marron — Wiktionnaire, le dictionnaire libre (original) (raw)

(Nom commun 1) (1526)[1][2] Emprunt à l’italien marrone (« grosse châtaigne »)[1][2][3], attesté depuis le début du XIVe siècle[1][2]. Il est probablement dérivé d’un radical préroman *marr- (« pierre »)[1][2][4][5][6][7][8] attesté de l’Italie jusqu’au Portugal, spécialement dans les Alpes et les Pyrénées[1][2] → voir marelle. Le terme marrone est probablement entré en français par la région lyonnaise[1][2][4][5][6][7][8]. Marron apparaît aussi orthographié maron jusqu’au XIVe siècle[2].

(Nom commun 2) (Date à préciser) substantivation de l’adjectif marron (« brun »), par analogie de couleur[12].

(Nom commun 3) (1379)[13][14] Du radical préroman *marr- (« pierre »)[14][15], via le moyen français marron et l’ancien français maron. Le terme, bien qu’apparenté à marron (« fruit de certains châtaigniers »), a été formé indépendamment de celui-ci, dans les Alpes occidentales[14]. Attesté dès 1379 dans un compte des Archives camérales de Turin : « Item, livré ledit jour à XVIII marrons qui ont passé la montagnie avoy Amé Monseigneur […]. »[13].

(Nom commun 4) (Date à préciser) Emprunt à une langue caraïbe maron (« sauvage, en parlant d’une plante, d’un animal »)[1][2], tiré par aphérèse de l’espagnol cimarrón (« élevé, montagnard »)[1][2] → voir l’étymologie de l’adjectif 2. Il prend en France métropolitaine le sens figuré de « personne exerçant illégalement » en 1762[1][2]. Le mot marron désigne aussi par métonymie un « ouvrage imprimé clandestinement »[1] depuis 1775, où il avait été écrit maron[2].

(Adjectif 1) (1736)[2][16] Adjectivation, par analogie, de marron (« châtaigne »)[1][2]. L’adjectif est d’abord attesté sous la forme maron, au Canada[2][16].

(Adjectif 2) (1640)[1][2][4][7] Emprunt à une langue caraïbe maron (« sauvage, en parlant d’une plante, d’un animal »)[1][2], tiré par aphérèse de l’espagnol cimarrón (« élevé, montagnard »)[1][2], d’où par extension « animal domestique redevenu sauvage » et « Indien fugitif »[1][2], terme attesté dès 1535[2].

Ou peut-être du vieil espagnol cimarra (« fourré »)[2][4][5].

(Adjectif 3) (Adverbe) (1811)[1][2][11] Probable extension de marron (« esclave fugitif »)[1][11], via l’expression être paumé marron (« être arrêté en tant qu’esclave fugitif »)[1]. Gaston Esnault le rapproche cependant de rôti comme un marron (« sorti du jeu », « qui a perdu tout son argent »)[1], attesté dès 1752[1].

Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

Un marron de châtaignier commun dans sa bogue (sens 1)

Plusieurs nuances de marron (sens 2)

Popeye recevant des marrons (sens 3)

Deux marrons, dont l’un est dans sa bogue ouverte (sens 4)

Explosions de marrons à Malte (sens 5)

Illustration d’un avocat anglais portant une perruque à marrons (sens 12)

Deux marrons adultes (sens 13)

Un banc de marrons en Grèce (sens 13)

Marron entre deux musiciens, œuvre de Georges de La Tour (sens 16)

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin

  1. (Botanique) Fruit rond comestible de certaines variétés de châtaigniers, plus gros qu’une châtaigne ordinaire, de couleur brune.
    • Chaud là, les marrons, chaud ! — (Ernest Grenet-Dancourt, Monologues comiques et dramatiques, Librairie Ollendorf, 1883, page 157)
    • Quoique la châtaigne et le marron soient de la même espèce, on préfère le marron, parce qu’il est plus gros et plus sucré. — (Balthazar Georges Sage, Supplément aux institutions de physique, 1812, page 46 → lire en ligne)
    • Sur le trottoir, un type en passe-montagne vendait des marrons chauds. — (Éric Neuhoff, La Petite Française, Albin Michel, 1997, page 152)
    • Nous achetions des marrons pour nous chauffer les doigts dans la poche de nos pèlerines. — (Alexandre Vialatte, Fred et Bérénice, Le Rocher, 2007, page 124)
    • Devant l’Uniprix t’avais l’hiver un marchand de marrons chauds, qui te les grillait juste devant toi dans une grande bassine en tôle avec des trous partout dans le fond et de la braise en dessous. — (Alain René Poirier, Souvenirs mélangés d’un Parisien malgré lui, 2017, page 178)
    • Avec le succès de son entreprise, M. Chestnut décide de se développer et d’acheter le fonds de commerce de son confrère M. Marron, qui vend des marrons chauds au parc Montsouris. — (André Lévy-Lang, L’Argent, la finance et le risque, 2006, page 126)
    • Le scientifique appelle marron le fruit du châtaignier qui ne possède qu’une amande sous le tégument coriace et châtaigne celui qui en possède plusieurs séparés par le tan. L’industriel et le commerçant … auraient tendance à élargir la notion de marron à toutes les châtaignes un peu grosses et dodues. Quant au gastronome, … de la purée ou de la crème de marron, … châtaigne blanchie, … on parle de boudins aux châtaignes et de dinde aux marrons ! — (Robert Bourdu, Le châtaignier, 1996, Actes Sud, Le nom de l’arbre, page 21)
  2. (Par analogie) (Colorimétrie) Brun, couleur du fruit mûr. #a04000 #602000 #402000 Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
    • Elle se mit à rire, bougea la tête sur le côté, et le soleil éclaira de biais ses cheveux noirs et ses yeux d’un marron clair, à la limite de l’ambre. — (Françoise Sagan, Un matin pour la vie, et autres musiques de scènes, Éditions Stock, 2011, page 74 → lire en ligne)
    • C’était le papier marron qui avait toujours régné chez les miens : « Votre grand-mère adore le marron. » — (François Mauriac, Un adolescent d’autrefois, Flammarion, 1969, page 135)
    • Le marron est issu du mélange des trois couleurs primaires. Les nuances de marron sont donc infinies selon la proportion de ces trois couleurs, plus le noir et le blanc pour la désaturation. — (Allan Carrasco, Le Grand Livre de la Peinture sur Figurines, 2007, page 46)
    • Le choix de la couleur divise la population : le vert ne plaît pas, le marron est jugé fade, le jaune trop voyant et le noir salissant. — (Benigno Cacérès, Le bourg de nos vacances, 1970)
  3. (Sens figuré) (Familier) Coup de poing, châtaigne, gnon.
    • Il s’était trouvé un cloporte pour le dénoncer, le directeur ne voulait pas d’ennuis et, manque de bol, ça avait déclenché un foin du tonnerre de Zeus vu qu’il lui avait mis un marron dans la gueule, au cloporte, un putain de marron… Les cloportes, c’est tout ce que ça mérite… L’Abbé avait bien fait, considérait Baudelaire. — (Françoise Guyon, Le diable bat sa femme et marie sa fille, 2010, page 32)
    • Y m’a filé une beigne,
      j’y ai filé un marron,
      m’a filé une châtaigne,
      j’y ai filé mon blouson. — (Renaud, Laisse béton, 1977)
    • — Quand on a reçu un marron, on fait l’mort. — (Léon Frapié, Réalisme, dans Les contes de la maternelle, Éditions Self, 1945, page 131)
  4. (Botanique) Marron d’Inde, graine non comestible du marronnier d’Inde.
    • En 1825, M. Vergnaud-Romagnési, dans ses travaux sur le marron d’Inde, dit que les marrons les plus avantageux rapportent 30 pour 100 de leur poids en belle fécule. — (Adolphe Thibierge et Dr Remilly, De l’amidon du marron d’Inde, ou des fécules amylacées des végétaux non-alimentaires, 1857, pages 101-102)
    • Au fond une vingtaine de marronniers lâchaient comme des bombes leurs bogues piquantes sur la tête des enfants. Ceux-ci nous apportaient en cadeau des dizaines de marrons bien lustrés dont nous ne savions que faire. — (José Herbert, L’instituteur impertinent : Récit de vie, 2016)
    • Quant au fruit à venir, le marron, c’est un excellent vasoconstricteur, base appréciée de médicaments pour traiter varices et hémorroïdes. — (Bernard Boullard, Plantes et arbres remarquables des rues, squares et jardins de Rouen, 2006 → lire en ligne)
  5. (Pyrotechnie) Feu d’artifice ou pétard provoquant beaucoup de bruit et un flash lumineux lors de l’explosion, généralement utilisé au cours d’un spectacle.
    • Le tir de deux marrons d’air qui ont éclaté à 300 ou 350 mètres de hauteur a fait dans le nuage une large échancrure à travers laquelle apparut le ciel bleu ; deux autres marrons divisèrent le nuage en deux parties, qui prirent la direction des forces composant la résultante suivant laquelle se dirigeait sa masse. — (Congrès international de défense contre la grêle, Troisième Congrès international de défense contre la grêle et Congrès de l'hybridation de la vigne, 1902, tome 1, page 306)
    • Peu d’instans après, le marron éclate en donnant une détonation sourde, et le glaçon se trouve brisé en morceaux assez petits pour passer sous les ponts ou dans les canaux d’une usine, sans causer aucun dommage. — (Bulletin des sciences technologiques, 1829, tome 12, page 363 → lire en ligne)
  6. Jeton servant à contrôler la présence d’une personne à son poste. Notamment en usage dans les mines, les casiers où ils se rangeaient se nommaient marronniers.
    • Les marrons sont entre les mains des factionnaires : les rondiers les trouvent en faisant leur ronde et les déposent ensuite dans la boîte à marrons, dont le contenu est vérifié le matin par le capitaine d’armes. — (Robert de Parfouru, Manuel du marin, 1911, page 86)
    • Un surveillant de ronde, qui inspectait le dortoir d’en bas du bâtiment-neuf, au moment de mettre son marron dans la boîte à marrons, − c’est le moyen qu’on employait pour s’assurer que les surveillants faisaient exactement leur service ; toutes les heures un marron devait tomber dans toutes les boîtes clouées aux portes des dortoirs. — (Victor Hugo, Les Misérables, 1862)
  7. (Désuet) (Boulangerie) Grumeau de farine se formant dans la pâte à pain lors du pétrissage.
    • Marron, grumeau dans la pâte mal pétrie. — (Prudence Boissière, Dictionnaire analogique de la langue française, 1862, page 1080)
    • La mie est d’un blanc jaunâtre, spongieuse, parsemée de cellules inégales, se relève quand on l’a pressée et ne doit pas contenir de marrons de farine qui indiquerait une mauvaise manutention. — (Eugène Thomas, Notions élémentaires et pratiques d’hygiène militaire, 1861, page 61. → lire en ligne)
  8. (Désuet) (Technique) Peloton coagulé dans une table de plomb mal fondue.
  9. (Désuet) (Technique) Noyau non calciné d’une pierre passée au four à chaux.
  10. (Désuet) (Marbrerie) Partie très dure incluse dans le marbre et nuisant à son polissage.
  1. (Maçonnerie) Grumeau dans le plâtre.
  1. (Coiffure) Grosse boucle de cheveux ronde et nouée avec un ruban.
  1. (Désuet) (Ichtyologie) Petit poisson méditerranéen de la famille des pomacentridés, aplati latéralement (Chromis chromis)[22].
  1. (Cinéma) Copie intermédiaire d’un film en noir et blanc, obtenu à partir d’un négatif, et permettant de travailler sur une copie sans abîmer l’original.
  1. (Désuet) Lettres et chiffres découpés en à jour dans une feuille de métal, destiné à être utilisé en tant que pochoir.
  1. (Argot) Bagarre, baston, rixe.
  1. (Argot) Testicule, couille.
  1. (Cameroun) Beignet à base de farine de manioc ou de maïs.
  1. Dans le calendrier républicain, nom du 29e jour du mois de fructidor[23].
  1. (Désuet) (Argot poilu) Balle d’arme à feu.

Partie dure du marbre (10)

Copie intermédiaire d’un film (14)

Partie dure du marbre (10) :

Copie intermédiaire d’un film (14) :

Fruit comestible du châtaignier (1)

Fruit comestible de certains châtaigniers (1) :

Marron d’Inde (4) :

Engin explosif (5) :

Chromis chromis (13) :
(simplifié)

Copie intermédiaire d’un film (14) :

Engin explosif (5) :

Fruit comestible du châtaignier (1)

Couleur (2)

Coup de poing (3)

Jeton servant à contrôler la présence d’une personne à son poste (6)

Grumeau de farine dans la pâte à pain (7)

Peloton coagulé dans une table de plomb (8)

Noyau non calciné d’une pierre passée au four à chaux (9)

Partie dure du marbre (10)

Grumeau dans le plâtre (11)

Grosse boucle de cheveux ronde et nouée avec un ruban (12)

Chromis chromis (13)

Copie intermédiaire d’un film (14)

Bagarre (16)

Testicule (17)

29e jour du mois de fructidor (19)

Balle d’arme à feu (20)

Singulier
marron \ma.ʁɔ̃\

De la marron afghane

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin ou féminin (l’usage hésite) au singulier uniquement

  1. (Argot) (Pharmacologie) Résine de cannabis, haschich.
    • Les ti-pe pour quitter la street, te bicravent de la blanche, de la marron. — (La Fouine, « Trappes », Nouveau Monde, 2016)
    • Bédave la beuh devant les bleus, finit avec les yeux rouges.
      Bicrave d’la marron dans le noir, c’est plus des gueush c’est des oufs. — (Guizmo, « C’est tout », C’est tout, 2012)
    • J'me lève à 6 heures du matin pour avoir des billets green et purple
      On passe du marron à la white, change de couleur à la Kartel — (MHD, « Afro Trap Part. 1 (La Moula) », MHD, 2016)
    • Je fume du marron, j’ai pas assez pour la verte — (Jwles, Mad Rey, « Ringo », Le Zin dans la maison, 2023)

Haschich (1)

Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

Représentation de marrons en train de retirer les corps morts après une avalanche au col du Grand-Saint-Bernard, le 18 décembre 1816.

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin

  1. (Désuet) (Alpes) (Savoie) Porteur savoyard dans les Alpes, guide de montagne, en particulier en Maurienne au Mont-Cenis.
    • Du Passeur au Guide. Alors, et alors seulement, les marrons de Novalaise prennent une autre figure, à l’image de la montagne. On voit ses marrons l’aider, lui expliquer ce qu’on trouve en montagne […]. — (Renaud de Bellefon, Histoire des Guides de Montagne : Alpes et Pyrénées, 1760-1980, 2003, page 123)
    • Apparut alors, disent les textes, quoddam genus hominum qui « marrones » vocantur (une sorte d’homme qu’on appelait marrons). On relève marones, marronai, marronnes, marucci, mazanes, et, en Val d’Aoste plus particulièrement, celle de marronniers. Leur clientèle était faite de grands personnages : diplomates, ambassadeurs, parfois de papes, d’ecclésiastiques […]. — (Nicolas Giudici, La philosophie du Mont-blanc, 2003, Literary Collections)
    • On les appelle ordinairement Marrons. Ils sont divisés en plusieurs bandes et ont des petites chaises qu’ils portent tousjours à la main Quand la neige ni y est pas assez forte ni assez gelée, ils portent sur ces chaises les voyageurs, mais quand le froid a rendu la neige bien dur, et ils accommodent leurs chaises de façon, qu’ils ne portent a plus les voyageurs, mais les font glisser sur la neige avec tant de vitesse, particulièrement à la descente du Mont-Cenis, qu’à peine les peut on suivre des yeux. — (Guido Bentivoglio, Mémoires du Cardinal Bentivoglio, 1713, page 39)
Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

Le dingo, un marron (sens 1)

Gravure de 1796 représentant un marron du Suriname (sens 2)

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin (pour une femme, on dit : marronne)

  1. (Élevage) Animal domestique redevenu sauvage.
    • Les dromadaires australiens sont des marrons.
  2. (Vieilli) (Histoire, Esclavagisme) Individu esclavagé qui s’est enfui de la plantation pour vivre en liberté.
    • La réussite de l’évasion du marron, son intégrité physique, sa survie même dépendent de sa capacité à disparaître, à devenir imperceptible. — (Dénètem Touam Bona, Fugitif, où cours-tu ?, 2016)
    • Pour l’écrivain Calcagno (1829-1903), le marron n’est encore rien d’autre, à la fin du xixe siècle, qu’un fugitif, un hors-la-loi qu’il prend en pitié. — (Alain Yacou, La longue guerre des nègres marrons de Cuba, 2009, page 31)
  3. (France) Homme travaillant illégalement, ou se livrant à des pratiques illicites ou de bas étage.
    • La Rotonde est envahie par les marrons qui font ce qu’on appelle des affaires_._ — (Victor-Joseph Étienne de Jouy, L’hermite de la Chaussée d’Antin, 1818, page 361)
    • Évidemment que je le connais maître Brégeau. C'est un marron qui s'occupe de quelques clients sérieux et de beaucoup de repris de justice et autres sans-papiers, mais pas sans biscuits. — (Thierry Decas, Pêche mortelle à La Rochelle, Geste Éditions, 2022, ISBN 9791035318062, page 146 → lire en ligne)
  4. (Argot des typographes) Ouvrier compositeur travaillant pour lui-même chez un maître imprimeur.
    • À ma sortie de metteur, et après avoir été homme de bois, mulet, chef de matériel, je me fis marron pendant six mois ; mais ce n’était pas mon affaire, car il faut avoir une liche diabolique pour enlever des commandes. — (Jules Durand, Les Typos de province, 1884.)
  5. (Par métonymie) (Argot des typographes) Livre, ou tout autre ouvrage, imprimé clandestinement.
    • La nuit du dimanche au lundi 20 Novembre, on a arrêté le Colporteur Bourgeois, fort renommé pour son intelligence à faire passer ce qu’on appelle en termes de l’argot de ces gens-là des Marons, & pour les débiter. — (Louis Petit de Bachaumont, Mathieu François Pidanzat de Mairobert, Mouffle d'Angerville, Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la république des lettres en France, 1777, page 311 → lire en ligne)
    • En terme d’Imprimerie, un marron, un ouvrage imprimé furtivement. — (Noël François de Wailly, Dictionnaire portatif de la langue françoise, 1775, tome 2, page 243)

Esclave fugitif (2) :

Esclave qui s’est enfui (2)

Ouvrage imprimé clandestinement (5)

Invariable
marron \ma.ʁɔ̃\

marron \ma.ʁɔ̃\ invariable

  1. (Argot) En flagrant délit.
    • Je vous retrouverai les sommes volées chez M. et Mme Crottat ; je vous serre marron un des agents de Bibi-Lupin, son bras droit, et je vous donnerai le secret du crime commis à Nanterre… — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
    • Bibi-Lupin est riche, il a fait son temps ; c’est un fonctionnaire à double face, et si vous vouliez me laisser agir contre lui, je le paumerais marron (je le prendrais en flagrant délit) en huit jours. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, quatrième partie)
Invariable
marron \ma.ʁɔ̃\
Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

Une brogue complète richelieu marron

Une Cadillac Eldorado de huitième génération marron

marron \ma.ʁɔ̃\ invariable ou masculin et féminin identiques (voir notes)

  1. (Colorimétrie) Brun, de la couleur du fruit mûr du châtaignier. Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
    • Et sort de nulle part toute une tribu de soldats gaulois habillés d’un pantalon marron et d’une armure marron ; ils ont des longs cheveux marron puis ont sur leur visage de la peinture rouge et bleu, puis ils sont munis d’une lance et d’un bouclier, ils ont un symbole dessiné sur leurs armures et sur leurs boucliers, un cheval rouge et bleu. — (Matthieu Vernier, La légende des neuf royaumes et du livre sacré, tome 2, Éditions Les 3 Colonnes, 2022)
    • La teinture jaune est extraite du turmeric et des racines du nono ; avec ce dernier, d’un jaune très pâle, ils teignent la doublure très curieusement collée de tissus marron. — (Dominique Le Brun, La vérité sur la Bounty, Omnibus, 2015, ISBN 978-2-258-11476-0)
    • Le lagon, habituellement bleu-vert transparent, devient marron à force de réceptionner la terre qui s’y déverse. — (Thierry Francès, Du mistral au maraamu, Société des Écrivains, 2012, page 191)
    • Derrière la lampe et le petit bureau marron le mur est recouvert d’une tapisserie rose à fleurs, celui des roses sauvages, sur fond marron foncé. — (Sabine Macher, Une mouche gracieuse de profil, Maeght, 1997)
    • Il portait un veston de velours marron, mais ce qui frappa Francesca, ce fut la pipe qu’il tenait serrée entre ses dents, comme s’il allait la broyer. — (Lucienne Peverelly, Une fleur sur la lagune, 1955)
    • N’allez pas tenter de marier un tapis marron avec des portières bleu ciel. Une de mes connaissances en a fait l’essai avec un résultat désastreux. — (Le Canada artistique, 1890, page 153 → lire en ligne)
    • Pelage varié par grandes taches de noir, de marron pourpré et de jaune ; dessous de la tête d’un jaune qui passe au roux sur les yeux et sur les joues ; une large tache marron sur le vertex, séparée d’une ligne de même couleur, qui passe sur l’occiput […] ; oreilles garnies d’assez longs poils marrons […] ; jambes de couleur marron ; dessous du corps, face interne des membres, mains et pieds d’un jaune pâle. — (Jean-Charles Chenu, Eugène Desmarest, Encyclopédie d’histoire naturelle, Rongeurs et pachydermes, 1860, page 30)
    • Oui, Monſieur, il avoit un habit marron. — (Les Trois Jumeaux Vénitiens, in Bibliothèque des théâtres, tome 39, 1755 → lire en ligne)

En France métropolitaine, le mot brun s’emploie majoritairement dans l’arc nord-est du pays tandis que marron l’a presque supplanté ailleurs[24]. Au Canada, en Suisse et en Belgique, l’adjectif brun est plus fréquemment utilisé[24]. D’après une recherche effectuée sur EuroPresse en 2016 comparant l’utilisation des mots yeux brun(s) et yeux marron(s), on retrouve l’adjectif marron dans un peu plus de 75 % des occurrences en France métropolitaine, contre seulement un peu plus de 25 % en Suisse, environ 18 % en Belgique et environ 3 % au Canada[24]. Aussi, d’après une recherche sur la base de données Frantext, présentant des textes essentiellement littéraires, de 1875 à 2000, le pourcentage d’occurrences du couple yeux brun(s) a beaucoup diminué, passant d’environ 90 % à environ 60 %, tandis que le couple yeux marron(s), durant ces mêmes années, est passé d’environ 10 % à environ 40 %[24].

La Grande Grammaire du français (2021, page 668) le note comme variable :

Brun (1)

Singulier Pluriel
Masculin marron\ma.ʁɔ̃\ marrons\ma.ʁɔ̃\
Féminin marronne\ma.ʁɔn\ marronnes\ma.ʁɔn\

Gravure représentant Leonard Parkinson, chef marron de Jamaïque (sens 1)

Les mustangs sont des chevaux marrons (sens 3)

Du thym marron (sens 4)

Les Aukan sont un peuple marron (sens 6)

marron \ma.ʁɔ̃\

  1. (Histoire, Esclavagisme) Évadé, fugitif, déserteur, enfui en parlant d’un esclave.
  2. Qui se livre à l’exercice illégal d’une profession, ou à des pratiques illicites ou de bas étage.
    • Quand je dis insortable, je suis modeste. Le second de ces personnages est un médecin marron, qui s’était fait pincer deux fois dans un trafic d’héroïne. — (Lucien Rebatet, Les deux étendards, Éditions Gallimard, 1951, tome 2, page 503 → lire en ligne)
    • Les trois compagnons de cellule de Bernard étaient ce que l’on appelle en termes techniques « des calmés » : un vieux relégable qui passait sa journée à fabriquer des brosses, un jeune relégable qui avait pratiqué toute sa vie l’oisiveté la plus pernicieuse, et un avocat marron, accusé de forfaiture, qui se plaisait à répéter qu’on ne lui ferrait rien « parce que le code définit fort mal ce genre de délit ». — (José Martinez, La faux, Éditions Julliard, 1962 → lire en ligne)
  3. (Élevage) Qualifie un animal qui, de domestique, est devenu sauvage ; féral.
    • Les pampas d’Amérique du Sud donnent également asile à d’immenses troupeaux de Chevaux marrons (cimmarrones) ; lesquels proviennent selon d’Azara, de Chevaux andalous abandonnés par les Espagnols vers le milieu du XVIe siècle. — (A. Railliet, Traité de zoologie médicale et agricole, 1895, Asselin et Houzeau, Paris, page 1161)
    • Il ne faut pas confondre le cochon marron avec le pécari ou patira qui est une espèce très-voisine, et qui n’est distinguée du cochon marron que par de légères différences extérieures. — (Mémoires de la Société linnéenne de Paris, 1826, tome 4, page 231 → lire en ligne)
  4. (Île Maurice) (La Réunion) Qualifie une plante sauvage qui présente des analogies avec une plante cultivée.
    • Je vois Denis arrêté devant un buisson : “Pistache marron”. Dans sa main, une longue gousse entrouverte laisse échapper des graines noires, semblables à des insectes. — (J. M. G. Le Clézio, Le Chercheur d’or, Gallimard, 1985)
    • Thym marron (Erica galioides) ; pistache marron (Asystasia gangetica).
  5. (La Réunion) Se dit d’un objet, d’un produit illicite, illégal, clandestin.
    • Tu me prives, alors que c’est à moi que tu dois le petit alambic pour fabriquer le rhum marron — (Roland Morel, Le grand pays qui fut le mien, 2022, Éditions Baudelaire, page 28 → lire en ligne)
  6. Qualifie une société, ou un de ses membres, issue du regroupement d’esclaves marrons.
    • Les communautés marrons de Cuba avaient développé des relations commerciales avec la République dominicaine et la Jamaïque. — (Benoît Catherine, « Jardins d’esclaves/jardins bourgeois dans les zones sacrifiées des Amériques », in Sens-Dessous, 2020/2, numéro 26, page 15)
    • Le pays Cockpit en Jamaïque, Palmares au Brésil — une communauté marron de quelques 20 000 habitants — et le Suriname — qui abritait la plus importante population marron de l’hémisphère — en sont seulement trois illustrations. — (James C. Scott, traduit par Nicolas Guilhot, Frédéric Joly et Olivier Ruchet, Zomia ou l’art de ne pas être gouverné, Éditions du Seuil, 2013, page 43 → lire en ligne)
  7. Qui a rapport aux noirs marrons, à leur histoire, leur culture.
    • Les premières sculptures marronnes remontent au début du XIXe siècle : peignes, pagaies, bancs en bois pour l’essentiel. — (Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Petit Futé : Guyane 2025-2026, Petit Futé, 2024, ISBN 9782305114781 → lire en ligne)
    • L’art marron n’a donc rien de « primitif » ou de « premier », il s’inscrit d’emblée dans la modernité occidentale dont il récupère, sans état d’âme, en fonction de ses propres fins, les dernières réalisations techniques (exemples : incorporation de moteurs dans les pirogues, usage de la tronçonneuse dans les sculptures, recyclage des textiles modernes dans l’art du patchwork). — (Dénètem Touam Bona, « La naissance d’un art marron », Africultures, publié le 20 mars 2009 → lire en ligne)
    • Durant la plus grande partie de son histoire, la musique des Marrons jamaïcains a été conservée à l’écart des oreilles et des yeux étrangers. Comme la plus grande part de la culture marronne, ces traditions musicales sacrées ont été considérées comme secrètes et n’ont pas été partagées avec les non-marrons. — (Kenneth Bilby, « Musique Marronne de la Jamaïque », Laméca, consulté le 1er décembre 2024 → lire en ligne)

L’emploi du féminin marronne est rare[6].

Qualifie un esclave en fuite (1) :

Animal domestique devenu sauvage (3) :

Qui exerce une profession illégalement ou se livre à des pratiques illicites (2)

Qualifie un animal domestique devenu sauvage (3)

Qualifie une plante sauvage ayant des analogies avec une plante cultivée (4)

Se dit d’un objet, d’un produit illicite, illégal, clandestin (5)

Qualifie une société issue du regroupement d’esclaves marrons (6)

Qui a rapport aux noirs marrons, à leur histoire (7)

Invariable
marron \ma.ʁɔ̃\
Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

marron \ma.ʁɔ̃\ invariable ou masculin et féminin identiques

  1. (Argot) Pris en flagrant délit, sur le fait ; arrêté.
    • — Oui, c’est des internés, l’Enflé. J’ai pas voulu te le dire, sinon tu ne m’aurais pas aidé et j’avais besoin d’un homme. Te fais pas de mauvais sang. Si on est marron, je prendrai tout sur moi. — (Henri Charrière, Papillon, 2011)
    • Évadé à deux reprises, marron à chaque fois, on lui en a fait voir des vertes et des pas mûres. — (Jean Bruc, Au décarpillage, Les Presses Noires, 1969)
    • Allons, dit Croquebol, fumés ! Nous v’là marrons pour la s’conde fois ! — (Georges Courteline, Le train de 8 h. 47, 1888, page 259 → lire en ligne)
  2. (Argot) Trompé, dupé, refait ; déçu.
    • Ils vont être drôlement marrons, les Boches, à la prochaine, si seulement elle est juste comme celle de Quatorze… — (François Cavanna, Les Ritals, Belfond, 1978, page 67)
    • J’étais marron. Je l’avais dans le fion. Et bien profond. Après ça je changeai de psy. — (Alexandra Bitouzet, La folie que c’est d’écrire, Iggybook, 2019, ISBN 978-2-36315854-3 → lire en ligne)
    • J’ai appris que cet homme était coutumier du fait. Sa spécialité. Un as, un expert en séduction. Il savait amadouer les femmes, le bougre. Bien entendu, je me suis rendue au commissariat le plus proche, mais les gendarmes n’ont pas pris ma plainte au sérieux. J'étais marron sur toute la ligne. — (Sylvia Lebègue, Choron et moi, L’Archipel, 2015, ISBN 978-2-80981641-9 → lire en ligne)
    • — Tiens, goûte s’ils ne nous ont pas fait marron sur la qualité. — (Seintignan, Jardins de l’estuaire, 1982)
  3. (Argot) Privé de, interdit de.
    • Un jour sur trois, depuis le début du printemps, il s’était trouvé marron de promenade. — (Albert Simonin, Du mouron pour les petits oiseaux, Gallimard, 1960)

Pris sur le fait, arrêté (1)

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 « marron », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1992 (6e édition, 2022)
  3. Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition, 1992–2024 → consulter cet ouvrage
  4. 1 2 3 4 Jean Dubois, Henri Mitterand, Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique et historique du français, Éditions Larousse, 2007, page 492
  5. 1 2 3 4 « marron », dans le FEW (Französisches Etymologisches Wörterbuch), 1922-2002 → consulter cet ouvrage
  6. 1 2 3 « marron », Larousse.fr, Éditions Larousse
  7. 1 2 3 Le Grand Robert de la langue française, Le Robert, 2005-2026 (version de démonstration)
  8. 1 2 3 Oscar Bloch et Walther von Wartburg, Dictionnaire étymologique de la langue française, 2e éd., Paris, Presses universitaires de France, 1950 ISBN 978-2-13-056621-2
  9. Régina Maire, 500 Expressions françaises, Éditions ESI, juin 2013, page 93, ISBN 978-2-8226-0288-4
  10. 1 2 tirer les marrons du feu sur expressio.fr → lire en ligne
  11. 1 2 3 4 5 6 Jean-Paul Colin, Jean-Pierre Mével, Christian Leclère, Dictionnaire de l’argot et du français populaire, Éditions Larousse, Paris, 2010, ISBN 978-2-03-585299-1
  12. « marron », dans Le Dictionnaire de la Zone, consulté le 1er décembre 2024
  13. 1 2 J. Désormaux, « Marrons et Marrons », Revue savoisienne, no 43, 1902, pages 9-14 → consulter cet ouvrage
  14. 1 2 3 Hans-Erich Keller, « Notes d’étymologies gallo-romane et romane : no 5 Sav. marron « guide de montagne » », Revue de Linguistique Romande, volume 26, nos 101-102, Société de linguistique romande, 1962, pages 139-143, consultable sur www.e-periodica.ch
  15. « marron », dans Dictionnaire du moyen français (1330-1500), 2010, 4e édition → consulter cet ouvrage
  16. 1 2 « marron », dans BHVF, Base Historique du Vocabulaire Français, ATILF (Analyse et traitement informatique de la langue française), 2026 → consulter cet ouvrage
  17. Real Academia Española, Diccionario de la lengua española, 23e édition → consulter cet ouvrage (cimarrón)
  18. 1 2 Real Academia Española, Diccionario de la lengua española, 23e édition → consulter cet ouvrage (cima)
  19. Alfred Ernout, Antoine Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine, 1932
  20. « cyma », dans Félix Gaffiot, Dictionnaire latin français, Hachette, 1934 → consulter cet ouvrage
  21. 1 2 Robert Beekes, Etymological Dictionary of Greek, Leiden Indo-European Etymological Dictionary Series, volume 10, Brill, 2009, ISBN 978-900417418-4, page 801
  22. Jacques-Joseph Baudrillart, Traité Général des Eaux et Forêts, 1827, page 307 (Sparus chromis est le protonyme de Chromis chromis)
  23. Philippe-François-Nazaire Fabre, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, page 30
  24. 1 2 3 4 Mathieu Avanzi, Les régionalismes du Grand Est sur Français de nos régions, 16 avril 2018

Bonne entrée

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marron *\Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de maron.
    • Là ne fault marron, n’estrangier,
      Ne sur la neige avoir doubtance,
      N’a la ferrière desplaisance,
      Où l’on pert par cheoir la vie
      Souvente fois. — (Eustache Deschamps, Œuvres complètes : Ballade, 1391, page 119)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter)

(Nom commun 1) (Date à préciser) Du français marron.

(Nom commun 2) (Date à préciser) Du noongar marran.

Singulier Pluriel
marron\Prononciation ?\ marrons\Prononciation ?\

Des châtaignes (marrons)

marron \Prononciation ?\

  1. (Botanique) Variante de maroon.
    • I mean, shit, even if I had’ve come down here of a weekend and taken back a sack full of marron, I would have killed the pig up there. — (Craig Silvey, Jasper Jones, Allen & Unwin, 2007)
      Je veux dire, merde, même si j’étais venu ici un week-end et que j’avais ramené un sac plein de marrons, j’aurais tué le cochon là-haut.
Singulier Pluriel
marron\Prononciation ?\ marrons\Prononciation ?\

Cherax tenuimanus (marron)

marron \Prononciation ?\

  1. (Carcinologie) Espèce d’écrevisse bleue (Cherax tenuimanus).
    • While they do not appear to grow faster than alternative species of freshwater crayfish, marron do eventually grow to over 1 kg. — (John Mosig, Ric Fallu, Australian Fish Farmer, 2004, page 393)
      Bien qu’il ne semble pas grandir plus vite que d’autres espèces de Parastacidae, Cherax tenuimanus grandit parfois jusqu’à plus d’1 kg.

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(Nom commun 1) (1526)[1] Emprunt à l’italien marrone[1], d’un radical préroman *marr- (« pierre »)[1].

(Nom commun 2) (1379)[2] Du radical préroman *marr- (« pierre »)[2].

Singulier Pluriel
marron marrons
*\Prononciation ?\

marron *\Prononciation ?\ masculin

Des marrons (1)

  1. (Botanique) Grosse châtaigne, fruit du marronnier.
    • […] que nous nommons Tonnerre, semblable à celuy qui se cause d’vil fer chaud qu’on met en l’eau, ou comme nous voyons fouuent aux choses humides, qui enferment en foy quelque vent ou air chaud, comme vous pouuez auoir fait experience au gland, ou au marron, le jettant au feu entier. — (Les diverses leçons de Pierre Messie, mises de castillan en françois par Claude Gruget, parisien, 1526)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter)
Singulier Pluriel
marron marrons
*\Prononciation ?\

marron *\Prononciation ?\ masculin

  1. (Alpes) (Savoie) (Alpinisme) Guide de montagne, porteur savoyard en chaire ou ramasse au col du Mont-Cenis, passeur entre la France et l’Italie, autrefois unique passage vers Rome.

    • Les gryphons et marrons des montaignes de Savoie, Daulphiné et Hyperborées, qui ont neiges sempiternelles, seront frustrés de ceste saison, et n’en auront point, selon l’opinion d'Avicenne, qui dit que le printemps est lorsque les neiges tombent des monts. — (François Rabelais, 1533, Pantagrueline prognostication , « Du Printemps »)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter)
    • Je pris là huit marrons pour me faire porter en chaise jusqu’au haut du Mont-Cenis, et me faire ramasser de l’autre côté. — (Michel de Montaigne, Journal du Voyage de Michel de Montaigne en Italie, par la Suisse et l’Allemagne, en 1580 et 1581)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter)
    • Arriuant à la Novalaize, on luy feit entendre que la tourmente estoit sur la montagne, ce nonobstant on ne luy sceut dissuader de passer ce iour là, pensant corrompre le terri ps, contre l’opinion de tous les marrons, qui sont ceux qui cognoissent les tourmentes de la montagne, comme font les mariniers celles de la mer : mais estant à mi-chemin de la montagne, entre la Ferrière &Ia plaine de hospitalet, la tourmente fut si extrême que la plupart de ceux qui éstoient en sa compagnie furet en hazard d'estre péris, quelques bons guides qu'ils eussent. II s’en perdit bon nombre soubs les neges, & entre autres le seigneur de Carrouges, ieune homme de bonne maison : autres y perdirent la veuë, autres les pieds, & la plus grand part depuis ne furent en santé. Semblablement plusieurs soldats Allemans & autres, lesquels sous espérance qu'un tel personnage que monsieur l’Amiral ne s’estoit mis en chemin fans auoir consulté du passage, l’auoient suiuy, qui se perdirent. Quant à luy ayát gaigné la plaine, il demeura si perdu luy & lès marrons qui le conduisoient, que sans des hommes qui estoient dedàs des tauernettes qui font au haut de la plaine, lesquels sortirent à son secours, indubitablement il eut fait pareille fin que les autres. — (Martin du Bellay, Mémoires, 1543, page 521)
      La traduction en français de l’exemple manque. (Ajouter)
  2. 1 2 3 « marron », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage

  3. 1 2 Hans-Erich Keller, « Notes d’étymologies gallo-romane et romane : no 5 Sav. marron « guide de montagne » », Revue de Linguistique Romande, volume 26, nos 101-102, Société de linguistique romande, 1962, pages 139-143, consultable sur www.e-periodica.ch

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Pluriel
marrons

marron \mɑˈrɔn\ masculin

  1. (Histoire) (Esclavagisme) Marron, esclave qui s’est enfui.