soif — Wiktionnaire, le dictionnaire libre (original) (raw)
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Du latin sitis. En ancien français, sei, soi. Le passage de soi à soif semble dû à une fausse analogie avec le mot neif, noif (cas sujet nois), (« neige ») et pour éviter l'homophonie avec soi et soit.
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| soif | soifs |
| \swaf\ |
soif \swaf\ féminin
Enseigne d'un café qui se proclame « assurance contre la soif ».
- Désir, envie ou besoin de boire.
- N’avez-vous pas faim et soif, seigneur archer ? reprit la jeune fille ; mettez-vous donc à cette table, et buvez et mangez ; c’est moi qui vous y invite. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Il y avait deux longues heures que nous marchions, dans les champs, sous le soleil qui tombait du ciel comme une pluie de feu ; la sueur ruisselait sur mon corps et la soif, une soif ardente, me dévorait. — (Octave Mirbeau, Le Père Nicolas, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
- Avez-vous parfois enduré cette trinité de supplices : la faim, la soif, la chaleur ?... Avez-vous eu en même temps l’estomac creux, le gosier sec, le crâne en feu ? — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895)
- La poussière de craie donnait soif et cet automne était chaud. Je me souviens d'avoir bu un jour peut-être dix quarts de bouillon brûlant pris à la cuisine roulante. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 111, Hartmann, 1937)
- Je les ai vus, ceux qui ont souffert de la soif, la soif, jalousie de l'eau, plus dure que la maladie, car le corps connaît son remède et l'exige comme il exigerait la femme, et voit en songe les autres boire. — (Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle (1948), XXXI)
- (Sens figuré) Désir immodéré ou impatient.
- Le démon, au contraire, a envoyé dans les cloîtres des monastères la faim et la soif d'entendre les paroles des hommes et les bruits du monde, en sorte qu'occupés d'un vain parlage, nous repoussions d'autant plus la parole divine, […]. — (Lettres complètes d'Abélard et d'Héloïse, Lettre VIII, traduction de Octave Gréard, Garnier, 1875, page 274)
- Tous les actes extérieurs de sa vie, son âpre ambition, sa rude soif de l'or, tout cela n'était qu'un moyen et non un but. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
- Le trait le plus saillant de la mentalité salutiste, celui qui saute aux yeux autant que le célèbre uniforme, c'est la soif de l’apostolat. Ils ont le sens de la valeur des âmes, ces gens-là, […]. — (La Vie intellectuelle, 1931, vol. 13, page 203)
- Manger les autres pour ne pas qu’ils vous mangent, c’était, après sa soif de splendeur et de jouissance, la grande cause, l’unique cause de sa passion des affaires. — (Émile Zola, L’argent, 1891)
c’est la faim qui épouse la soif (se dit de deux personnes qui n’ont pas de fortune et qui se marient)
on ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif (on ne saurait obliger une personne entêtée à faire ce qu’elle n’a pas envie de faire)
soif figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : eau, goût, soif.
Désir, envie, besoin de boire.
Arménien : ծարավություն (hy) caravutʻyun, ծարավ (hy) carav
Biélorusse : прага (be) práha féminin, смага (be) smáha féminin
Koumyk : сувсаплыкъ (*)
Polonais : pragnienie (pl)
Langue des signes française : soif
Thaï : ความกระหาย (th) kwaam-grà-hǎai
Turkmène : teşnelik (tk), suwsamaklyk (tk)
France : écouter « soif [swaf] »
France (Muntzenheim) : écouter « soif [Prononciation ?] »
France (Vosges) : écouter « soif [Prononciation ?] »
France (Vosges) : écouter « soif [Prononciation ?] »
→ Modifier la liste d’anagrammes
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (soif)
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soif *\Prononciation ?\ masculin ou féminin (l’usage hésite)
Français : soiffière
Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, édition de F. Vieweg, Paris, 1881–1902 → consulter cet ouvrage