎ automne 1993, p. 73-84 et 251

  132. Ellis Island, description d'un projet, dans le recueil Je suis né, Seuil, 1990, p.98-99, (ISBN 978-2-02-012654-0)

  133. Corinne Maury, « Ellis Island, du site d'accueil au lieu blâmé », Revue des lettres modernes, no 6,‎ 2019, p. 125 (ISSN 0035-2136)

  134. Théo Soula, « Ellis Island, au carrefour des géographies perecquiennes », Revue des lettres modernes, no 1,‎ 2019, p. 82 (ISSN 0035-2136)

  135. Cité par Stéphane Lima, Perec, (non) lieu à Ellis, Revue des lettres modernes, 2019, n°6, p.96

  136. Julien Roumette, « Introduction », Revue des lettres modernes, no 6,‎ 2019, p. 25 et 29 (ISSN 0035-2136)

  137. Lettre à Maurice Nadeau, 7 juillet 1969, citée par Régine Robin, Un projet autobiographique inédit de Georges Perec, L'Arbre, Le Cabinet d'amateur, n° 1, Les Impressions nouvelles, Printemps 1993, p. 6

  138. Régine Robin, « Un projet autobiographique inédit de Georges Perec, L'Arbre », Le Cabinet d'amateur, Les Impressions nouvelles, no 1,‎ printemps 1993, p. 5-28

  139. Espèces d'espaces, p. 76. Cité par Jacques-Denis Bertharion, Poétique de Georges Perec, Nizet, 1998, p. 230

  140. Derek Schilling, Mémoires du quotidien : les lieux de Perec, Presses Universitaires du Septentrion, 2006 (ISBN 978-2-85939-894-1), p. 156

  141. Maurice Corcos, Penser la mélancolie, une lecture de Georges Perec, Albin Michel, 2005, p. 201. (ISBN 978-2-226-16827-6)

  142. Maurice Olender, Penser/Classer : la dynamique de l'atelier posthume de Perec, L'Herne, n° 116, 2016

  143. L'Infra-ordinaire, cité par Jacques-Denis Bertharion, Poétique de Georges Perec, Nizet, 1998, p.238

  144. L'infra-ordinaire, p. 12. Cité par Manet van Montfrans, Georges Perec et la contrainte du réel, Rodopi, 1999, p.135

  145. a et b Maxime Decout, « Les Madeleines de Georges Perec », dans Revue Europe (no 993/994), janvier-février 2012 (ISBN 978-2-351-50045-3), p. 3-7

  146. Maryline Heck, « Pour un Perec Politique », dans Relire Perec, Presses Universitaires de Rennes, 2016 (ISBN 978-2-7535-5053-7), p. 77 et 79

  147. Jaquette de présentation rédigée par Perec.

  148. p. 109 de l'édition de 1985.

  149. Derek Schilling, Mémoires du quotidien : les lieux de Perec, Presses Universitaires du Septentrion, 2006 (ISBN 978-2-85939-894-1), p. 25

  150. Derek Schilling, Mémoires du quotidien : les lieux de Perec, Presses Universitaires du Septentrion, 2006 (ISBN 978-2-85939-894-1), p. 108

  151. Cité par Marie-Claire Bancquart, Un Paris lipogrammatique, Poésie, n° 94, octobre 2002, p.53

  152. Bernard Magné, entretien avec Jacques Bens, Nouveaux jeux intéressants, Zulma, 1998

  153. a b c d e et f Marcel Bénabou, « Un regard amical sur Georges Perec », L'Herne, no 116,‎ 2016

  154. Presbytère et Prolétaires, le dossier P.A.L.F., présenté par Marcel Bénabou, Cahiers Georges Perec, n° 3, Éditions du Limon, 1989

  155. Presbytère et Prolétaires, le dossier P.A.L.F., présenté par Marcel Bénabou, Cahiers Georges Perec, n° 3, Éditions du Limon, 1989

  156. a et b Bernard Magné, postface à L'Art et le manière..., Hachette, 2008

  157. Écouter en ligne

  158. Bernard Magné, Construire l'anodin, les Deux cent quarante-trois cartes postales en couleurs véritables, Le Cabinet d'amateur, n° 1, Les Impressions nouvelles, Printemps 1993, p.29-54

  159. « « What a Man ! », de Georges Perec : le feuilleton littéraire de Camille Laurens », Le Monde,‎ 21 novembre 2019 (lire en ligne)

  160. Cité par Claude Burgelin, Georges Perec, Seuil, 1988, p. 81

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  172. Mireille Ribière, La poésie en question dans La Clôture et autres poèmes de Georges Perec. Le Cabinet d'amateur, n°1, 2015. Lire en ligne

  173. Jacques-Denis Bertharion, Poétique de Georges Perec, Librairie Nizet, 1998 (ISBN 2-7078-1239-0), p. 189

  174. Perec a regretté que ces poèmes n'aient jamais été lus comme des poèmes, mais comme des « exploits » (Entretien avec Patrice Fardeau, France Nouvelle, 18 avril 1979, cité par Bernard Magné, Cahiers Georges Perec n° 5, Éditions du Limon, 1992, p. 49. n. 98)

  175. Bernard Magné, Quelques considérations sur les poèmes hétérogrammatiques de Georges Perec, Cahiers Georges Perec, n° 5, Éditions du Limon, 1992

  176. Extrait publié dans Mireille Ribière, « La poésie en question dans La Clôture et autres poèmes de Georges Perec », Le Cabinet d'amateur,‎ 2015 (lire en ligne)

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  192. La « note d'intention » et la liste des contraintes sont publiées dans les Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023, p. 124-126

  193. Valentin Decoppet, « Perecallement, traduire Die Maschine en français », dans Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023 (ISBN 979-10-92752-98-4), p. 128 et 147

  194. Bellos 1994, p. 490

  195. La « note d'intention » est publiée dans les Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023, p. 217-223

  196. Présentation et graphique combinatoire sont publiés dans les Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023, p.224-227

  197. Chiara Nannicini Streitberger, « Les (en)jeux radiophoniques de Tagstimmen et de Konzertstück », dans Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023 (ISBN 979-10-92752-98-4), p. 155-165

  198. La Description générale est publiée dans les Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023, p. 231-241

  199. Hans Hartje, « Les extraordinaires aventures de Georges Perec en Oulipie », Cahiers Georges Perec, Le Castor astral, no 8,‎ 2004, p. 149-169

  200. a et b Des extraits de la partition sont publiés dans les Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023

  201. a et b Vincent Bouchot, « De la musique dans l’œuvre de Georges Perec : fréquentations, thèmes, structures », Cahiers Georges Perec, Éditions du limon, no 4,‎ 1990, p. 97-120 (ISBN 2-907224-12-3)

  202. La partition est publiée en annexe 3 du Cahier Georges Perec n° 1, P.O.L, 1985, (ISBN 978-2-86744-045-8)

  203. Vincent Bouchot, « Diminuendo, un opéra de Georges Perec et Brunot Gillet », dans Cahiers Georges Perec n° 15, Les Venterniers, 2023 (ISBN 979-10-92752-98-4)

  204. Christian Leble, « Publication de «L'Art effaré», vrai faux opéra composé par Perec, il y a dix ans », sur Libération

  205. Philippe Bouteloup, « Choses simples », Spirale, vol. 91, no 3,‎ 5 décembre 2019, p. 143–145 (ISSN 1278-4699, DOI 10.3917/spi.091.0143, lire en ligne)

  206. Jean de Baroncelli, Le Monde, 27 avril 1974. Lire en ligne

  207. Texte repris dans le recueil Je suis né.

  208. Wilfrid Mazzorato, « Ne pas aller en cours et rédiger un devoir de mémoire : à propos du film Les Lieux d'une fugue », Cahiers Georges Perec, Le Castor astral, no 9,‎ 2006, p. 131-141 (ISBN 978-2-85920-679-6)

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  213. Burgelin 2023, p. 248

  214. Marina Vlady, C'était Catherine B., Fayard, 2013 (ISBN 978-2-213-66145-2), p. 21 et 31

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  216. Bernard Magné, préface à Magné 2002, p. 9-34

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  221. Notes sur ce que je cherche dans_Penser/Classer_. Cité par Christelle Reggiani, Perec, poète lyrique, Poésie, n° 94, 2002, p. 24

  222. Épigraphe du chapitre XCIX de La Vie mode d'emploi

  223. Entretiens et conférences, vol. II, Joseph K., 2003, p. 148-149

  224. Burgelin 2023, p. 142-143.

  225. Jacques Bens, Oulipo 1960-1963, Christian Bourgois, 1980 (ISBN 2-267-00230-2) , p. 43 — Réédité sous le titre Genèse de l'Oulipo, 1960-1963, Édition revue, augmentée et présentée par Jacques Duchateau, Le Castor astral, 2005 (ISBN 2-85920-593-4)

  226. Marcel Bénabou, Petit complément à l'adresse présidentielle in Bloomfield, Lapprand, Thomas, Oulipo@50/L'Oulipo à 50 ans, p.23

  227. Marcel Bénabou, Perec et la judéité, Cahiers Georges Perec, n° 1, P.O.L, 1985, p. 16

  228. John Pedersen, « Histoires per excellence... Une lecture d'Un homme qui dort », Études romanes, no 46,‎ 2000, p. 141 (ISSN 1395-9670)

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  248. « La rue Vilin, le lieu de l'enfance », sur France Culture - Audio, 57 min, 11 mars 2024

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  251. L’Humanité, 11 novembre 1977, repris dans le recueil L'Infra-ordinaire.

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  253. Philippe Piedevache, « La rue Vilin » : télescopage de l’Histoire », Le Cabinet d'amateur,‎ juillet 2011 (lire en ligne)

  254. François Bon, L'Espace commence ainsi, L'Œil ébloui, 2024, p. 38.

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  257. Un dessin de Charlie Hebdo représente la lettre e sur le divan

  258. Paru dans le recueil Cantatrix Sopranica L., Seuil, 1991, p. 84-85

  259. Jacques Lecarme, « Perec et Freud ou le mode d'emploi », Cahiers Georges Perec, Éditions du Limon, no 4,‎ 1990, p. 122-123

  260. Cette liste d'exemples est largement complétée dans Bernard Magné, L'autobiotexte perecquien, Le Cabinet d'amateur, n° 5, Presses Universitaires du Mirail, Juin 1997, p. 16-18

  261. W, p. 65, cité par Bernard Magné, Pour une lecture réticulée, Cahiers Georges Perec, n° 4, Éditions du Limon, 1990, p.159

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  263. Bernard Magné, L'autobiotexte perecquien, Le Cabinet d'amateur, n° 5, Presses Universitaires du Mirail, juin 1997, p. 18

  264. Marcel Bénabou, Perec et la judéité, Cahiers Georges Perec, n° 1, P.O.L, 1995

  265. Thierry Bodin-Hulin, Trajet Perec, L’œil ébloui, 2024, p. 50. (ISBN 978-2-490364-38-1)

  266. Entretien avec Ewa Pawlikowska, Littératures, n° 7, printemps 1983. Cité par Jean-François Chassay, Le Jeu des coïncidences dans La Vie mode d'emploi, Le Castor Astral, 1992, p.30

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  269. La Disparition

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  274. Magné 2002, p. 12.

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  277. Tentative d'épuisement d'un lieu parisien. Cité par Derek Schilling, Mémoires du quotidien : les lieux de Perec, Presses Universitaires du Septentrion, 2006, p. 118

  278. Derek Schilling, Mémoires du quotidien : les lieux de Perec, Presses Universitaires du Septentrion, 2006, p. 118-128

  279. Écouter en ligne

  280. Derek Schilling, Mémoires du quotidien : les lieux de Perec, Presses Universitaires du Septentrion, 2006 (ISBN 978-2-85939-894-1), p. 16

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  298. Bernard Magné, « « 53 jours » pour lecteurs chevronnés », Études littéraires, Université Laval, vol. 23, nos 1-2,‎ Été-automne 1990, p. 188

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  300. Bernard Magné, « Le puzzle mode d'emploi », Perecollages 1981-1988, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail,‎ 1989, p. 215 (ISSN 0563-9751)

  301. W ou le souvenir d'enfance, cité par Dominique Bertelli, Des lieux d'une ruse, dans L'Œuvre de Georges Perec, réception et mythisation, Rabat, Université Mohammed-V, 2001, p. 255

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  303. Jacques-Denis Bertharion, Poétique de Georges Perec, Librairie Nizet, 1998 (ISBN 2-7078-1239-0), p. 273

  304. Jacques-Denis Bertharion, Poétique de Georges Perec, Librairie Nizet, 1998 (ISBN 2-7078-1239-0), p. 7

  305. Ewa Pawlikowska, « Post-scriptum : figures de citations dans La Vie mode d'emploi de Georges Perec », Texte en main, no 6,‎ hiver 1986, p. 70. Un corpus de citations figure en annexe de l'article (ISSN 0761-8239)

  306. Un Catalogue raisonné des emprunts intertextuels dans l’œuvre de Georges Perec a été publié par Raoul Delemazure. Lire en ligne

  307. Claude Burgelin, Georges Perec, Seuil, 1988, p. 211

  308. Andrée Chauvin, « Le jeu des erreurs ou métamorphoses en minuscules », Études littéraires, vol. 23, nos 1-2,‎ Été-automne 1990, p. 108

  309. Bernard Magné, « Quelques pièces pour un blason, ou les sept gestes de Perec », dans Portrait(s) de Georges Perec, Bibliothèque Nationale de France, 2001 (ISBN 978-2-7177-2153-9), p. 196-198

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  328. Maurice Corcos, Penser la mélancolie, une lecture de Georges Perec, Albin Michel, 2005, p. 202, (ISBN 978-2-226-16827-6)

  329. Dominique Rabaté, « L'individu collectif dans Espèces d'espaces », dans Revue Europe (no 993/994), janvier-février 2012 (ISBN 978-2-35150045-3), p. 44

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  335. Burgelin 2023, p. 19.

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  338. Andrée Chauvin-Vileno, « Perec de biais et de face, la mémoire en filmant », Cahiers Georges Perec, Le Castor astral, no 9,‎ 2006, p. 255-272 (ISBN 978-2-85920-679-6)

  339. « Vous souvenez-vous de Gaspard Winckler ? L'angoisse du vide », Le Monde,‎ 10 février 1991 (lire en ligne)

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  353. Un long commentaire de Perec à propos d'une première version est publié dans le Cahier de l'Herne, n° 116, 2016

  354. Entretiens, conférences, textes rares, inédits, Joseph K., 2019, p. 980

  355. Déjà parues dans L'Arc n° 76, 1979

v · mGeorges Perec
Œuvres 35 Variations sur un thème de Marcel Proust « 53 jours » Alphabets L'Augmentation L'Attentat de Sarajevo La Boutique obscure Cantatrix sopranica L. Les Choses La Clôture Le Condottière La Disparition Ellis Island Espèces d'espaces L'Infra-ordinaire Je me souviens Je suis né L.G., une aventure des années soixante Lieux Les Lieux d'une fugue Penser/Classer Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du go Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? Récits d'Ellis Island Les Revenentes Tentative d'épuisement d'un lieu parisien Un cabinet d'amateur Un homme qui dort La Vie mode d'emploi Le Voyage d'hiver W ou le Souvenir d'enfance
Personnages Liste des personnages de La Vie mode d'emploi Gaspard Winckler
Univers littéraire Clinamen Lipogramme Littérature potentielle Oulipo
Lieux (2817) Perec Moulin d'Andé Rue Vilin
Relations Robert Antelme David Bellos Marcel Bénabou Catherine Binet Robert Bober Jean Duvignaud Pierre Getzler Eugen Helmlé Suzanne Lipinska Bernard Magné Harry Mathews Paulette Perec Bernard Queysanne Jacques Spiesser
Bibliographie Bibliographie sur Georges Perec
v · mOulipo
Oulipiens Noël Arnaud Michèle Audin Valérie Beaudouin Marcel Bénabou Jacques Bens Claude Berge Eduardo Berti André Blavier Paul Braffort Italo Calvino François Caradec Bernard Cerquiglini Ross Chambers Stanley Chapman Samuel Deshayes Marcel Duchamp Jacques Duchateau Luc Étienne Frédéric Forte Paul Fournel Anne F. Garréta Michelle Grangaud Jacques Jouet Latis Étienne Lécroart François Le Lionnais Jean Lescure Hervé Le Tellier Daniel Levin Becker Guillaume Marie Pablo Martín Sánchez Harry Mathews Clémentine Mélois Michèle Métail Ian Monk Oskar Pastior Georges Perec Raymond Queneau Jean Queval Louise Rose Pierre Rosenstiehl Jacques Roubaud Olivier Salon Albert-Marie Schmidt
Contraintes Anagramme Boule de neige Clinamen Contrainte artistique volontaire Contrainte du prisonnier Lipogramme Liste des contraintes de l'Oulipo Méthode S+7 Monovocalisme Mot d'une lettre Palindrome Pangramme Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume Tautogramme Textée
Ouvrages Abrégé de littérature potentielle La Bibliothèque oulipienne Esthétique de l'Oulipo Formules La Littérature potentielle
ouXpo Oubapo Oulipopo Oupeinpo Ouphopo Outrapo Ouvroir d'x potentiel
Connexions Collège de 'Pataphysique Littérature potentielle
v · mShoah en France
Article général : Shoah Articles connexes par pays : Albanie Allemagne Autriche Belgique Biélorussie Croatie Estonie France Grèce en zone sous occupation bulgare Hongrie Italie Lettonie Lituanie Luxembourg Norvège Pays-Bas Pologne Roumanie Russie Serbie TchécoslovaquieBohême-Moravie région des Sudètes Slovaquie Ukraine
Cadre juridique Loi du 22 juillet 1940 (révision des naturalisations obtenues depuis 1927) Lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy Loi relative aux ressortissants étrangers de race juive Loi portant statut des Juifs Loi du 2 juin 1941 remplaçant la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs Collaboration policière sous le régime de Vichy Chronologie de la collaboration du régime de Vichy dans le génocide des Juifs
Rafles Rafle du billet vert Rafle du 20 août 1941 Rafle des notables Rafles de Rouen Rafle du Vel' d'hiv Rafles de Nancy Rafle du 26 août 1942 Rafles de Périgueux Rafle de Saint-Étienne Rafles de Limoges Rafle du 11 septembre 1942 Rafle du 24 septembre 1942 Rafle du 5 novembre 1942 Rafle de Tunis Rafle de Marseille Rafle de la rue Sainte-Catherine Rafle de Neufchâteau Rafle de Villeurbanne Rafle d'Annecy Rafle de Clermont-Ferrand Rafle d'Amiens Rafle du 10 janvier 1944 Rafle de Dijon (1944) Rafle de la Martellière à Voiron Rafle de Brive-la-Gaillarde Rafle d'Izieu Rafle de La Varenne-Saint-Hilaire Rafle de Louveciennes Rafle de la rue Vauquelin Rafle de l'avenue Secrétan Rafle de Saint-Mandé Rafle de Neuilly Autobus parisiens et la Shoah
Camps Argelès-sur-Mer Agde Austerlitz Bassano Beaune-la-Rolande Brens Douadic Doullens Drancy Gurs La Lande des Monts Lévitan Marseille (Hôtel Bompard, Hôtel Terminus du Port, Hôtel du Levant, Centre du Brébant) Les Mazures Mérignac Les Milles Natzweiler-Struthof Nexon Noé Pithiviers Poitiers (Camp de la route de Limoges) Le Récébédou Camp de Rieucros Rivesaltes Royallieu Saint-Cyprien Saint-Paul d'Eyjeaux Septfonds Les Tourelles Vénissieux Le Vernet Vittel Camp de Bedeau et camp de Djelfa (Algérie) Prison Montluc Camp des Rochères et de la Poterie
Assassinats et déportation Assassinat par la Milice française de sept Juifs au cimetière de Rillieux (29 juin 1944) Massacre des puits de Guerry (24, 26 juillet, 8 août 1944) Convois de la déportation des Juifs de France SNCF et la Shoah Gare de Bobigny Convoi no 78 du 11 août 1944
Responsables allemands de la mise en œuvre Otto Abetz Ernst Achenbach Horst Ahnert Klaus Barbie Werner Best Kurt Blanke Karl Bömelburg Alois Brunner Theodor Dannecker Hans-Dietrich Ernst Herbert Hagen Ernst Heinrichsohn Gerhard Heller August Hirt Helmut Knochen Kurt Lischka Carl Oberg Heinz Röthke Carltheo Zeitschel
Responsables français de la mise en œuvre Alexandre Angeli Joseph Antignac François Bard (amiral) Joseph Barthélemy Louis Bourgain René Bousquet Yves Bouthillier Amédée Bussière Jérôme Carcopino Pierre Caziot François Darlan Joseph Darnand Marcel Déat Jacques Doriot Yves Fourcade Émile Hennequin Philippe Henriot Pierre Laval Louis Darquier de Pellepoix Jean Leguay François Lehideux Pierre Paoli Maurice Papon Charles du Paty de Clam Commissaire Permilleux Philippe Pétain Marcel Peyrouton Marcel Julien Henri Ribière Maurice de Rodellec du Porzic Lucien Rottée Maurice Sabatier Paul Touvier André Tulard Xavier Vallat Milice française
Spoliation Devisenschutzkommando Commissariat général aux questions juives M-Aktion
v · m Victimes notables Victimes notables A – B Henri Abraham Julien Abrahamer Éric Allatini Elena Allatini Salomon Altermann Hans Ament Jacques Arbizer Olga Bancic Tatiana Barbakoff Hélène Basch Victor Basch Jean-Claude Bauer André Baur Albert Bendrihen Joseph Benzacar Claude Ben Zimra Léon Berman Jean-Guy Bernard Léonce Bernheim Reysa Bernson Dweira Bernson-Verhaeghe Hélène Berr Raymond Berr Fanny Beznos Jacques Biélinky Nachman Bindefeld André Bloch Denise Bloch Élie Bloch Eugène Bloch Gilbert Bloch Louise Bloch Marc Bloch Raïssa Bloch René Blum Sophie Blum-Lazarus Moïse Blumenstock Joseph Boczov David Brainin Robert Brunschwig Suzanne Buisson Albert Bulka C – F Béatrice de Camondo Joseph Cogan Kadmi Cohen Léo Cohn Marianne Cohn Pierre Créange Benjamin Crémieux Édouard Crémieux Elie Cyper Erna Dem David Donoff Albert Dreyfus-Sée Vladimir Dyck André Elbogen Madeleine Elbogen Thomas Elek Robert Enoch Henri Epstein Joseph Epstein Ralph Erwin Richard Fall Alexandre Fasini Aizik Feder Florette Feissel Philippe Feist Maurice Feferman Jacques Feldbau Valentin Feldman Maurice Fingercwajg Benjamin Fondane Otto Freundlich Simon Frid G – J Régine Gattegno Jonas Geduldig Johanna Geissmar Joséphine Getting René Gimpel Léo Glaeser Ernest Ginsburger Vila Glasberg Esther Gluck Salomon Gluck Simone Goldberg Sura Goldfajn Jacques Gotko Marcel Gradwohl Roger Gradwohl Samuel Granowsky Szlama Grzywacz Claude Gutmann Paul Haguenauer Jacques Halpern Herta Hauben Jacques Helbronner Chaim Herman Pál Hermann Robert Herzog Rudolf Hilferding Berthe Hirsch René Hirschler Simone Hirschler Alice Hohermann Jacob Hopensztand Nathan Hosanski Léon Israël Tamara Isserlis Sylvain Itkine Adolphe Javal André Jacob Max Jacob Louise Jacobson Hélène Jakubowicz Benjamin Jourist K – L Jacques Kahn Robert Kahn Moïse Kahlenberg Chaja Karaulnik Isidore Kargeman Israël Leizer Karp Ytshak Katzenelson Léopold Kaufmann Roger Kespy Jacques Kipman Henri Klein Samy Klein Bereck Kofman Georges André Kohn Samuel Kohn Chana Kowalska Nathalie Kraemer Mala Kriegel Louis Krzyzkowski Armand Lambert Ernest Lambert Raymond-Raoul Lambert François Lang Henri Lang Marcel Langer (1903-1943) Pierre Lanzenberg Marcel Lattès Albert Lautman Blanche Le Bris Max Leiner Edith Lettich Sarah Levan-Reifman Élie Lévy Henri Lévy Madeleine Lévy Deborah Lifchitz Marco Lipszyc René Lisbonne Marcelle Loeb Maurice Loebenberg Fritz Loebmann Rose Löwenbraun Zinovy Lvovsky M – R Georges Mandel Iouri Mandelstam Pierre Masse August L. Mayer Marcel Mermelstein Paula Mermelstein Hélène Metzger Robert Meyers Jacques Milkin Jacqueline Morgenstern Fernand Musnik Litman Nadler Robert Najberg Bernard Natan Irène Némirovsky Léon-Maurice Nordmann Casimir Oberfeld Fernand Ochsé Louise Ochsé Sonia Olschanezky Young Perez Louise Pikovsky Bella Pochez Georges Politzer Siegfried Prock Josué Pruner Édith Pulver Mila Racine Marcel Rajman Robert Ralphy Jean-Jacques Rein David Rapoport Denis Roger-Marx Alma Rosé Horst Rosenthal Meyer Rosner Markus Rottenberg Saoud l'Oranais S – Z Joseph Saks Charlotte Salomon Hélène Schapiro Sacha Schapiro Willy Schapiro Nadine Schatz Benjamin Schatzman Maurice Schlisselmann Simone Schloss Maurice Schlosser Bernard Schonberg Jacques Schwob d'Héricourt Ariadna Scriabina Mojzesz Seiden ‎ Aron Skrobek Marcel Slodki Jacques Solomon Jeanine Sontag Marcel Steinbach Hersz Strasfogel Luise Straus-Ernst Samy Stourdzé Roger Taubert Hirsch Trocki Samuel Tyszelman Alfred Valensi Paul Velsa David Vogel Wolf Wajsbrot Nicole Weil-Salon Juliette Weill Léon Weissberg Joachim Weingarten Joseph Wiener Raymond Winter Rosette Wolczak Aron Wolf Mathieu Wolf Marc Wolfson Eugène Wollman Léon Zadoc-Kahn Fernand Zalkinow Émile Zeizig Annette Zelman Miron Zlatin
v · m Survivants notables Survivants notables A – B Moussa Abadi Pierre Abraham Paul Ackerman Jules Adler Milo Adoner Pierre Aidenbaum Louise Alcan André Amar Alfred Ament Jean Améry Léo Ansbacher Ernest Appenzeller Alexis Aron Émile Aron Louis Aron Suzanne Aron (Benoit-Lévy) Jean-Michel Atlan Liliane Atlan Raymond Aubrac Blanche Auzello Gérard Avran Édouard Axelrad Robert Badinter Barbara Henri Baruk Joseph Bass Nicolas Baudy Nina Baumstein Julien Benda Gabriel Bénichou Bençion Rabinowicz Doris Bensimon Daniel Béresniak Lili Berger Léo Bergoffen Jean-Jacques Bernard Tristan Bernard Antoine Bernheim Nicole-Lise Bernheim Claude Berri Joseph Bialot Maurice Bidermann Joseph Biéder Albert Bigielman Gerda Bikales Norbert M. Bikales Robert Birenbaum Suzanne Birnbaum Danielle Bleitrach Claude Bloch Edmond Bloch Jacques Bloch Ève Line Blum-Cherchevsky Marcel Bluwal Robert Bober Henri Borlant Alfred Brauner Françoise Brauner Victor Brauner Max Julius Braunthal Colette Brull-Ulmann Henry Bulawko Bernadette Byk C – E Jean Cahen-Salvador Julien Cain Moïse Cassorla Moshé Catane David Catarivas Annette Chalut Georges Charpak Thérèse Chassaing Rachel Cheigam-Grunstein Jean-Claude Chermann Francine Christophe Paul Chytelman Michel Ciment Suzanne Citron Robert Clary Fernand Cohen Henriette Cohen Marcel Cohen (écrivain) Jacques Cohn Marthe Cohn Herta Cohn-Bendit Albert Crémieux Rosine Crémieux Roger Cukierman Boris Cyrulnik Natan Darty Bella Darvi Marcel Dassault Henri Dauman Myriam David Monny de Boully Charles Denner Alfred Denner Jacques Derogy Dominique Desanti Max Deutsch Sacha Distel Charles Dobzynski Michel Drach Huguette Dreyfus Jean-Claude Dreyfus Madeleine Dreyfus Ninette Dreyfus Colette Dreyfus-Brisac Henri Dreyfus-Le Foyer Abraham Drucker Jean Drucker Amélie Dubouquet Willy Eisenschitz Lotte H. Eisner Nicole Eizner Odette Elina Jean Elleinstein Denise Epstein Jean Epstein Marie Epstein Roland Epstein Raphaël Esrail Mouny Estrade-Szwarckopf F – H Odette Fabius Samson Fainsilber Jules Fainzang Daniel Farhi Yvette Farnoux Raphaël Feigelson Suzanne Feingold Léa Feldblum Léon Fellmann Fania Fénelon Jean Ferrat Marc Ferro Lion Feuchtwanger Antoinette Feuerwerker David Feuerwerker Gérald Finaly Robert Finaly Paulette Fink Joseph Fisher Lisa Fittko Eddy Florentin Esther Fogiel Viviane Forrester Ania Francos Leonhard Frank Françoise Frenkel Sami Frey Saul Friedländer Jean Frydman René Frydman Serge Gainsbourg Denise Gamzon Robert Gamzon Georges Garel Lili Garel Odette Gartenlaub Georges Gheldman Élisabeth Gille Norbert Glanzberg Denise Glaser André Glucksmann Roland Goetschel Alter Mojsze Goldman Eva Golgevit Gisèle Gonse-Boas Gotlib Charles Gottlieb Édouard Gourévitch Nina Gourfinkel Ida Grinspan François Gros Alexandre Grothendieck Jean-Claude Grumberg Nathan Grunsweigh Tony Gryn Simon Gutman Anne Léopoldine Gutmann Victor Haïm Ninon Haït-Weyl Eugène Handschuh Georges Hansel Maurice Hausner Nadine Heftler Max Heilbronn Judith Hemmendinger Bertrand Herz Claire Heyman Elisabeth Hirsch Jean-Raphaël Hirsch Sigismond Hirsch Alain Hirschler Denise Holstein Maurice Honel I – K Simon Igel Jean-Claude Janet (Jean-Claude Isaac) Jules Isaac Izis Marcel Jabelot Gilberte Jacob Gilles Jacob Madeleine Jacob (déportée) Violette Jacquet-Silberstein Jean Jérôme Robert Job Joseph Joffo Yves Jouffa Marcel Jungerman Émile Kaçmann Élie Kagan Raya Kagan André Kahn Anne-Marcelle Kahn Jean Kahn Daniel Kahneman Daniel-Henry Kahnweiler René Kalisky Adolfo Kaminsky René Kapel Clémentine Kassis Hughette Kassis Maklouf Kassis Louise Kassis Paula Kaufman Sylvain Kaufmann Claude Kelman Colette Kessler Georges Kiejman Robert Klapisch Serge Klarsfeld Edith Klebinder Michel Klein Noah Klieger David Knout Sarah Kofman Jacques Kohn Raymond Kojitsky Ginette Kolinka Serge Korber Joseph Kosma Charles Krameisen Marc Krasner Henri Krasucki Annie Kriegel Arthur Kriegel Henri Krischer Fred Kupferman L Guy Kurt Lachmann Simone Lagrange Simon Laks Ruth Lambert Lazare Landau Florine Langweil Lucien Lazare Malvine Lanzet Claude Lanzmann Gérard Lebovici Serge Lebovici Edgar Lederer Charles Lederman Andrée Lehmann Léon Lehrer René Leibowitz Lili Leignel Claude Lelouch Francis Lemarque Abraham Lettich Claude B. Levenson Raïssa Levinas Wolff Lévitan Georges Lévitte Simon Levitte Claude Lévy (biologiste) Étienne Lévy Gaston Lévy Jeanne Lévy Lazare-Lévy Paul Lévy (journaliste) Paulette Lévy Raymond Lévy Yvette Lévy Georges Lévy-Alphandéry Yvonne Lévy-Engelmann Jacqueline Lévi-Valensi Paulette Libermann Hersz Librach Josué Lifshitz Raymond Lindon Georges Lipietz Jacques Livchine Michel Loève Fanny Loinger Flore Loinger Georges Loinger Marceline Loridan-Ivens Dorota Lorska Lucien Lublin Jean-Marie Lustiger M – O Maurice Maidenberg Charles Malamoud Marcel Marceau Claude-Gérard Marcus Arnold Mandel Robert Manuel Germaine Masour Simone Mayer Freddy Menahem Henri Meschonnic Jacqueline Mesnil-Amar Léon Meyer Otto Fritz Meyerhof Ignace Meyerson Charles Michelson André Migdal Rachel Minc Henri Minczeles Emanuel Mink Françoise Minkowska Eugène Minkowski Robert Misrahi Michel Mitrani Vidal Modiano Ephraim Mol Sarah Montard Henri Moraud Soma Morgenstern Pierre Morhange Zina Morhange Jean-Claude Moscovici Édith Moskovic Claude Mossé Annette Muller Michel Muller Achille Naftalis Alfred Nakache Jacques Natanson (pédagogue) Richard Neher Renée Neher-Bernheim Henri Nerson Paul Niedermann Maurice Obréjan David Olère Dounia Ourisson Gérard Oury P – R Charles Palant Mordecai Paldiel Émile Papiernik Jean-Claude Pecker Victor Perahia Georges Perec Roger Perelman Simone Perl Alexandre Persitz Jenny Plocki Rachel Pludermacher Simone Polak Abraham Polonski Germaine Poliakov Léon Poliakov Léo Poll René Polski Popeck Léon Rabinovitch Léopold Rabinovitch Lazare Rachline Emmanuel Racine Maurice Rajsfus Henri Rapaport Freddy Raphaël Adam Rayski Léon Reifman Malka Ribowska Nicolas Ribowski Lionel Rocheman Claude Roger-Marx Paul Roitman Isidore Rosenbaum Paulette Angel Rosenberg Pierre Rosenberg Werner Rosenberg Léonard Rosenthal Odette Rosenstock Hélène Rounder Liliane Rovère Hélène Rytmann Joseph Rytmann S Marcel Sachs Andrée Salomon Jacob Salomon Jean-Jacques Salomon Jacques Salon Israël Salzer Julien Samuel Vivette Samuel Paulette Sarcey Nathalie Sarraute Jacques Saurel Paul Schaffer Evry Schatzman Dora Schaul Suzanne Schiffman Henri Schilli Madeleine Schnerb Robert Schnerb Lotte Schöne Abraham Schrameck Éric Schwab Léon Schwab Raymond Schwab Isaïe Schwartz Laurent Schwartz Léon Schwartzenberg Lotte Schwarz André Schwarz-Bart Françoise Seligmann Esther Senot Michel Sima Bouli Simon Shatta Simon Jérôme Skorka Régine Skorka-Jacubert Michel Slitinsky Jacques Smaer Georges Snyders Janine Sochaczewska Denise Soriano-Boucherit Manès Sperber Odette Spingarn André Stora Adolphe Steg Armand Steinberg Jean-Louis Steinberg Jean-François Steiner Josée Steiner Hughes Steiner Sonia Steinsapir Anne-Lise Stern Juliette Stern Jacques Sternberg Lionel Stoléru Léon Strauss Victor Svarc Sam Szafran Albert Szerman Jacob Szmulewicz Mayer Szyndelman T – Z Albert Tadlewski Boris Taslitzky Arlette Testyler Jacqueline Teyssier Adrienne Thomas Eva Tichauer Daniel Urbejtel Georges Vadnaï Marie Vaislic Georges Vajda Simone Veil Ray Ventura Denise Vernay Pierre Vidal-Naquet Dina Vierny Claude Vigée Pierre Villon Denise Vormus Huguette Wahl Jean Wahl François Wahl Robert Waitz Julia Wallach Osias Wallach Rose Warfman Charlotte Wardi Frida Wattenberg Hélène Waysbord-Loing Colette Weil Robert Weil Joseph Weill Simone Weil Lipman Étienne Weill-Raynal Romain Weingarten Elemer Vagh Weinmann Maurice Vagh-Weinmann Nándor Vagh-Weinmann Feiga Weisbuch Joseph Weismann Francine Weisweiller Georges Wellers Franz Werfel Dora Werzberg Edith Wiesel Gaby Wolff Gil Joseph Wolman Roger Wolman Élie Wollman Olga Wormser Ruth Peter Worth Jacqueline Zadoc-Kahn Eisenmann Henri Zajdenwergier Charles Zelty Ben Zimet Solange Zitlenok Sabine Zlatin Léon Zyguel Jean-Claude Zylberstein
Documentation Mémorial de la déportation des Juifs de France Centre de documentation juive contemporaine Fils et filles de déportés juifs de France
Lieux de mémoire Mémorial de la Shoah Mémorial de la Shoah à Drancy Mémorial de la Shoah (Lyon) Mémorial du Camp de Rivesaltes Camp de Royallieu mémorial de l'internement et de la déportation Site-mémorial du camp des Milles Mémorial des martyrs de la déportation Mémorial national de la déportation (Natzweiler-Struthof) Liste de monuments et musées de la Shoah
Justes parmi les nations Albert Bedane Robert Bengel Odette Bergoffen Rolande Birgy Marc Boegner Pierre Bockel Hélène Burger Le Chambon-sur-Lignon Lucienne Clément de l'Épine Isabelle Cremer Jean Deffaugt Maurice Dubois Hélène Duc Élisabeth Eidenbenz Jacques Ellul Louis Favre (prêtre) Alice Ferrières Varian Fry Pierre-Marie Gerlier Alexandre Glasberg Vila Glasberg Justin Godart Marcelle Guillemot Adélaïde Hautval Père Jacques Pierre Robert de Saint-Vincent Germaine Lalo Jean Lecanuet Gilbert Lesage Pierre Marie Père Marie-Benoît Jean Meunier Edmond Michelet Madeleine Michelis Joseph Migneret Rösli Näf René de Naurois Thérèse Papillon Paul Ramadier Paul Rémond Henri Reynders Germaine Ribière Jules-Géraud Saliège Madeleine Sorel Jean-Marie Soutou Robert Stahl Joseph Storck Pierre-Marie Théas Eugène Tisserant André Traband André et Magda Trocmé Paul Vergara Édouard Vigneron
v · mLauréats du prix Renaudot
Prix Renaudot
Années 1920 Armand Lunel (1926) Bernard Nabonne (1927) André Obey (1928) Marcel Aymé (1929)
Années 1930 Germaine Beaumont (1930) Philippe Hériat (1931) Louis-Ferdinand Céline (1932) Charles Braibant (1933) Louis Francis (1934) François de Roux (1935) Louis Aragon (1936) Jean Rogissart (1937) Pierre-Jean Launay (1938) Jean Malaquais (1939)
Années 1940 Jules Roy (1940) Paul Mousset (1941) Robert Gaillard (1942) André Soubiran (1943) Roger Peyrefitte (1944) Henri Bosco (1945) David Rousset (1946) Jean Cayrol (1947) Pierre Fisson (1948) Louis Guilloux (1949)
Années 1950 Pierre Molaine (1950) Robert Margerit (1951) Jacques Perry (1952) Célia Bertin (1953) Jean Reverzy (1954) Georges Govy (1955) André Perrin (1956) Michel Butor (1957) Édouard Glissant (1958) Albert Palle (1959)
Années 1960 Alfred Kern (1960) Roger Bordier (1961) Simonne Jacquemard (1962) J. M. G. Le Clézio (1963) Jean-Pierre Faye (1964) Georges Perec (1965) José Cabanis (1966) Salvat Etchart (1967) Yambo Ouologuem (1968) Max Olivier-Lacamp (1969)
Années 1970 Jean Freustié (1970) Pierre-Jean Remy (1971) Christopher Frank (1972) Suzanne Prou (1973) Georges Borgeaud (1974) Jean Joubert (1975) Michel Henry (1976) Alphonse Boudard (1977) Conrad Detrez (1978) Jean-Marc Roberts (1979)
Années 1980 Danièle Sallenave (1980) Michel del Castillo (1981) Georges-Olivier Châteaureynaud (1982) Jean-Marie Rouart (1983) Annie Ernaux (1984) Raphaële Billetdoux (1985) Christian Giudicelli (1986) René-Jean Clot (1987) René Depestre (1988) Philippe Doumenc (1989)
Années 1990 Jean Colombier (1990) Dan Franck (1991) François Weyergans (1992) Nicolas Bréhal (1993) Guillaume Le Touze (1994) Patrick Besson (1995) Boris Schreiber (1996) Pascal Bruckner (1997) Dominique Bona (1998) Daniel Picouly (1999)
Années 2000 Ahmadou Kourouma (2000) Martine Le Coz (2001) Gérard de Cortanze (2002) Philippe Claudel (2003) Irène Némirovsky (2004) Nina Bouraoui (2005) Alain Mabanckou (2006) Daniel Pennac (2007) Tierno Monénembo (2008) Frédéric Beigbeder (2009)
Années 2010 Virginie Despentes (2010) Emmanuel Carrère (2011) Scholastique Mukasonga (2012) Yann Moix (2013) David Foenkinos (2014) Delphine de Vigan (2015) Yasmina Reza (2016) Olivier Guez (2017) Valérie Manteau (2018) Sylvain Tesson (2019)
Années 2020 Marie-Hélène Lafon (2020) Amélie Nothomb (2021) Simon Liberati (2022) Ann Scott (2023) Gaël Faye (2024) Adélaïde de Clermont-Tonnerre (2025)